Matth., xxvii
et comme elle se veut rejeter entre les bras de ce Dieu pour y chercher son soutien, elle voit qu'il tourne la face, qu'il la délaisse, qu'il l'abandonne, qu'il la livre tout entière en proie aux fureurs de sa justice irritée. Où sera votre recours^ ô Jésus? Poussé à bout par les hommes avec la dernière violence, vous vous jetez entre les bras de votre Père ; et vous vous sentez repoussé, et vous voyez que c'est lui-même qui vous persécute, luimême qui vous délaisse, lui-même qui vous accable par le poids intolérable de ses vengeances. Chrétiens, quel est ce mystère? Nous avons délaissé le Dieu vivant, et il est juste qu'il nous délaisse par un sentiment de dédain, par un sentiment de colère, par un sentiment de justice : de dédain, parce que nous l'avons méprisé; de colère, parce que nous l'avons outragé; de justice, parce que nous avons violé ses lois et oiïensé sa justice (a). Créature folle et fragile, pourras-tu supporter le dédain d'un Dieu, et la colère d'un Dieu, et la justice d'un Dieu? Ah t tu serais accablée sous ce poids terrible. Jésus se présente pour le porter : il porte le dédain d'un Dieu, parce qu'il crie et [que] son Père ne l'écoute pas [b) ; et la colère d'un Dieu, parce qu'il prie et que son Père ne l'exauce pas, et la justice d'un Dieu (e) parce qu'il souffre et que son Père ne s'apaise pas. Il ne s'apaise pas sur son fils; mais il s'apaise sur nous. Pendant cette guerre ouverte qu'un Dieu vengeur faisait à son Fils, le mystère de notre paix s'achevait; on avançait pas à pas la conclusion d'un si grand traité : « Et Dieu était en « Christ, dit le saint apôtre ^, se réconciliant le monde. » Comme on voit quelquefois un grand orage : le ciel
Var. (a) Sa doctrine. — (b) Ne l'exauce pas, parce qu'il souffre. .,- (c) Et son Père.