‹ Choix de sermons de la jeunesse de BossuetChapitre 9 sur 460 · X AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR

de supprimer la traduction proposée par l'éditeur là ou la paraphrase de Bossuet en tient lieu, de la garder là où il est à peu près certain que le prédicateur Taura donnée en chaire. Dans le même esprit, Déforis ajoute aux phrases restées incomplètes ce qu'il faut pour qu elles aient un sens précis et clair : parfois il se trompe, en pensant qu'un simple complément grammatical suffit là où une note de forme elliptique indique la place, non d'une phrase, mais de tout un développement. Mais souvent aussi sa glose est très-convenahle et mérite d'être conservée. Et en ce cas, il suffisait de convenir avec le lecteur d'un signe pour prévenir toute méprise et montrer à qui appartient chaque mot du texte imprimé.

M. Lâchât pousse plus loin ses rigueurs et rejette trèsvolontiers dans les notes les passages que Bossuet luimême ajoute après coup sur les marges ou quelquefois entre les lignes; il est vrai que plusieurs de ces additions (que l'éditeur a tort d'appeler indifféremment des additions marginales), ne sauraient être insérées dans le texte sans en rompre la suite; mais la plupart y prennent sans aucun effort la place qui leur était évidemment destinée; ce n'est donc pas Déforis, c'est Bossuet qui les y a mises, et elles doivent y être maintenues.

Je dirai plus : il y a même des corrections qui me paraissent légitimes. Bossuet écrivait souvent très-vite, et ne prenait pas toujours la peine de relire ; aussi trouvet-on dans son texte des inadvertances manifestes : notons-les, si elles peuvent être instructives, mais n'hésitons pas à les corriger. Assfez souvent, par exemple, il échappe à Bossuet, dans ses citations, de légères inexac-

AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR. Tl

titudes. Le fait vaut la peine qu'on le signale ; il prouve que l'orateur, nourri des textes sacrés, cite de souvenir ; mais M. Lâchât a tort certainement de reproduire ces fautes de mémoire, et M. de Meaux n'aurait pas compris qu'on imprimât un seul verset de l'Écriture, un seul passage de saint Augustin, sans les avoir vérifiés avec grand soin ; Déforis l'a fait et Déforis avait raison.

Du reste, si la méthode suivie par M. Lâchât est incertaine ou si sa révision offre des inégalités, il me sera facileplusqu'àpersonne d'en donner l'explication etl'excuse. C'est qu'il faudrait (je le dis par expérience) cinq ou six années d'un travail assidu pour dépouiller scrupuleusement les seuls manuscrits de la Bibliothèque impériale. Le loisir aura manqué à M. Lâchât pour procéder avec cette circonspection. C'est pourquoi il lui arrive de ne pas apercevoir des fautes très-graves, et de celles précisément auxquelles il faisait la guerre avec le plus de vivacité ; quelquefois aussi, il se presse trop de redresser Déforis et se trompe lui-même là où Déforis ne s'est pas trompé ; et si, par hasard, une interpolation qu'il a corrigée ou une petite découverte dont il est assez heureux pour enrichir son édition, le met en demeure de publier un texte pour la première fois, on s'aperçoit bientôt qu'il lit vite et ne lit pas aussi sûrement qu'un bénédictin.

La collation des trois éditions dont je viens de parler n'a été dans la suite de mon travail qu'un incident : c'est sur les manuscrits autographes que j'ai d'abord fixé le textedes sermons que je publie, et que j'en ai revu ensuite toutes les épreuves. Il en est plusieurs pour lesquels je n'ai eu à restituer qu'un petit nombre de détails; mais dans une restitution de texte il ne faut pas craindre

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