‹ Choix de tableaux et statues des plus célèbres musées et cabinets étrangersChapitre 112 sur 124 · S.T GEORGE AUX PIEDS DE LENFANT JÉSUS · texte numérisé non relu

S.T GEORGE AUX PIEDS DE LENFANT JÉSUS

Tableau de la Galerie de Dresde , peint sur toile. Hauteur 5 pietls 5 pouces , largeur 4 pieds lo pouces.

Jérôme Mazzuola, on Mazzaoli , comme l'appelle Eanzi , est mis au nombre des bous peintres de TEcole parmesane ; mais comme la plupart des ouvrages qu'il a composes sont conservés à Parme , sa réputation ne s'est guère étendue au-delà du tbéâlre de ses travaux. Né dans les dernières années du quinzième siècle , Jérôme Mazzuoll fut pendant quelque temps associé aux travaux de Francesco Mazzuoli son mai Ire et son cousin ; mais les dispositions testamentaires de ce dernier prouvent que l'amitié qui les avoit unis n'exisloit plus à FépoqTje de la mort de ce dernier , puisque son héritage , échut à deux étrangers. Jérôme Mazzuoli fut un excellent coloriste j il a peu de rivaux dans l'art d'empâter les couleurs , mérite d'autant plus remarquable chez lui , qu'il ne parcourut point l'Italie pour en voir les chefs-d'oeuvre , et qu'il n'alla pas même à Rome, Le Corrège et le Parmesan fureot les deux modèles auxquels il s'attacha de préférence. Les noces de sainte Catherine qu'il peignit pourTéglise del Carminé , sont tout-à-fait dans leur manière, et c'est sans doute ce qui a fait dire qu'il avoit beaucoup peint d'après Francesco. Il entendolt très-bien la perspective, Lanzi compare aux meilleurs ouvrages du Pozzo les détails d'architecture dont il avoit embelli un tableau delà Cène, qu'il

âvoit pejnt clans le réfectoire île Saint-Jean, et ou il y avoit une colonade cVun effet admirable. Il peignoit la fresque d'une manière large, facile, harmonieuse; ses compositions sont riches , variées, pleines de vie. Aucun peintre n'a fait pour les é{^lises de Parme un aussi grand nombre de tableaux à Ihuile que lui ; aucun n'a fait autant de fresque , ni autant de tableaux de chevalet j et cependant il travailla encore pour Saint-Benoît de Mantoue et pour d'autres lieux. On admire d'abord qu'un seul homme ait put produire autant d'ouvrages j jnais celte admiration s'affoiblit quand on les examine avec quelque attention. A. côté de grandes beautés on aperçoit de grands défauls • les extrémités des figures sont quelquefois mal dessinées. Jérôme Mazzuoli , de même que son maître , prend trop souvent l'affectation pour de la grâce , il exagère l'expression des passions» Mais comme les tableaux où ces défauts se font particulièrement sentir , sont l'ouvrage de plusieurs peintres, il est jusîe de ne pas les attribuer à lui seul. L'abbé Mari a prouvé, par exemple , que Mazzuoli s'éîoit associé d'autres peintres pour faire la Multiplication des Pains à Saint-Benoît de Mantoue. 11 y a dans cette composition des groupes de la plus grande beauté, et ^'autres parties d'une telle incorrection, qu'elles sem-^ blentêtre d'une autre main. Cependant, comme on retrouve de semblables défauts dans des ouvrages entièrement exécutés par Jérôme Mazzuoli , on peui croire que plusieurs de ceux qu'on lui reproche dans celui des Cinq Pains , doivent lui être imputés.

Les tableaux de Jérôme Mazzuoli sont extrêmement rares dans les galeries des souverains, et celle de Dresde étant peut-être la seule qui puisse nous procurer Toc-

easion de parler des productions de cet estimable artiste : nous donnons le trait du plus capital des deux qu'elle possède. 11 représente la Yierge, Jésus, saint Jean, un Auge et saint Georges (i).

Le personnage que nous prenons pour un saint Georges, n'est peut-être que le portrait du donateur du tableau , qui , selon la coutume du temps, aura voulu y être peint. MazzuoU Fa représenté prosterné aux pieds de TEnfant Jésus que la Yierge tient sur ses genoox , et recevant du Rédempteur une cLaîne d'or qu'il lui passe au cou , comme pour lai témoigner qu'il l'admet au nombre de ses cbevaliers. Saint Jean , qu'un Ange tient sous les bras , montre le Messie. On retrouve dans ce charmant tableau la plupart des beautés qui distinguent les productions sorties du pinceau de Francesco Mazzuoli dit le Parmesan, que ses contemporains sur^» nommèrent le Rcifa'élino , le petit RapbaéL

C'est peut-être ici le lieu de remarquer qu'il n'en est pas des artistes comme des hommes qui se sont distingués dans les lettres ou dans les sciences. Jlsnfîit.'i ceuxci pour obtenir la réputation qu'ils méritent, de Lire imprimer leurs ouvrages. Les exemplaires s'en rc'q^audent dans tous les pajs , et chacfui peut les apprécier par luimême j tandis que le mérite du peintre reste attaché au plafond, au mur^ ou à la toile auxquels il l'a confié. Il n'y a jamais qu'un pays, qu'une province , qu'une viiîe, qu'un palais , qu une église qui puisse en jouir à la

(i) L'autre represeiate la fortune sur un glo])e ; à roté est une femme qui paroît eCPrayée. 11 est peint sur Lois, — Haut. 7 pieds 6 pouces , larg. 4 pieds.

fois. Confiné dans cet étroit espace, il y demeure, pour ainsi dire, emprisonné jusqu'à ce que la gravure le multiplie. Encore u'en conserve-t-elle pas toujours la physionomie. De la vient que les peintres les plus loués dans les pays étrangers ne furent pas toujours les plus habiles dans leur propre pairie,

Gra\ é^av Michel Aube?, arliste peu recommandable, né à Paris eu i^oo, et mort dans la même ville en 1^5^].

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