‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 39 sur 460 · Ed.: elle la fait · texte numérisé non relu

Ed.: elle la fait

véritablement semblables au Sauveur Jésus, qui n'a pris une chair humaine qu'afin de compatir à nos infirmités avec une affection plus sensible.

Oui certes, il est vrai, chrétiens: ce qui a fait résoudre le Fils de Dieu à se revêtir d'une chair semblable à la nôtre, c'est le dessein qu'il a eu de ressentir pour nous une compassion véritable; et en voici la raison, prise de l'épître aux Hébreux, dont je m'en vais tâcher de vous exposer la doctrine; et rendez- [vous] , s'il vous plaît, attentifs. Si le Fils de Dieu n'avait prétendu autre chose que de s'unir seulement à quelque-une^ de ses créatures, les intelligences célestes se présentaient, ce semble , à propos dans son voisinage , qui , à raison de leur immortalité et de leurs autres qualités éminentes, ont sans doute plus de rapport avec la nature divine; mais, certes, il n'avait que faire de chercher dans ses créatures ni la grandeur, ni l'immortalité. Qu'est-ce qu'il y cherchait, chrétiens? la misère et la compassion. C'est pourquoi, dit excellemment la savante épitre aux Hébreux : Nonangelosapprehendit ; sed semen A brahœappreheri' dit^: « Il n'a pas pris la nature angélique; mais il a voulu « prendre, » servons-nous des mots de l'auteur, « il a « voulu appréhender la nature humaine. » La belle réflexion que fait, à mon avis, sur ces mots le docte saint Jean Chrysostome'! D a, dit l'Apôtre, appréhendé la nature humaine : elle s'enfuyait, elle ne voulait point du Sauveur : qu'a [-t-] il fait? H a couru après d'une course précipitée, « sautant les montagnes ^ » c'est-à-dire les ordres des anges, comme il est écrit aux Cantiques : « il « a couru, comme un géant, à grands pas et démesurés, »

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