‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 77 sur 460 · Eccl., VII · texte numérisé non relu

Eccl., VII

pénétrons un océan immense pour trouver des terres nouvelles que les siècles précédents n'ont jamais connues ; et à quoi ne nous portent pas les désirs vagues et téméraires d'une curiosité infinie? Et après tant de recherches laborieuses, nous sommes étrangers chez nous-mêmes; nous ne connaissons ni le chemin que nous devons tenir, ni quelle est la vraie fin de nos mouvements. Et toutefois il est manifeste que la première chose que doit faire une personne avisée, c'est de considérer ses voies, et de peser par une véritable prudence comment il doit composer ses mœurs. C'est ce que nous enseigne l'Ecclésiaste en ces deux petits mots si sensés : « Les yeux du sage sont en sa ièie : » Sapientis ocnli in capite ejus^. Quelle étrange façon de parler, les yeux du sage sont en sa tête ! Mais il a voulu nous faire entendre que, de même que la nature a mis la vue comme un guide fidèle dans la place la plus éminente de notre corps, alin de veiller à notre conduite et de découvrir de loin les obstacles qui la pourraient traverser, ainsi la Providence divine a établi la raison dans la suprême partie de notre âme, pour adresser nos pas à la bonne voie, et considérer aux environs les empêchements qui nous en détournent («).

Et bien que tout le monde confesse qu'il n'y a rien de si nécessaire que ce précepte du sage, si est-ce ^ toutefois, chrétiens, que si nous l'observons en quelque façon dans les affaires de peu d'importance, nous le négligeons tout à fait dans le point capital de la vie. Étrange aveuglement de l'homme ! personne parmi nous ne se plaint de manquer de raisonnement; nous nous piquons d'employer

Var. (a) Ce qui nous en peut détourner,

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