‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 3)Chapitre 69 sur 123 · ÉPITAPHES D'ECOCIS ET DE LYON · texte numérisé non relu

ÉPITAPHES D'ECOCIS ET DE LYON

(Vente XV.* siècle.)

Voici encore deuxépitaphesémgmatiques. De cesdeux

petites pièces, l'une existait dans La collégiale d'Ecouis:

' ( Eure ),; elle est fort connue et a été citée par H. Alexandre

Le Noir dans ses Observations sur ta peinture ew terre:,

. in-8.° de 17 p. , fig. La voici :

Ci-gU l'eufiuii, ti-g-it le père, G-glt la «ear, ci-git le frère, Ci-glt U femme et le mari; Et ne sont que deax corps ici.

L'autre se lisait contre une muraille à Lyon , au-delà, de la porte dite Porte d'Halincowt, qui confine la ville de ce coté, au quartier de Serin, faubourg sur la rive

3,g,t,zeCb,G00gle

singulières. 3i;j

droite de la Saône. Cette épitaphe de Lyon a un vers et un personnage de plus : elle se trouve dans un petit volume intitulé : Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant , nouvelle édition, augmentée d'épitaphei et autre* pièces curieuses (par Bourreau Deslandes ). Amst., 1 71)8 , petit in-iv Assez médiocre ouvrage. L'épitaphe en question y est p. 2 16. Elle a été aussi rapportée dans plusieurs autres ouvrage s, particulièrement dans Lyon telqu'il était, etc., par M. Aimé dmllon. Lyon, 1807, «1-12, p. 120.

Ci gît le fils, ci-g!t h mère, Ci-gît la fille avec lu père, Ci-glt la sœur, ci-glt le frère, ■ Ci-glt la femme et le mari; Et ne sont que trois corps ici.

On voit que cette seconde épitaphe est dans le même genre que la première. Cela donnerait à penser que cette pièce a été faite à plaisir , ou du moins que celle d'Ecouis est l'originale , tandis que celle-ci ne serait qu'une nouvelle édition augmentée; car il n'est pas présumante que l'inceste effroyable qui fait le fonds de cette épitaphe ait été commis deux fois. Rien de plus facile que de faire une troisième édition qui rendrait cette pièce encore plus compliquée, en y ajoutant un personnage et deux vers :

Ci-glt le fils, ci-glt la mire;

Ci-glt la fille avec le père;

G-gll 1» sœur, ci-gil le frère;

Ci-glt la femme et le mari;

Ci-glt arec eus la grandWrc}

Ci-gît le petit-fils aussi; Et cependant ne sont que quatre corps ici. Mous avons donné l'explication de l'épitaphe de Lyon dans nos Amusement philologiques. Dijon, Lagier, 1824, ("n-8.* de 5i8 p. Voyez p. 171. Cette explication peut également convenir aux deux autres; on fera seulement attention que la mère des deux époux ne figure pas dans la première, qui-est celle d'Ecouis, et qu'elle figure avec son petit-fils dans la troisième, qui nous parait faite à plaisir.

Puisqu'il est ici question d'una énigme qui tient au

3,g,t,zeCb,G00gle

3l8 ÉPITAPHE3

dernier acte de la vie (une épitaphe ), uous nous permettrons d'en citer une autre qui tient aussi à un acte de la vie, mais à un acte tout opposé, c'est-à-dire à la naissance, ou plutôt à un baptême, cérémonie qui accompagne ordinairement la naissance. Ce baptême eut lieu, dit-on, à Birmingham en 1 8u5 : « On y vit figurer deux pères, deux grands- pères, deux beaux-pères ; deux mères, deux grand 'mères , deux belles-mères; deux beaux-frères , deux belles-sœurs ; deux maris , deux femmes ; deux oncles, deux tantes. Comptez sur vos doigts , vous trouverez vingt-quatre personnes ; il est cependant très-certain qu'il n'y avait que quatre individus présens, et que le calcul n'en est pas moins juste. »

Nous livrons ce problème à la sagacité du lecteur. Il est encore un acte essentiel de la vie qui tient le milieu entre les deux précédens et qui n'est pas moins important , c'est le mariage. On en trouve aussi qui peuvent offrir quelque singularité. Par exemple, en 1818 , il s'est fait dans le comté de Lancastre, encore en Angleterre , deux mariages qui ont produit une alliance singulière. Un gentleman épousa une dame dont peu après le frère épousa la fille de son mari, née du premier lit. Les deux couples vinrent à avoir chacun un enfant , le premier une fille, l'autre un garçon. U arrive par con- • séquent que cette dame est à la fois mère de son frère , sœur de sa fille, et grand'mère de son neveu; que sa petite-fille est nièce de sa sœur, tante de son cousin, et sœur de son oncle; que le jeune homme est frère de ses père et mère, fils de sa sœur, oncle de sa femme, et frère de sa nièce ; que sa femme est sœur de ses père et mère, fille de sa sœur, nièce de son mari, et tante de sa sœur; que son fils est petit-fils de sa tante , la plus âgée de ces dames, et le cousin de la petHe-nHa , sa tante (1).

(1) Tous les jouruBui ont donné cette tneedote en 181g, et tous Tout répétée en 1836, comme si elle venait d'avoir lieu dan» celte Minée.

3,g,t,zeCb,G00gle

SINGULIÈRES. 3l9

in.

ÉPITAPHE D'UN ABBÉ DE CLAIRYÀUX (i).

(Vers le XV.' siècle).

Clara $unt valles, sed clar'u vallibus abbas

Clarior lits ctaram nomen in orbe dédit. Clariu mit, ctarui merttù et ctarus honore,

Ciariu et ingénia , relKgione magù Mort est clora, cime ctarus clarumque tepalchrum,

Clarîtu exultai spiritus ante Deam.

Page 1