‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 439 sur 460 · Ed, : sans aucune comparaison · texte numérisé non relu

Ed, : sans aucune comparaison

comme je n'ai pas dessein dans cette chaire, ni d'arrêter longtemps vos esprits sur les emportements de l'amour profane, ni de vous faire juger de Dieu comme vous feriez d'une créature, j'établirai ce que j'ai à dire sur des principes plus hauts, tirés de la nature divine, selon que nous la connaissons par [a) ^ les saintes Lettres.

Il faut donc savoir, chrétiens, que l'objet de la justice de Dieu, c'est la contrariété qu'elle trouve en nous; et j'en remarque de deux sortes : ou nous 'pouvons être opposés à Dieu considéré en lui-même, ou nous pouvons être opposés à Dieu agissant en nous; et cette dernière façon est sans comparaison la plus outrageuse. Nous sommes opposés à Dieu considéré en lui-même, en tant que notre péché est contraire à sa sainteté et à sa justice; et en ce sens, chrétiens, comme ses divines perfections sont infiniment éloignées de la créature, l'injure qu'il reçoit de nous, quoiqu'elle soit d'une audace extrême^, ne fait pas une impression si prochaine (ô)^. Mais ce Dieu, qui est si fort éloigné de nous par toutes ses autres qualités, entre avec nous en société, s'égale et se mesure avec nous par les tendresses de son amour, par les pressements de sa miséricorde, qui attire à soi notre cœur. Comme donc c'est par cette voie qu'il s'efforce d'approcher de nous, l'injure que nous lui faisons en contrariant son amour, porte coup immédiatement sur lui-même; et l'insulte en retombe, si je l'ose dire ^ sur le front propre d'un Dieu [c) *, qui s'avance, s'il m'est permis de parler ainsi.

Var. (a) Selon qu'elle nous est montrée dans. — (b) Ne porte pas son coup, — ne le touche pas de si près. — (c) D'un Dieu approcliant de nous,

1. Ed. : selon qu'elle nous est montrée dans les saintes Lettres.

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