‹ Choix de tableaux et statues des plus célèbres musées et cabinets étrangersChapitre 51 sur 124 · LA VÎERGE, JÉSUS, JOSEPH, S^ FRANÇOIS DE SALES ET S^. JÉRÔME · texte numérisé non relu

LA VÎERGE, JÉSUS, JOSEPH, S^ FRANÇOIS DE SALES ET S^. JÉRÔME

tableau de la Galerie de V Krmitage , peint sur bois.

Hauteur et largeur 5 pieds 4 pouces Clignes,

Pierre Vannucclil, surnommé le Pérugin parce qu'il naquit à Pieve , lieu situé dans cette contrée de Fétat de î^église qu'on appelle Pérugin, fut élève de NicoloAlunna, de Pietro deila Francesca, peintres aussi médiocres que peu connus, et passa ensuite dans l'école d'Andréa del Verroccliio, où il fut l'émule de Léonard de Vinci. Ses principaux élèves sont Pinturricchino , Andréa di Assisi, Orazio di Paris , Gaudenzio Ferrari , enfin le divin Raphaël.

Quoique le Pérugin appartienne essentiellement a l'époque de ]a renaissance de l'art, et que ses productions soient très-inférieures à celles de son illustre élève, son seul titre à la célé])rité n'est pas d'avoir eu un tel disciple. Il a prouvé, par quantité de tableaux, encore très-rechercliés , qu'il tient un rang distingué parmi les maîtres de l'art.

Le tableau, dont nous donnons le trait, offre, contre toute vraisemblance, une réunion de personnages qui vécurent dans des siècles différens. Au milieu d'un chétif paysage , qui rappelle ceux de Ptaphaël , l'Enfant Jésus , posé à terre sur des langes et le dos appuyé sur un coussin , est adoré par sa mère. Saint Joseph, Saint François de Sales, et Saint Jérôme. Un chœur d'anges qui tiennent des branches de lis, symbole de la pureté de Marie,

descend du cîel et couronne cette singulière composition. Si la disposition de ce tableau est Kzarre et tient du style gothique qui régnoit à l'époque où yécut le Pérugin , et dont il ne put entièrement se défaire, ce défaut est amplement compensé par de véritables beautés. La figure de Saint Jérôme est noble et d'un dessin savant. Vannucclii a su, sans altérer les formes de ce pieux solitaire, lui conserver l'empreinte des jeûnes et des macérations qu'il s'infligeoit pour dompter ses sens ; la draperie amarante qui couvre sa tunique grise est largement ajustée , les tons en sont riches et les plis étudiés avec soin. La Vierge , dont la robe ponceau est recouverte par un large manteau bleu , doublé de vert , a cet air gracieux qu'on admire dans toutes les tètes de femmes de ce maître , et qu'après avoir puisé, comme Léonard de Vinci , chez le Verrocchio , il communiqua à l'inimitable Raphaël. Saint Joseph, vêtu d'une robe pourpre qu'une draperie jaune accompagne , est dans ime attitude vraie , mais dénuée de noblesse *, son expression ne manque pas de finesse. Enfin Saint François de Sales, qu'on reconnoît à son habit de moine et à ses stygmates , n'est point inférieur aux autres figures de ce tableau, sous le rapport de la touche et de la manière dont il est ajusté, mais il est nul quant à l'expression. En général, cette peinture se fait remarquer par la précision avec laquelle la nature y est imitée , par une aimable simplicité et une certaine grâce particulière au Pérugin. Le coloris en est assez bon et ne manque pas d'éclat ; le pinceau en est facile , quoique très-soigné . Le seul défaut de quelque importance qu'on puisse reprocher à cette production est l'absence de toute perspective aérienne. Ce tableau n'a point été gravé.

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