‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 42 sur 460 · I Peir., Il · texte numérisé non relu

I Peir., Il

i. Uom., VIII, Z,

si l'Apôtre l'a, comme vous voyez, attachée à sa qualité de Pontife, selon sa doctrine, tout pontife doit compatir. Or le Sauveur n'a pas seulement été mon Pontife, lorsqu'il s'est immolé pour mes péchés sur la croix : « mais « à présent il est entré au sanctuaire par la vertu de son « sang, atîn de paraître pour nous devant la face de « Dieu^, » et y exercer un sacerdoce éternel selon l'ordre de Melchisédech. Il est donc Pontife et Sacriticateur à jamais ; c'est la doctrine du même apôtre : ce qui a donné la hardiesse à l'admirable Origène de dire ces affectueuses paroles : « Mon Seigneur Jésus pleure encore mes péchés, « il gémit et soupire pour nous : » Dominus meus Jésus luget etiam nunc peccata mea, gémit suspiratque pro nobis^. Il veut dire que, pour être heureux, il n'en a pas dépouillé les sentiments dhumanité : il a encore pitié de nous; il n'a pas oublié ses longs travaux, ni toutes les autres épreuves de son laborieux pèlerinage; il a compassion de nous voir passer une vie dont il a éprouvé les misères, qu'il sait être assiégée de tant de diverses calamités. Ce sentiment le touche dans la félicité de sa gloire, encore qu'il ne le trouble pas; il agit en son cœur, bien qu'il n'agite pas son cœur : si nous avions besoin de larmes, il en donnerait.

Pour moi, je vous l'avoue, chrétiens, c'est là mon unique espérance; c'est là toute ma joie et le seul appui de mon repos : autrement, dans quels désespoirs ne m'abîmerait pas le nombre infini de mes crimes? Quand je considère le sentier étroit sur lequel Dieu m'a commandé de marcher, la prodigieuse dilhculté qu'il y a de retenir, dans un chemin si glissant, une volonté si volage et si

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