‹ Choix de tableaux et statues des plus célèbres musées et cabinets étrangersChapitre 96 sur 124 · COMBAT DES AMAZONES · texte numérisé non relu

COMBAT DES AMAZONES

Bas^relief en marbre grec y dit Cipolla, Wusée de Vienne,

Longueur du Sarcophage, 7 pied» 10 pouces, sur 2 pieds 9 pouces de liiut*

L'antique existence des Amazones passe , parmi les modernes, pour une des nombreuses fables inventées par les Grecs. Cependant, si Ton accorde quelque foi à ce que dit Hérodote à leur sujet, on sera porté à croire que ces femmes ex.traordinaires furent réellement un peuple guerrier , nombreux et puissant , et que ce n'est pas sans raison que la fondation d'Eplièse , de Smyrne , de Mycène et de Paphos, leur étoit attribuée. Cet historien avoit observé , dans quelques contrées de la Phrygie , la coutume unique de porter le nom de la mère au lieu de celui du përe, et de déterminer la condition libre ou servile des enfans par celle de leur mère. Cette prépon* dérance des femmes, dans un pays où les Amazones passent pour avoir fondé des villes , nous paroît être une preuve presque irrécusable de leur existence politique. Si Ton s'autorise encore du récit que fait Piutarque, d'après un ancien historien, de la fameuse bataille qu'elles osèrent livrer aux Athéniens, dans l'enceinte mêmei d'Athènes, il ne sera peut-être plus permis de la révoquer en doute. Non-seulemeutPlutarque assure que leur campement dans la ville est prouvé par les noms qu'en retinrent plusieurs de ses parties , et par les tombeaux de celles qui périrent dans le combat , mais il désigne le lieu ou la paix fut jurée , et rappelle un sacrifice qui ; de temps immémorial , se faisoit tous les ans en leur

honneur. C^est, dit-on , parmi les ruines de Lacédémonc ^ que fut trouvé le bas-relief dont nous donnons la gravure. On assure qu'il fut apporté de Grèce dans les états de la maison d'Autriche , par Don Juan , fils naturel de Charles- Quint, après sa victoire naVale à Lépanthe. Ce précieux monument s'est vu pendant quelques années au Musée du Louvre. Il est retourné à Vienne.

La composition de ce bas - relief est un modèle de grandeur et de simplicité. On y trouve développé dans tout son éclat, ce principe heureux qui guidoit les artistes de l'ancienne école grecque, symétrie dans l'ensemble, et variété dans les détails. A. ce mérite il joint celui de l'exé^ cution Le style grec s'y montre dans toute sa pureté. L'accord des naïvetés de la nature , et des formes nobles n'a jamais été porté plus loin. La pose , l'action des figures^ leur caractère , le jet des draperies , tout est admirable pour la vérité , la grandeur et l'élégance»

Ce bas-relief est encore précieux par l'indication qu'il donne du costume des Amazones , différant ici de celui qui est le plus généralement connu. Ces femmes guerrières sont vêtues d'une tunique à plis serrés , du bonnet et de l'espèce de pantalon usité chez les barbares, et d'une sorte de sur* tout à manches pendantes et doublé de fourrure peu différent de celui que portent nos hussards, et jeté sur les épaules de ces femmes , à peu près de la même manière. Un tel vêtement, indique assez que ces guerrières venoient de ces contrées hyperboréennes, où il est encore en usage aujourd'hui.

Ce sarcophage a été gravé par M. Bouillon , avec cette pointe savante et originale qui distingue ses productions dans ce genre de toutes celles des autres maîtres des différentes Ecoles anciennes et modernes.

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