‹ Choix de tableaux et statues des plus célèbres musées et cabinets étrangersChapitre 48 sur 124 · BACCHUS ENFANT CONFIÉ AUX NYMPHES · texte numérisé non relu

BACCHUS ENFANT CONFIÉ AUX NYMPHES

Tableau de la Galerie de V Ermitage j peint sur toile»

Hauteur 3 pied» 6 pouces, largeur 4 piede i pouce 4 ligne*.

De toutes les fictions mythologiques, celle de la Naissance de Bacchas est peut-être la moins heureuse. Selon Ovide et Manilius , Sémélé , fille de Cadmus , fondateur de Thèbes , en Beotie , ayant répondu à la tendresse de Jupiter, excita la jalousie de Junon, Cette déesse, sous la figure de la nourrice de Sémélé , suscita à sa rivale le désir de voir son amant dans toute sa gloire. Jupiter n'ayant pu la dissuader de ce dessein , et s'étant engagé par le Styx , à faire ce qu'elle désireroit , céda à ses instances. Il lui apparut au milieu des éclairs et de la foudre, embrasa le palais qu'elle habitoit, où elle-même périt consumée. Jupiter sauva l'enfant qu'elle portoit dans son sein, qu'on nomma Bacchus, et le renferma dans sa cuisse , jusqu'au terme des neuf mois révolus. Hygin et Lucien disent que Mercure le retira des flammes; et le porta à Nysus , qui le fit élever dans les antres du mont Nysa , en Arabie. D'anciennes traditions expliquent ain^i cette fable ridicule :

Sémélé , par quelque Indiscrétion , rendit publique une intrigue amoureuse qui lui attira la colère de son père. Elle fut obligée de fuir, et dans sa fuite, elle fut frappée du tonnerre. D'autres disent que Cadmus l'exposa sur les eaux avec son fils, que la mère succomba à ses maux, mais que Bacchus fut sauvé et confié aux.

soîns de différentes nourrices. On ajoute qu'il resta longtemps caché dans les antres d'une montagne appelée Maros, mot qui signifie cuisse, et qui donna lieu à l'équivoque de la cuisse de Jupiter.

Dans son tableau , La Hjre s'est conformé au texte de Lucien. Mercure remet le jeune Bacclius aux nymphes du mont Nysa, et leur apprend la haute origine du nourrisson qui leur est confié. L'une des nymphes tient l'enfant sur ses genoux, et le considère avec intérêt; deux autres écoutent attentivement le merveilleux récit de Mercure; une quatrième , appuyée sur un dé])ris d'architecture , s'avance pour contempler celui qui va bientôt devenir l'objet des plus tendres affections.

Quoique La Hyre ne puisse pas être compté parmi les savans dessinateurs , les figures de ce tableau ne manquent pas de correction ni d'une cei taine grâce. Le groupe principal est heureusement disposé. Mercure inclique sans équivoque l'objet de sa mission, et l'on devine sans peine le discours qu'il adresse aux nymphes. Enfin , le paysage est digne de la réputation de La Hyre, dans cette partie de l'art. Si l'on ajoute à cet éloge , que ce tableau est d'un coloris séduisant et d'une exécution très-soignée, on n'hésitera pas à le ranger au nombre de» bonnes productions de son auteur.

Il n'a point été gravé.

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