‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 2)Chapitre 112 sur 137 · TESTAMENT DE JEAN RACINE · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE JEAN RACINE

L'un des plus beaux génies et des écrivains les plus purs dont la Fran^ s'honore, Jean Racine, naquit à la Ferté-Milon, en Cnampagne, le 21 décembre i63g. Il fut élevé à Port-Royal-des-Champs , où des études fortes et sévères le familiarisèrent avec tous les chefs-d'œuvre de l'antiquité; et doué d'un goût exquis, se livrant à la carrière dramatique , il rendit la scène française rivale et quelquefois supérieure à tout ce que la Grèce , dans les plus beaux temps de sa splendeur , nous a laissé de plus admirable en ce genre. Sa carrière îut comme celle de tous les grands hommes , entre-mêlée de gloire et d'ennuis. Il fut longtemps comblé des faveurs du grand Roi ; en même temps il eut à lutter contre les injustices et les tracasseries de la jalousie; le dégoût qu'il en éprouva le fit renoncer au théâtre d'assez bonne heure; une sensibilité déplacée sur un mot de Louis XIV , le conduisit autombeauleaaavril 1699. Quatorze ans auparavant, en i685, il fit un testament d'une admirable simplicité, qui 9 en peu de mots, nous prouve que la bienfaisance et la charité étaient les principales vertus qui dominaient sa belle ame; par la suite, en 1698, il ajouta à cet acte un codicille, véritable monument de modestie et de piété. Tel était l'esprit dominant du XVII. • siècle : toutes les vertus chrétiennes se tenaient par la main chez les hommes les plus distingués, les plus considérables de la société, et l'on ne songeait pas à les taxer d'hypocrisie.

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