‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 2)Chapitre 116 sur 137 · DE LÀ PEYRONIE · texte numérisé non relu

DE LÀ PEYRONIE

> Je donne et lègue en outre à ladite communauté des maîtres en chirurgie de Paris, ma bibliothèque..*.

'Plus 200 livres par an pour acquisition de nouveaux livres, et 3oo livres pour le bibliothécaire, qui sera toujours choisi parmi les académiciens

> Je veux et ordonne que les deux maisons qui m'appartiennent dans la grand'rue de la ville de Montpellier soient détruites , et que sur leur terrain il soit construit lin amphithéâtre pour les démonstrations anatomiques et les logemens nécessaires pour les assemblées des maîtres en chirurgie de cette ville.

» Et pour la construction de cet amphithéâtre et de ses logemens , je donne et lègue à la communauté desdits maîtres en chirurgie de Montpellier , la somme de

cent mille livres une fois payées Si cette somme

ne suffisait pas , je charge ma légataire universelle d'y suppléer; et si au contraire elle était plus que suffisante, l'excédant sera employé en fonds sur la ville ou sur la province , et les revenus servirent au paiement des 'démonstrateurs et de leurs adjoints.

> Je donne et lègue à M.n* Issert , ma sœur , deux éents marcs de vaisselle d'argent s à choisir dans ma vaisselle, et je la prie de les transmettre après elle , à M.me Saulnier sa fille , si elle survit , à laquelle je les substitue en cas de besoin , pour en jouir par elles deux en usufruit seulement , et après leurs décès , être vendus , et le prix qui en proviendra employé en acquisition d'héritages ou rentes et appartenir à la communauté des maîtres en chirurgie de Paris et de Montpellier

> Je nomme en outre M."e Issert, ma sœur , ma légataire universelle , par usufruit seulement , des biens meubles et immeubles dont je n'ai point disposé par mon présent testament >

Le testateur termine cet article en disant qu'après le' décès de M."0 Issert et de M.me Saulnier, il donne et lègue les deux tiers desdits fonds de biens à la commu-

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nauté des maîtres en chirurgie de Paris , et l'autre tiers à celle de Montpellier. Et il règle ainsi l'emploi du revenu de ces fonds : pour Paris , 3ooo livres par an au secrétaire de l'académie de chirurgie..., 2S00 livres aux cinq adjoints des professeurs...., 5oo livres à l'adjoint du

démonstrateur des accouchemens , enfin dépenses

jugées nécessaires pour le progrès et avantage de la

chirurgie Quant à Montpellier, 4°°° livres chaque

année, aux quatre démonstrateurs en chirurgie et anatomie, et à leurs quatre adjoints..., 1000 livres, dont 5oo livres au démonstrateur des accouchemens , et 5oo liv. à son ad joint..., enfin dépenses jugées nécessaires... Il entend qu'aucun de ces paieniens ne soit effectué quo sur des certificats de l'exactitude avec laquelle les cours auront été faits

Il nomme pour exécuteur testamentaire M. Nepveu, trésorier général du sceau, et lui donne un diamant de 10,000 livres

« Ce fut ainsi fait , passé, dicté et nommé à nous dits notaires par ledit sieur de la Peyrônie, auquel l'un de nous en présence de l'autre , a fait lecture distinctement de son dit testament qu'il a dit avoir bien entendu , et y a persisté. Audit Versailles s ledit jour 18 avril 1747» efa signé avec nous. La minute dûment contrôlée et insinuée le 24 avril par le sieur Lienard, qui a reçu 1676 liv.' 8 s.. Ladite minute demeurée audit maître Alain,' notaire. Signé Raux Raulànd et Alain, notaires, avec paraphe.

A la suite du testament est un codicille fait le 20 avril, par lequel M. de la Peyrônie veut que le secrétaire de l'académie royale de chirurgie entre en jouissance de* trois mille livres par an qu'il lui lègue , à dater du jour de sa mort, et non de celle de M.me Issert ou de M.ma Saulnier , comme il était stipulé dans l'acte précédent.

Tel est le testament de M. de la Peyrônie , qui est mort cinq jours après l'avoir terminé le 25 avril : on y voit

par le détait des principaux legs que sa pensée dominante était le bien public et la perfection de la chirurgie , pour laquelle il sollicita toujours la protection du roi. Ajoutons que cet habile chirurgien ne refusait jamais son ministère aux pauvres ; que sa main habile et généreuse Içur prodiguait des secours de toute espèce; que sa maison , et surtout sa terre de Marigny , étaient l'asile de l'indigence et de l'infirmité. Il avait le projet, quand la mort le surprit , de fonder à Marigny un hôpital qu'il aurait desservi lui-même , lorsqu'il se serait retiré de la cour.

C'est à l'obligeance extrême de M. Beuchot , que nous devons la communication du testament en question , qui a été publié par les soins de M. Quesnay, et imprimé à Paris en 1747 > 1» pag. in-4«*

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