‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 451 sur 460 · Matth., xxvi · texte numérisé non relu

Matth., xxvi

semblent les plus assurés : faiblesse, méconnaissance, secours en paroles, abandonnement en effet (a) ; c'est ce qu'a éprouvé le divin Jésus. Au premier bruit de sa prise, tous ses disciples le quittent par une fuite honteuse ^. 0 Cour, à qui (b) je prêche cet évangile, ne te reconnais-tu pas toi-même (c) dans cette histoire? n'y reconnais-tu pas tes faveurs trompeuses et tes amitiés inconstantes ? Aussitôt qu'il arrive le moindre embarras, tout fuit, tout s'alarme, tout est étonné; ou l'on garde tout au plus un certain dehors, afin de soutenir pour (d) la forme quelque apparence [e) d'amitié trompeuse et quelque dignité d'un nom si saint. Mais poussons encore plus loin, et voyons la faiblesse de cette amitié, lorsqu'elle semble la plus secourante. C'est le faible des amis du monde de nous vouloir aider selon leur humeur, et non pas selon nos besoins.

Pierre entreprend d'assister son Maître, et il met la main à l'épée, et il défend par le carnage celui qui ne voulait être défendu que par sa propre innocence. 0 Pierre ! voulez- vous soulager votre divin Maître? vous le pouvez par la douceur et par la soumission, par votre fidélité persévérante. 0 Pierre t vous ne le faites pas, parce que ce secours n'est pas selon votre humeur: votis vous abandonnez au transport aveugle d'un zèle inconsidéré; vous frappez les ministres de la justice, et vous chargez de nouveaux soupçons ce Maître innocent qu'on traite déjà de séditieux. C'est ce que fait faire l'amitié du monde : elle veut se contenter elle-même, et nous donner le secours qui est conforme à son humeur ; et cepen-

Var. (a) Effectif. — (b) A laquelle. — (c) Te reconnais-tu toi-même dans cette histoire, et tes amitiés inconstantes? — (d) Par. — (e) Simulacre.

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