LE MARIAGE DE SAINTE CATHERINE
Tableau de la Galerie de V Ermitage, peint sur bois.
Hauteur ir pouces, largeur 8 pouces 5 lignet.
Ce sujet est im de ceux que les peintres anciens se sont plu à représenter, non parce qu'il offre une circonstance remarquable de la vie d'une Sainte très-célëbre , puisque l'on n'est d'accord ni sur le lieu ni sur l'année ou Sainte Catherine reçut le martyre , et que ses fiançailles avec Jésus seroient au moins un anachronisme y mais parce qu'il offroit à la peinture un sujet extrêmement gracieux.
Le Corrége, doué d'vm esprit doux et délicat, qui lui fit toujours rejeter ce qui étoit trop expressif, ou trop prononcé , pour ne voir que le gracieux et le suave , ne pouvoit choisir un sujet plus analogue à son talent. Aussi le peignit-il jusqu'à trois fois. Le Musée du Louvre possède un tableau, gravé par Pican, qui représente ce mariage mystique. M. Landon l'a publié dans ses Annales du Musée , tome 6, planche 62. Il en existe encore un à Naples , que Capellan a gravé. Ce dernier n'est qu'une répétition de celui de la Galerie de l'Ermitage , il n'est composé que de trois figures.
La Vierge présente à son fils la main de Sainte Cathe*^ rine. Déjà Jésus lui tient le doigt, mais avant d'y placer l'anneau nuptial, il lève les yeux sur sa mère, comme pour lui demander son aveu. R.ien n'est plus simple, plus gracieux, plus vrai , plus séduisant que ce groupe délicieux. Divin Corrége ! peintre inimitable î toi seul pouvois don-
lier à ces trois figures ce charme inexprimable qui captlre tous les suffrages, et commande le silence au critique le plus sévère ! L'effet harmonieux que produisent la robe pourpre et la draperie bleue qui composent le vêtement de la Vierge, et la robe jaune tendre dont Sainte Catherine est habillée , mérite beaucoup d'éloges -, mais ce qui ajoute singulièrement au mérite de ce tableau , c'est la fraîcheur du coloris , et Feffet heureux de clair- obscur qui détache le visage de la Vierge de celui de Jésus.
Ce tableau fit autrefois partie de la célèbre Galerie de Modène, dans laquelle étoient aussi les fameux tableaux de Saint Georges, de Saint Jean Baptiste, de Saint Roch, et plusieurs autres du même artiste , qui ornent aujourd'hui la Galerie de Dresde , et que nous ferons connoitre. Il fut donné au comte de Bruhl par le duc de Modène à l'époque ou il céda sa Galerie à Auguste lll, roi de Pologne. La Galerie du Palais -Royal en pôssédoit une copie peinte stir bois par Louis Carrache , à peu près dans la dimension de l'original , \i pouces sur 8 pouces. Il a souvent été gravé, parce qu'on Ta toujours considéré comme un des plus beaux tableaux du Corrége. Les plus belles estampes connues sont celles de jP. JEJ. Moitte ; de G. Mantuan, qui l'a gravé deux fois; de Mercati, avec la date de Rome , 1 620. etc.
Ce tableau a aussi été gravé sur bois et en quatre planches, pour imiter le camaïeu. Cette estampe est attribuée à Hugo da Carpi, Il en existe encore un camaïeu de plus grande dimension par Antonio cla Trento,