LA VIERGE , JÉSUS ET SAINT JEAN
Tableau de la galerie de Lucien Bonaparte y peint surbois. Figures de moyenne grandeur,
L'Enfant Jésus , assis sur les genoux de la Vi erge , quitte le sein de sa Mère à l'approche de Saint Jean qui lui apporte des fruits. Ces trois figures, qui sont de moyenne proportion , nous ont paru appartenir à l'époque où le Corrège étudioit à Mantoue la manière du Mantegne , dont le goût étoit alors en vogue. On y i^econnoîl les efforts du chef de l'Ecole de Parme , pour s'affranchir de la sécheresse des peintures du quatorzième siècle et fonder se style noble et moelleux qu'on admire dans ses dernières productions.
Le Corrège , lorsqu'il quitta l'École de Mantoue , essaya plusieurs manières, et ne s'attacha à celle qui le distingua qu'après avoir suivi Ion g -temps une route moyenne entre celles qu'il se fraya dans ses premières études , et celle qu'il perfectionna lorsqu'il fut consommé dans la pratique de son art \ c'est ce qui fait que plusieurs de ses ouvrages y. qui datent de ©ette époque, sont aujourd'hui méconnus ou contestés. Celiii que possède Lucien Bonaparte pourroit être de ce nombre; car, quoique plusieurs parties décèlent évidemment la main du Corrège, il est cependant loin de la perfection des productions capitales de ce grand maître.
Ce tableau aété gravé plusieursfols ; îameilleure estampe est celle de l\ Spierre.
Les tableaux du Corrège^ quelle que soît Fépoque ou ils ont été exécutés , sont extrêmement l eclierchés. Les palais des souverains les contiennent presque tous ^ et ce n'est que par reflet du hasard, et à grands frais, que quelques particuliers ont pu s'en procurer. Ce n'est même que dans ces dernières années qu'on en a vu vendre en public.
Un buste du Christ, proportion de petite nature, peint sur bois , ayant de hauteur 1 1 pouces et 9 pouces de largeur , a été vendu 7001 fr. ,en 1812, à la vente de M. de Séréville.
Un autre tableau, de 22 pouces de haut sur 16 pouces de large , a été vendu 5ooo fr. , en i8l4 , après le décès de Lebrun , marchand de tableaux. Il représente la Vierge tenant son Fils dans ses bras , et environnée d'une gloire d'Anges formant un concert céleste. Elle est accompagnée de Saint Ubalde et de Sainte Catherine , tous deux dans l'attitude de l'admiration. ( Voyez Catalogue de Lebrun,
20, mai 18 14.)
Le prix de ce dernier tableau ne semble pas en proportion avec celui du buste du Christ; mais la balance sera rétablie , si l'on remarque que ce même buste , que Lebrun posséda , n'a été revendu en mai 18 14 que la somme de 38 10 fr. ( Voyez son Catalogue, n^. 22) .
11 convient d'observer cependant qu'en mai 181 4 les armées européennes occupoient la Capitale , et que dans loule autre circonstance, ces deux tableaux se seroient pro])al)lement vendus à un prix beaucoup plus élevé.