‹ Choix de tableaux et statues des plus célèbres musées et cabinets étrangersChapitre 10 sur 124 · MARCHANT SUR EAUX · texte numérisé non relu

MARCHANT SUR EAUX

Tableau de la galerie d'Eugène Beauharnais , prince d' Eichstadt , peint sur toile^

Hauteur 7 pieds i pouce , largeur 6 pieds 2 pouces.

L'École Espagnole toucholt à son déclîn , orsque Claude Coëllo naquit à Madrid, dans le dix-septième siècle. Sans s'être élevée aussi liant que les Ecoles de Rome et de Florence j celle-ci avoit déjà ^ comme elle , adopté un goût de dessin peu correct, un coloris dit de pratique, un faire négligé ; en un mot , elle s'était écartée de la nature , qui , bien vue , est l'unique source du vrai et du Leau-

Cependant, à cette même époque, l'Espagne comme l'Italie posséda des artistes studieux, empressés de se faire un nom , et auxquels il ne manqua que d'être mieux dirigés dans leurs études.

Claude Coëllo tint parmi ces peintres un des premiers rangs. Son père, Portugais de naissance, lui donna pour maître le vénitien Sébastien Ricci , dont le Musée Royal de Paris possède un tableau allégorique , gracieux si l'on veut^ mais assez médiocre sous les rapports les plus essentiels. L'étude des grands peintres , dont les tableaux se trouvoient dans plusieures résidences royales, fut plus utile à Coëîlo : Titien, R.ubens et Yandyck lui apprirent du moins les vrais principes du coloris. lusqu'en Tarlistc espagnol

n'eut qu'^^ se féUciter de son sort. Il obtint des encourogemens,' des pensions même / tant du roi Charles II que de plusieurs chapitres ; mais l'arrivée en Espagne de l'Italien Lucas Giordano ^ appelé pour peindre les voûtes de l'Escurial, mit fin à son bonheur. Coëllo, doué malheureusement cl une sensibilité trop profonde, ne put survivre à la préférence qu'il vit donner à ce rival étranger, et mourut de chagrin le 20 avril 1693.

Cet artiste est une preuve de l'injustice qui accompagne presque toujours les jugemens des prétendus connoisseurs , lorsque les arts commencent à tomber en décadence. La plupart de ses tableaux, et spécialement celui dont on donne le trait, peuvent soutenir avantageusement toute comparaison avec les productions strapassées de son heureux antagoniste , dont l'incroyable célérité est devenue proverbiale clans les arts (1). Dans le miracle ici représenté, la figure du Saint et celle du Compagnon qu'il exhorte à le suivre sur les eaux, ont une expressie»è juste et vraie, et sous le rappoi t de TefFet et du coloris, ce tableau peut soutenir la comparaison avec les bonnes productions de Vélasquez et (if: Murillo.

Cet ouvrage fut vendu 7^00 fr. en 1809 ,chez le Brun, marrhand de tableaux, il fit ensuite partie de la Galerie de la Malmaison, Nous n'en connoissons pas d'estampe.

f î) On appeîoit Lucas Giordana , il fa. presto , le peintre Qîjî TRAVAILLE VITE. Oïl Sait asscz que eVst un moyen sûr pour lie pas travailler bien.

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