‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 435 sur 460 · Ed. : quelque larme, quelque regret. Deux mois soulignés · texte numérisé non relu

Ed. : quelque larme, quelque regret. Deux mois soulignés

Dieu, après la vertu, après l'innocence: c'est alors que vous pouvez dire que, malgré vos égarements, Jésus a trouvé votre âme ; il est descendu aux enfers encore une fois : car quel enfer plus horrible qu'une âme rebelle à Dieu, soumise à son ennemi, captive de ses passions? Ah! si Jésus y est descendu, si dans cette horreur et dans ces ténèbres il a fait luire ses saintes lumières, s'il a touché votre cœur par quelque retour sur ces vérités que vous aviez oubliées, rappelez ce sentiment précieux, cette sainte réflexion, cette douleur salutaire; abandonnez-y votre cœur, et dites avec le Psalmiste : Tribulationem et dolorem inverti^ : « J'ai trouvé l'affliction et la douleur : » enfin je l'ai trouvée, cette affliction fructueuse, cette douleur salutaire de la pénitence : mille douleurs, mille afflictions m'ont persécuté malgré moi, et les misères nous trouvent toujours fort facilement. Mais enfin j'ai trouvé une douleur qui méritait bien que je la cherchasse, cette affliction d'un cœur contrit et d'une âme attristée de ses péchés : je l'ai trouvée, cette douleur, « et « j'ai invoqué le nom de Dieu : » et nomen Domini invocavP. Je me suis affligé de mes crimes, et je me suis converti à celui qui les eff'ace; on m'a sauvé, parce qu'on m'a blessé; on m'a donné la paix, parce qu'on m'a offensé; on m'a dit des vérités qui ont déplu premièrement à ma faiblesse, et ensuite qui l'ont guérie. S'il est ainsi, chrétiens, si la grâce de Jésus-Christ a fait en vous quelque eff'et semblable, courez vous-mêmes après le Sauveur, et, quoique cette course soit laborieuse, ne craignez pas de manquer de force.

Il faudrait ici vous représenter la faiblesse d'une âme épuisée par l'attache à la créature; mais, comme je veux

Page 1