‹ Choix de tableaux et statues des plus célèbres musées et cabinets étrangersChapitre 76 sur 124 · L'ADORATION DES MAGES · texte numérisé non relu

L'ADORATION DES MAGES

Tableau de la Galerie de Milan,

Hauteur 8 pieds 6 pouces , largeur 5 pieds 6 pouces.

L'auteur de ce tableau est peu connu. Selon Orlandi , Discepoli^ appelé aussi Zoppo da Lugano , il s'attacha à la manière de Proccacini , et s'en fit un style particulier qui plaît par l'élégance des figures et ^excellence du coloris. Le même auteur ajoute , d'après un manuscrit, que Discepoli mourut, l'an 1660, à l'âge de soixante-dix ans, Lanzi loue aussi le coloris de cet artiste.

Discepoli tient à la quatrième époque de l'Ecole milanaise. C'étoit un temps de décadence : très-peu de peintreî purent s'en préserver, et la dissension qui se mit entre eux contribua fortement à les rendre inférieurs à leurs devanciers. Leur Académie fut fermée pendant vingt ans. Discepoli mérita cependant alors d'être distingué des artistes ses contemporains , et produisit un assez grand nombre d'ouvrages recommandables. Le tableau dont on donne ici le trait est un de ses meilleurs.

Peu de sujets ont été aussi souvent traités que celui de l'Adoration des Mages. Les peintres , se conformant à une tradition vulgaire, les ont représentés comme des rois, quoique d'habiles critiques aient prouvé qu'il ne se trouve pas dans l'Evangile un seul mot qui puisse auto* riser cette assertion. Ce n'est pas ici le lieu de discuter ce point , qui , du reste , ne tiei^t en rien au dogme. Discepoli a suivi la route tracée, et adopte un sentimeul

favorable à Fart. Son principal mérite a été de ne pas se traîner cVune manière servile sur les traces d'autrul. L'ensemble de sa composition est pittoresque , le pinceau facile j et le coloris assez vigoureux pour mériter les éloges qu'Orlandi et Lanzi ont donnés à ce maître.

L'ouvrage cependant offre quelques - uns de ces défauts palpables qui tiennent à une école dégénérée , où l'on abandonne l'étude de la nature pour se livrer à des caprices qui ne sont pas toujours heureux. Par exemple , le petit Ange placé immédiatement au-dessus de la tête du Roi maure , est dessiné avec une extrême négligence. Au premier coup d'oeil ^ sa jambe et sa cuisse gauche semblent appartenir au côté droit de la figure , tandis que la jambe et la cuisse droites , ne s' attachant nullement au corps , semblent être une superfétation , un de ces jeux de la nature , que les naturalistes caractérisent avec raison par le nom de monstruosités.

Tout choquant qu'est un tel défaut , il ne doit point empêcher de rendre justice auxbelles parties de ce tableau. Il provient de l'église supprimée de Milan, dite de Saint Marcellin.

On n'a point gravé d'après ce maître, du moins la Bibliothèque Royale ne possède aucune estampe d'après lui.

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