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APPARITION DE LA VIERGE A JEAN, PATRICE DE ROME ET A SON ÉPOUSE

Tableau de la collection du Roi d'Espagne , peint sur toile. Figures de grandeur naturelle.

Ce sujet est un de ceux qu'il faut admettre d'après le récit des légendaires , et que de grands artistes illustrent par leurs talens.

Dans le 4*^^ Siècle , ( on ne dit pas en quelle année ) la Vierge, pendant la nuit, apparut avec l'enfant Jésus au patrice de Rome, nommé Jean, et à son épouse. Instituée Jeur héritière, s'ils n'avoient pas d'enfans, elle leur ordonna d'élever en son honneur une église sur le mont Esquilin, dans un lieu qu'ils trouveroient couvert de neige.

Telle fut l'origine de Sainte Marie Majeure , l)âtie à ce que l'on suppose , sur les ruines d'un temple de Junon- Lucine, et aujourd'hui l'une des plus belles églises de Rome, d'après les augmentations successives qu'elle a reçues.

Il peutparoître remarqualjle que ce fait, relatif seulement à la Capitale du monde chrétien , ait été traité par un peintre Espagnol, habitant de Séville, environ i3oo années après l'événement. La ferveur d'un chanoine, ami de Murillo, et nommé Don Justin Neve, détermina le peintre à exécuter ce tableau pour l'église de Sainte Marie la blanche , dans leur ville natale. Murillo en fit même le pendant. Il représente le Pape Libère traçant

le plan cle Ste. Marie majeure, d'après le rapport que Jean et sa femme lui firent de leur vision.

Ces deux tableaux furent exposés pendant quelques semaines dans le grand salon du Musée de Paris, en Juillet 18 14.

Le plus capital est, sans contredit, celui dont on donne ici le trait. Le sujet , tout extraodinaire qu'il est , s'y trouve nettement expliqué. Murillo a jugé convenable de supposer que la vision a lieu en songe j et autant pour observer les convenances , que pour donner une plus belle ordonnance à sa composition, il a placé les deux époux hors du lit que l'on aperçoit sur le second plan. La Vierge leur indique du doigt le ijionticule couvert de neige oii l'édifice doit s'élever.

Murillo est regardé comme le plus grand des coloristes Espagnols , et ce n'est pas par un amour-propre outré que ses compatriotes l'appellent leur Vandyck. Murillo mérite ici tous les éloges qu'on lui a donnés. Il est même plus correct et moins commun dans son goût de dessin que dans la plupart de ses autres tableaux. On n'insistera pas trop sur le reproche d'avoir donné aux Jovix. figures endormies le costume Espagnol du siècle ou vivoit Murillo, d'illustres artistes ont commis des anachronismes plus repréhenslliles, car ce costume n'a rien que de très -pittoresque.

Nous ne connoissons pas d'estampe de ce tableau.

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