SUPPLÉMENT
Qcelqcb soin que bous ayons mis, en eouunen* çant notre travail sur les testament., à réunir tous ceux qui nous paraissaient les plus intéressons et les plus conformes au plan que nous nous étions tracé , il était impossible que nous pussions nous flatter d'avoir recueilli tout ce qu'il y avait de plus essentiel dans cette partie : ces sortes de nionumens, surtout les anciens , ne se découvrent guère que successivement et souvent par hasard,. Aussi le premier volume de notre ouvrage était à peine imprimé , qu'une certaine quantité de pièces importantes, tenant la plupart à l'histoireancienne, ou aux premiers temps de notre monarchie , ou au moyen âge , nous sont parvenues. 11 n'était plus temps de tes mettre à leur ordre de date. Ne voulant pas > cependant , priver nos. lecteurs de ces testamens dignes de figurer dans notre recueil , et cherchant à rendre notre travail Le moins incomplet possible, nous nous sommes décidé à placer toutes ces npuvelles pièces dans
5â& TESTAMENT
un supplément. Elles sont disposées comme il suit ;
TESf AMENT DE PLATON.
( S4S ans av. J.-C. )
Au nom du divin Platon , tout ce que la philosophie a de plus sublime , l'éloquence de plus entraînant » le style de plus doux» se présente à l'esprit. Fils d'Ariston et de Périctioné, Platon vit le jour à Athènes, Tan 4 de la 87.* olympiade, 429 ans av- J--C , le même jour, diton, que les habitons de Délos croient qu'Apollon naquit. Son vrai nom était Aristoclès, et celui de Platon lui fut donné par Ariston son maître de lutte, soit à cause de sa forte constitution , soit à cause de ses larges épaules , soit à cause de la largeur de son front. Les anciens vantent la beauté de sa figure et la noblesse de son .maintien. Né avec une imagination brillante , il se livra d'abord à la poésie , qu'il quitta aussitôt qu'il eut entendu Socrate son maître , et dès-lors tourna toutes ses méditations vers la philosophie. Il resta huit ans à l'école du sage d' Alopèce , et après la condamnation de celui-ci , il se rendit h Mégare , puis alla dans la grande Grèce, et passa ensuite en Egypte, où, fréquentant les prêtres , il prit cette teinte solennelle et même mystique qui caractérise sa philosophie. Il fit encore trois voyages en Sicile, l'un après son retour d'Egypte, auprès de Denys l'ainé , les deux autres auprès du fils de ce prince , qui l'engagea à venir passer quelque temps à Syracuse. Enfin de retour dans sa patrie , il fonda l'école connue sous le nom d'ACADÉviE, du lieu où il assemblait ses disciples , gymnase ou collège entouré de bois près de la ville et qui se nommait ainsi à cause d'Académus, demi-Dieu. Il s'écrivait autrefois Hecademus. Platon , h qui de nombreux et admirables ouvrages assurent l'im*
DK PLATON. 3^9
mortalité, mourut l'an 1 de la 108.' olympiade— 34& ans av. J.-C. , âgé de 81 ans. On l'enterra dans l'académie même avec beaucoup de solennité. Il eut deux frères nommés Àdimante et Glaucon , et une sœur nommée PotOne, qui fut mère de Speusippe. II laissa un fils portant aussi le nom d' Adimante.
Le testament de Platon n'offre rien d'extraordinaire f mais il est intéressant , soit à cause de son antiquité , soit à cause du nom du testateur , soit enfin à cause de la forme très-simple usitée chez les Grecs pour ces sortes d'actes. Le voici tel que nous l'a transmis Diogène~Laërce:
« Platon laisse et lègue ce qui suit : la métairie a d'Ephestiade , bornée au nord par le chemin qui vient
> du temple de Céphisiade; au midi , par Héraclée des
> Hépestiades; à l'est, par Archestrate de Phréare; et à
> l'ouest, par Philippe de Çholide. Il est défendu de la » vendre ou de l'aliéner; mais elle appartiendra à mon
* fils Adimante qui en jouira en toute propriété. Je lui
> donne également la métairie des Enérésiades , située
* entre Démostrate Xipétaron vers le midi , Eurymédon
> de Myrrhina à l'est , Céphise à l'ouest , et Callimaque
> au nord; c'est de celui-ci que je l'ai acquise par achat. > Je donne de plus à mon fils Adimante trois mines
* (1) en espèces, un vase d'argent du poids de i65 » drachmes (2) , une coupe de même métal qui en pèse » 65 , un anneau et un pendant d'oreille en or, pesant
> ensemble 4 drachmes et 3 oboles , avec trois mines
> qui me sont dues par Euclide le tailleur de pierres. » Je dégage Diane de toute servitude; mais pour
» Tychon, Bictas, Apolloniadeet Denys, ils continueront
(1) Cette somme était bien modique; car la mine composée de joo drachmes, ne valait que 90 fr. . et il fallait soixante mines pour un talent, estimé 5,4oo fr.
(3) La drachme ( poids ) équivalait à 79 de nos grains oa un gros et sept grains, le gros pesant 73 grains. Huit gros forment une once.
33q testament
> d*être esclaves de mon fils Adimante , à qui je laisse
> aussi tous mes meubles et les autres effets spécifiés
> dans Pinveataire qui est entre les mains de Démétrius,, » Je n'a f aucune dette , et j'institue pour curateurs et
> administrateurs du présent délaissement , Speusippe ,
> Démétrius , Hégias x Eurymédoa , Gallimaque et Tra- * sippe. >
Tel est le testament de Platon ;• il paraît que la date m'était pas de rigueur, car cet acte et les suivans n'en portent aucune % à moins que les copistes ne- Paient négligée..