VI AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR
tant il ne voudrait rien perdre de ce que Bossuet a écrit. Pour tout concilier, Déforis recourt avec trop de candeur à un expédient singulier. A-t-il sur le même sujet deux sermons qui se ressemblent? En ce cas, le plus récent devait avoir la préférence, et ordinairement c'est le plus court ; car presque toujours Bossuet, en se corrigeant, abrège. Déforis n'en juge pas comme Bossuet : des deux rédactions, il choisit d'instinct la plus ancienne, précisément parce qu'elle est prolixe ; puis il l'allonge encore et il y jette la confusion, en y insérant de force les parties du second discours qui offrent quelque différence. Dans l'application de ce déplorable système, Déforis est conséquent; il mêle ainsi dans un discours deux discours distincts, ou un discours entier et des fragments d'époque différente, ou le brouillon et la mise au net, ou les variantes de la même phrase et quelquefois une phrase barrée avec la phrase qui la remplace.
Il a été facile d'accumuler les exemples de ces interpolations, et ce n'est pas un médiocre honneur pour l'abbé Vaillant de les avoir dénoncées, ni pour M. Lachat de les avoir fait disparaître en grande partie. Mais pourquoi ne pas dire que les sermons défigurés ainsi par le premier éditeur ne formaient en somme que le petit nombre dans son immense recueil, et que, pour vingt discours dont le texte avait été corrompu dans l'ensemble ou dans les détails, il y en avait cent que Déforis avait soigneusement imprimés tels qu'il les avait lus dans les manuscrits autographes ?
Si Déforis a manqué de fidélité sur un point,'il Ta fait par exception, et, pour ainsi dire, sans le savoir. Car, il se piquait, au contraire, d'une fidélité scrupuleuse. C'était le