‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 6 sur 460 · AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR. VU · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR. VU

penchant de sa nature, courageuse et opiniâtre ; formé d'ailleurs par la forte discipline des bénédictins, il ei? avait gardé les maximes, Tesprit de suite et une infatigable persévérance dans les recherches, le respect de la lettre dans la restitution et l'interprétation des textes. Les manuscrits des sermons ne sont pas toujours faciles à déchiffrer : que de fautes de lecture on eût pu faire, dans les sermons de la jeunesse, parce que l'écriture en est mauvaise ; dans ceux de l'âge mûr, parce que la rédaction en est confuse! Les bénédictins nous ont épargné cette épreuve ; aux endroits les plus épineux, lorsqu'on est arrêté par quelque difficulté extraordinaire, on peut recourir à leur copie avec confiance : ce qu'on désespérait de lire, on le lit avec leur aide ; presque toujours, on le lit comme eux ; et il faut être bien rigoureux ou bien prévenu pour ne pas rendre hommage à ce labeur où ils n'ont pas déployé moins de sagacité que de patience.

La copie offrait donc en général, à irès-peu de chose près, une reproduction exacte de la minute originale : le texte imprimé reproduit la copie presque sans changement. Mérite rare (qu'on ne l'oublie point) dans tous les temps, mais plus rare que jamais à l'époque où a vécu Déforis. Les puristes faisaient la loi ; on relevait partout des taches, on se piquait d'améliorer les textes. C'est à peine si les vers de Racine échappaient aux coups de crayon; les comédiens faisaient corriger ceux de Corneille ; on comptait les négligences échappées à Bossuet dans les Oraisons funèbres. Qu'allait-on penser des sermons publiés d'après les notes de l'orateur et presque tous antérieurs à ses discours imprimés? L'abbé

Page 1