‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 7 sur 460 · VIII AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR · texte numérisé non relu

VIII AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR

Maury n'aurait pas balancé; il aurait mis à part le linge sale '. Ala bonne heure : et je crois sans difficulté que le recueil des sermons aurait trouvé plus d'admirateurs s'il avait été réduit de moitié et composé seulement des discours les plus achevés. Mais sous quelle forme aurait-on donné même ces discours ou ces morceaux choisis? Par un excès de zèle pour la gloire de Bossuet, on l'aurait abrégé, amplifié, embelli ; on lui aurait appris toutes les délicatesses du beau langage; et les habiles seraient aujourd'hui fort en peine de démêler dans ces chefsd'œuvre équivoques, la part de Bossuet", la part de Maury, celle du génie qui s'abandonne à l'inspiration, celle du bel esprit qui s'amuse à semer sur des pensées graves les fleurs de la rhétorique.

Il fallait un bénédictin, de peu d'esprit, de peu de goût, sans aucune souplesse dans le caractère, mais trèsattaché à ses principes, capable de braver toutes les disgrâces plutôt que de rien céder là où il avait engagé sa conscience, il fallait, dis-je, cet homme étrange, dont l'entêtement a si fort scandalisé l'abbé Maury, pour tenir bon malgré les entraînements de l'exemple et pour refuser de mettre Bossuet à la mode du jour. Déforis l'a vraiment laissé parler comme il parlait, sans effacer, même dans les ébauches tracées au collège de Navarre . ou à Metz et à la veille des Provinciales, ni les expressions surannées, ni les irrégularités apparentes, ni les familiarités hardies qui devaient rebuter La Harpe, et, sur la foi de Dussault, Chateaubriand. Le succès du recueil en a été compromis dès l'origine : nous qui cherchons dans

" 1. Voy. sur Maury et son Discours préliminaire , l'Introduction de mes Éludes critiques, p. xi-xiv et xxiv.

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