‹ Choix de tableaux et statues des plus célèbres musées et cabinets étrangersChapitre 56 sur 124 · LA MORT DE LA MADELAIINE · texte numérisé non relu

LA MORT DE LA MADELAIINE

Tableau de la Galerie de Florence,

Hauteur 3 pieds q pouces, largeur 5 pieds 4 pouces.

François Riislico ou Rustichino, étoit de FEcoIe Siennoise, que l'on réunit ordinairement à FEcole Florentine. Il y eut avant lui plusieurs artistes de son nom. Le premier connu fut Gabriel Rustici, élève de Fra Bartolomeo di San Marco. On ignore s'il étoit de la même famille que les autres qui furent tous parens. Le second ; R.ustico , dont le prénom est inconnu , fut élève de Jean Antoine Razzi , dit le Sodoma , et peignit dans Sienne^ sa ville natale un grand nombre de grotesques. Il eut pour fils Christophe Rustici^ qui réussit également dans le même genre d'ouvrage. Le moins fameux des artistes de cette famille ; fut Vincent ; cru fils de Christophe.

François qui eut Christophe pour père , accrut la célébrité de son nom. On le désigna par le diminutif Rustichino, soit parce qu'il étoit le dernier de sa famille , soit parce qu'il mourut jeune ( en 1625). Peut-être cette dernière circonstance contribua-t-elle à sa renommée. Tous ses tableaux 3ont bons , parce qu'il n'eut pas le temps de contracter une manière négligée, comme il est trop souvent arrivé à des artistes qui ont fourni une longue carrière.

Il travailla dans le goût du Caravage, et éclaira souvent ses tableaux par im flambeau, ou par un seul jet de lumièi e. Celui dont ou donne ici le trait, a été composé d'après

cette méthode. C'étolt celle de Gérard Hundhorst, dit Délia Notte , mais si Rustichino fut en cette partie son imitateur , il le surpassa dans Télégance des formes.

Marie Madelaine , de pécheresse devenue pénitente , touche à son dernier moment. La partie supérieure de son corps n'a d'autre voile que sa longue chevelure. Ses bras sont nus. Assise à terre dans une grotte sauvage , et enveloppée d'une natte, elle n'a près d'elle qu'un livre, une téte de mort et un vase de parfums qui rappelle, ainsi que ia croix placée dans une de ses mains , son pieux attachement pour Jésus-Christ. Près d'elle , deux anges la contemplent avec intérêt , et semblent attendre l'instant de sa mort , pour conduire son âme dans les demeures célestes.

Cette composition est d'une simplicité fort touchante^ L'artiste a su saisir et exprimer sur le visage de la Sainte, ce moment fugitif qui forme le passage de l'existence à la mort. Cette téte penchée en arrière, cet œil déjà fermé^ cette lK)uche entr'ouverte , sont de l'expression la plus vraie. Les draperies des Anges ont de l'ampleur et de la grâce. Rustichino ayant fait le voyage de R.ome, étudia dans cette ville le Carrache et le Guide, et y peignit un Saint Sébastien pansé par Sainte Irène, que posséda dans la suite le prince Borghèse.

La correction de son dessin dans le tableau de la Madelaine mourante , concourt à prouver qu'il étudia utilement les deux grands maîtres que l'on vient de nommer. Quant à TelFet général, il est vigoureux, et le clair-obscur fort bien entendu.

Ce tableau a été gravé par H, GuUeiiberg.

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