DePall., n
3. Redite qui explique la sévérité de Bossuel pour cette partie de son discours.
rentrer en soi-même. Et n'est-ce pas l'orgueil, chrétiens, qui a retiré tant de philosophes du milieu de la multitude? Nous voulons, disaient-ils, vaquer à nous-mêmes; et certes, ils disaient vrai; c'était en eux-mêmes qu'ils voulaient s'occupera contempler leurs belles idées, à se contenter^ de leurs beaux et agréables raisonnements, à se former à leur fantaisie une image de vertu de laquelle ils faisaient leur idole. Ils ne reconnaissaient pas comme il faut ce grand Dieu, duquel toutes leurs lumières étaient découlées : superbes et arrogants qu'ils étaient, ils ne songeaient qu'à se plaire à eux-mêmes dans leurs subtiles inventions. C'est là tout le désordre, c'est la vraie source du dérèglement. Qui donc nous ramènera utilement en nous-mêmes, nous retirant de tant d'objets inutiles dans lesquels notre âme s'est elle-même si longtemps dissipée? ce sera sans doute la loi de Dieu par l'humilité chrétienne. C'est l'humilité chrétienne qui nous rappelle véritablement en nous-mêmes, parce qu'elle nous fait rentrer dans la considération de notre néant : elle nous fait entendre que nous tenons tout de la miséricorde divine; et ainsi elle nous abaisse sous la loi de Dieu; elle nous assujettit à sa volonté, qui est la règle souveraine de notre vie.
« Dieu a fait l'homme droit, » dit l'Ecclésiaste ^; et voici en quoi le docte saint Augustin reconnaît cette rectitude. La rectitude, et la juste règle, et l'ordre, sont inséparables : or, chaque chose est bien ordonnée, quand elle est soumise aux causes supérieures qui doivent lui [a]
Var. (a) Dominer sur elle.
1. D;ins le sens du ialin fjaudcre , en jouir, y Irouvcr son contentement.