‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 2)Chapitre 96 sur 137 · DS CHRISTOPHE COLOMB · texte numérisé non relu

DS CHRISTOPHE COLOMB

la bibliothèque de Corsini à Rome; il fut examiné avec le soin le plus scrupuleux par le savant abbé Andrès , qui le communiqua à Tiraboschi. Celui-ci en ayant pris copie , l'inséra en note dans sa dernière édition de l'histoire littéraire d'Italie.

Mais lohgtemps ayant ce codicille (en i49&)» Colomb avait fait un testament , qui a bien existé réellement , quoique son fils Ferdinand Colomb n'en ait pas parlé dans la Vit de son père, publiée vers i53o, et traduite en français par Cotolendi; Paris, 1681 , s vol. m-12. Cet acte subsiste encore; on dit qu'en Espagne on en a déchiré une page et que Ton a altéré plusieurs chiffres. Ce testament a été publié dans cet état d'imperfection , et même on en a vu des copies sans signatures. Mais on le retrouve complet et muni de la signature dans le rapport d'une commission nommée dans le sein de l'académie des sciences et des lettres de Gênes , et composée de MM. Serra, Carrega et Piaggio; un extrait de ce rapport existe dans Y Histoire de Christophe Coiomb, traduite de l'italien de Bossi, par C. M. Urano, Paris, 1824» in-8.°, pp. 59—86. Malheureusement ce testament n'est point rapporté dans cet extrait , et nous n'avons pas sous les yeux l'original du rapport; mais il parait que cet acte a été frappé de nullité , soit par un testament postérieur , dont une lettre de Colomb , datée de Séville, i5o2 , donnerait l'idée, puisqu'il y parle d'un don considérable ou plutôt d'un legs en faveur de la banque de Saint-Georges ( de Gênes ) , soit par le codicille que nous allons rapporter , et où cette disposition serait tacitement révoquée.

Tenons-nous en donc à ce dernier acte, dont l'authenticité parait démontrée, bien que plusieurs auteurs l'aient regardé comme apocryphe , surtout à cause de sa forme militaire. Quoi qu'il en soit, le voici'tel qu'il a été trouvé , autant que je puis le croire , sur le feuillet blanc d'un livre de prières ( Heures de la Vierge \, ri-

chement orné, dont le pape Alexandre VI avait fait présent à Colomb , qui y attachait le plus grand prix , puisque ce livre est le premier objet dont il dispose en faveur de sa chère patrie dans ce codicille.

CoDICILLUS MORg MILITARI ChBISTOPHORI CoLOMBI (l).

Cura SS. Alexander PP. VI me hoc devotissimo precutn Libello honorârit, summum mihi prabente sotatlum in captivitatibus , praliis , et adversitatibus mets , volo ut post mortem meam pro memoria tradatur amantissimte meœ. patriœ reipuèlicre Genuensi; et ob bénéficia in eadem urbe recepta volo ex stabilibus in Italia redditibus erigi ibidem novum hospitale , ac pro pauperum in patria meliori *substentatione, deficienteque linea mea masculina in admiraltu meo Indiarum et annexis juxta privilegiis dicti régis in successorem declaro et substitua eamdem rempublicam Sancti Georgii.

Patum Valledolitit 4 mai(- i5o6.

XPOFERENS.

(i) Traduction :

Codicille de Christophe Colomb, selok là forme militaire.

« Le très-saint père ( Alexandre VI ) m'ayant gratifie' de cet excellent livre de prières qui m'a donné de grandes consolations dans les combats, dans ma captivité et dans mes malheurs, je veux que ce présent mémorable soit dévolu après ma mort à la république de Gènes, ma très— chère patrie. Je yeux aussi qu'en reconnaissance des bienfaits que j'ai reçus dans ladite ville, il y soit érigé un nouvel hôpital avec les fonds provenant de mes possessions en Italie, pour la subsistance des pauvres de ma patrie. Je déclare en outre qu'en cas d'extinction de ma ligne masculine, je constitue ladite république »de Saint-Georges (Gènes) habile à succéder à Pamiralat des Indes et aux autres privilèges annexés à cette charge.

» Fait à Valladolid, le 4 m*i i5o6V»

( Suit la signature de Colomb, )

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