‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 3)Chapitre 71 sur 123 · ÉPITAPHE DE DEOX ÉPOUX · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE DE DEOX ÉPOUX

(Vers le XVI* siècle).

Felices quibus una fuit mens semper, et una

Quos tutit hora timat, quos tapis anus habet.

Cette épitaphe n'a certainement pas été composée par un certain Jacques Lorens, qui a orné le tombeau de sa femme de l'épi gramme suivante , si connue et qui plaisait tant à Boileau ;

Ci-^lt n» femme ; an ! qu'elle' est bien Pour sou repos et pour le mien !

Ce J. Lorens était un magistrat qui a publié vingt-six satires en 1646; il est mort en 1648, âgé de ?5 ans.

Sa chère épouse n'aurait-elle pas 1111 peu ressemblé àM." Benoît, dont le mari Elie Benoit, réfugié français, est mort en Hollande en 1728. Voici le portrait que ce pauvre époux fait de s'a tendre moitié , près de laquelle il parait que Xantippe eut été un ange de douceur : e Valorem duati vitiis omnibus quateonjugi pacemamanti gravia esse possunt imptieitam; avara, procax, jurgiosa, inconstant et varia, indefessâ contrai! icendi tibidine, ptr annos quadraginta septem miserum eonjugem omnibus diris affec'tt. » Mon profond respect peur les dames m'empêche de mettre ce

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aiNGULiànss. Bai

inorceâu en français sons leurs yeux; je me contenterai d'en donner une légère esquisse en note (i). Ce pauvre M. Benoît eut bien été dans le cas de faire graver sur le tombeau de sa femme l'épitaphe suivante, que Charpentier a imitée de l'Anthologie :

Reçois de moi, chère moitié { ...

Four gage de mon amitié , Ce tombeau qu'aucun na l'envie.

3e dois bien justement te rendre cet honneur 4 Car le dernier jour de ta lie Fat le premier de moii bonheur.

ÉPÏTAPHE btjk ivrogne.

V'tna dabànt vilam , mortem miki vin* dedà-e.

Sobriu* auroram cernere non potui; Ou* merunt tit'umt, v'ino tumperge stputchram ,

Et cutice epoto-, cartviator, ait (a).

Vit.

AUTRE ÉPÏTAPHE fc'rm Alimun» 401 «tait mots pt Mftn cisv

P"uia dfdtre neci Ccrmanum, vina se-pulchro Fonde, litim nondum finiit atra die». .

« (0 J'ai pris, dit a peu près riafortraié Benoit, mu femme * ayant tons les défaut» les plus insupportables pour un mari aimant » i» pais. Avare , insolente , baigneuse , inconstante , «t habile à varier' ■» son infatigable plaisir de contredire, elle à, pendant QUiiiSTr- » sept iss , accablé son misérable époux de tous les maux, iiuagi— -» nables. » Quarante— sept an», grand Dieu! quel bail, et surtout qaelle patience 1 Si M. Benoît n'eût pas été réfugia-il y aurM en de l'étoffe pour quatre canonisations au moins.

(3] Cette é[jit»phe» sans doute été faite sur la testament de Sergius de Pois, que nous avons rapporté' ci-devant.

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