‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 2)Chapitre 7 sur 137 · TESTAMENT D'UN PAYSAN · texte numérisé non relu

TESTAMENT D'UN PAYSAN

Sur la fin du dernier siècle, vers 1781, un paysan des environs de Toulouse , n'ayant point d'enfans et étant dangereusement malade , voulut faire son testament avant de mourir. Cet homme avait toujours eu beaucoup d'affection pour un de ses chevaux qui avait le poil roux. Il parait qu'il conserva cette affection jusqu'au dernier moment , puisqu'il fit en faveur dudit cheval un testament conçu en ces termes :

« Je déclare que j'institue mon cheval à poil » roux mon héritier , et je veux qu'il appartienne ? à N , mon neveu* *

On pense bien que ce testament fut attaqué; mais ce qui surprendra peut-être, c'est qu'il fut confirmé.

Un très-grave jurisconsulte (Claude Serres, professeur de droit français à Montpellier) nous apprend le motif de cette décision. Ce célèbre professeur nous dit : « Que le testament fut déclaré valable , et que la succession du testateur fut adjugée au neveu qu'il avait désigné propriétaire du cheval; parce qu'on regarda que la simplicité du villageois devait assurer l'exécution de sa dernière volonté , et qu'ayant désigné son neveu, celui-ci devait être son héritier. » (Journal de Paris du 3 déc. 1782.) Je dois encore l'indication

d'un paysan. 9

de cet article à 1 obligeante amitié de M. Breghot du Lut , de Lyon.

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