Ed. : quand on met dans les fers
4. Déf. Vers. : qui songes à sauver quelques soldats et laisses prendre le roi prisonnier. Note marginale i^ans aucun renvoi.
5. Ed. : Car considérez quelle est la condition des grands de la terre? Qu'est-ce qui grossit leur cour et qui fait la foule autour d'eux? N'écoutons pas ce qu'ils disent , voyons ce qu'ils portent au dedans du cœur. Chacun a ses intérêts et ses passions : l'un sa vengeance, [l'autre"] son ambition, son avarice; et pour exécuter leurs desseins, ils tâchent de ménager les puissances. Celui qui est obligé, pour se faire des créatures, de satisfaire les passions d' autrui , quand prendra-t-il la pensée de mettre des bornes aux siennes? Qui [compescere] debuisti cupiditates tuas, explere cogeris aliénas. [S. August., Epist. ccxx, ad Bonif., n. 6]. Mais entrons plus avant encore dans ces ressorts secrets et imperceptibles qui font remuer le cœur humain, afin, s'il se peut , de vous faire voir comment les "^"^es croissent avec la puissance. — Tout ce
En effet, il y a en nous («) une certaine malignité^ qui a répandu dans nos cœurs le principe de tous les vices. Ils sont cachés et enveloppés en cent replis tortueux, et ils ne demandent qu'à montrer la tête. Le meilleur moyen de les réprimer, c'est de leur ôter le pouvoir. Saint Augustin l'avait bien compris [b) ^ que pour guérir la volonté il faut réprimer la puissance : Frenatur facilitas... ut sanetur voluntas^. Eh! quoi donc? des vices cachés en sont-ils moins vices? est-ce l'accomplissement qui en fait la corruption? Comment doncf est-ce guérir la volonté que de laisser le venin dans le fond du cœur?yoici le secret : on se lasse de vouloir toujours l'impossible, de faire toujours des desseins à faux, de n'avoir que la malice du crime. C'est pourquoi une malice frustrée commence à déplaire ; on se remet, on revient à soi à la faveur de son impuissance, on prend aisément le parti de modérer ses désirs. On le fait premièrement par nécessité; mais enfin comme la contrainte est importune, on y travaille sérieusement et de bonne foi, et on bénit son peu de puissance, le premier appareil qui a donné le commencement à la guérison.
Par une raison contraire, qui ne voit que plus on sort de la dépendance, plus on rend ses passions indomptables [c). Nous sommes des enfants qui avons besoin d'un tuteur sévère, la difficulté ou la crainte. Si on lève ces empêchements, nos inclinations corrompues commencent
Var. (a) 11 faut donc remarquer, messieurs, qu'un certain principe de malignité. — [b] C'est ce qui fait dire à saint Augustin. — (c) Ses Yices irrémédiables.
morceau est barré à la marge , et Bossuet a pris soin de renouer ce qui suit avec ce qui précède : Ainsi. — En effet, il y a en nous...