‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 376 sur 460 · De Trinit., ibid · texte numérisé non relu

De Trinit., ibid

3. Ed. : d'être les maîtres où nous ne devons pas même être citoyens. C'est une variante.

4. Ms., f. 330. Correclion faite sur la marge. Ed. : Songeons en quelle cité nos noms sont écrits; songeons qui est celui à qui nous de~ mandons tous les jours que son règne advienne. Si c'est celui que nous appelons notre Père, ne prétendons pas être tout-puissants avant que le règne de noire Père soit arrivé; ce serait un contre-temps trop déraisonnable. Ainsi, pour aspirer à la puissance, attendons patiemment que 30.. règne advienne , et contentons-nous en attendant de lui demander que sa volonté soit faite. Si nous faisons sa volonté en nous laissant diriger par sa justice, le règne arrivera oii nous participerons à sa puiS' sauce. — Première rédaction condamnée par Bossuel.

communication de son pouvoir. Si nous donnons ce moment de la vie présente à composer nus mœurs, il donnera l'élernité tout entière à contenter nos désirs.

Je crois que vous voyez maintenant, messieurs, quelle sorte de puissance nous devons désirer durant cette vie : puissance pour régler nos mœurs, pour modérer nos passions, pour nous composer selon Dieu; puissance sur nous-mêmes, puissance contre nous-mêmes, ou plutôt, dit saint Augustin, puissance pour nous-mêmes contre nous-mêmes : Velit homo prudens esse, velit fortis, velit temperàns... atque ut hœc veraciter possit, potentiam [plane] optet, atque appetat ut poiens sit in seipso, et miro modo adversus seipsiim pro seipsoK 0 puissance peu enviée! et toutefois c'est la véritable. Car on combat notre puissance en deux sortes, ou bien en nous empêchant dans l'exécution de nos entreprises, ou bien en nous troublant dans le droit que nous avons de nous résoudre; on attaque dans ce dernier l'autorité même du commandement (a), et c'est la véritable servitude. Voyons l'exemple de l'un et de l'autre dans une même maison.

Joseph était esclave chez Putiphar, et la femme de ce seigneur d'Egypte [b) y est la maîtresse. Celui-là dans le joug de la servitude n'est pas maître de ses actions, et celle-ci tyrannisée par sa passion n'est pas même maîtresse de ses volontés. Voyez où l'a portée un amour infâme. Ah ! sans doute, à moins que d'avoir un front d'airain, elle avait honte en son cœur de cette bassesse; mais sa passion furieuse lui commandait au dedans comme à une esclave : appelle ce jeune homme, confesse ton faible, abaisse-toi devant lui, rends-toi ridicule. Que lui pouvait conseiller de pis son plus cruel ennemi? c'est ce que

Var. (a) Ou bien en nous aUaquant dans l'autorité. — (b) Et sa femme.

1, 6. Augusi., l. l. Ms. : pro seipso advtr.ns seipsiim.

sa passion lui commande. Qui ne voit que dans cette femme la puissance est liée bien plus fortement qu'elle n'est ^ dans son propre esclave?

Cent tyrans de cette sorte captivent nos volontés, et nous ne soupirons pas. Nous gémissons quand on lie nos mains, et nous portons sans peine ces fers invisibles dans lesquels nos cœurs sont enchaînés. Nous crions^ qu'on nous violente quand on enchaîne les ministres, les membres qui exécutent; et nous ne soupirons pas quand on captive [a)^ la maîtresse même, la raison et la volonté qui commande. Éveille-toi, pauvre esclave*, et reconnais enfin cette vérité, que, si c'est une grande puissance de pouvoir exécuter ses desseins, la grande et la véritable, c'est de régner sur ses volontés.

Quiconque aura su goûter la douceur de cet empire, se souciera peu, chrétiens, du crédit et de la puissance que peut donner la fortune. Et en voici la raison : c'est qu'il n'y a point de plus profond obstacle à se commander soi-même que d'avoir autorité sur les autres^

Var. (a) Quand on met dans les fers.

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