Viv. : à l'Esprit de grâce
à son amour victorieux, et il ne laisse pas ainsi perdre ses grâces. Non : elles ne périssent pas, ces grâces rebutées, ces grâces dédaignées, ces grâces frustrées; il les rappelle à lui-même, il les ramasse en son propre sein, où sa justice les tourne toutes en traits pénétrants, dont les cœurs ingrats sont percés. C'est là, messieurs, cette justice dont je vous parlais tout à l'heure ; justice du Nouveau Testament, qui s'applique par le sang, par la bonté même et par les grâces infinies d'un Dieu rédempteur : justice d'autant plus terrible que tous ses coups de foudre sont des coups de grâces.
C'est ce que prévoyait en esprit le prophète Jérémie, lorsqu'il a dit ces paroles : Fuyons , fuyons bien loin « devant la colère de la colombe, devant le glaive de la « colombe : » A facie irœ columbœ... a facie gladii columbœ ^ ! Et nous voyons dans l'x^pocalypse les réprouvés qui s'écrient : « Montagnes, tombez sur nous, et mettez- « nous à couvert de la face et de la colère de l'Agneau : » Cadite super nos et abscondite nos... ab ira Agni ^. Ce qui les presse, ce qui les accable, ce n'est pas tant la face du Père irrité ; c'est la face de cette colombe tendre et bienfaisante qui a gémi tant de fois pour eux, qui les a toujours appelés par les soupirs de sa miséricorde; c'est la face de cet Agneau qui s'est immolé pour eux, dont les plaies ont été pour eux une vive source de grâces. Car d'où pensez- vous que sortent les flammes qui dévoreront^ les chrétiens ingrats? de ses autels, de ses sacrements, de ses plaies, de ce côté ouvert sur la croix pour nous être une source d'amour intini : c'est de là que sortira l'indignation; de là la juste fureur, et d'autantplus implacable