‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 25 sur 91 · TESTAMENT D'UN BRUXELLOIS · texte numérisé non relu

TESTAMENT D'UN BRUXELLOIS

Un richeparticulierde Bruxelles, mort en |utDet

iSî?/!, a orchtiiiK- |)ar son teslaiin'nt qu'il ne lui lut tait qu un service lunèi^rc de troisième classe, mais que le jour de ce service, il fût distribué aux pauvres 1000 pains et 1000 plaquettes ( la plaquette vaut 6 sous el (l< mi de r ianc( ) , el que semblable distribution lut faite chaque mois pendant les six mois de rarrièrensabon et de l'hiver suivant.

TESTAMEJNT BU COUTE DE LÀ MIRANDOIE.

Le comte de la Mirandoic , mort à Lucques en décembre 1 Sâ5 , a fait un testament que Ton dit singulier ; mais on n^en a cité qu'un article : c'est

un legs fait à une carpe qu'il nournssait depuis i8o5 dans une piscine antique^ au milieu de son salon , et qui y vit encore (1).

TESTAMENT DE D. MARTINETT.

(Vers i8a5.)

Si Toriginalité est une des coodi lions pour qu'un acte de dernière volonté figure .dans notre ouvrage, nous devons très^ertainement y ad- ^ mettre celui de l'Anglais Daniel Martinett , dont les dispositions sont marquées au coin de la singularité , surtout par une clause où le testateur se rapproche un peu d'Eudamidas, dont nous avons parlé au commencement de notre Recueil. Celui-ci, ne laissant aucune fortune, légua sa mère et sa fille à deux amis j et Marti-

(1) Nous avons déjà eu plusieurs fois occasion de parler de legs faits à des animaux ou de monumens qu*on leur a élevés ; n^oublions pas le comte d'Abingdon qui» il y a plusieurs années, a orné son parc 9 dans le Wllfshire» d*un superbe mausolée en albâtre 9 élevé à la mémoire de TuD de ses chevaux bai^.

iÈO TESTAMENT

nett, plus pauvre encore qu'Eiidamidas, légua ses dettes au gouverneur du Bengale, qui se

montra aussi généreux que les deux amis grecs, puisqu'il accepta le legs.

Voici les principales dispositions du testacpent anglais :

« Je soussigné, Daaiel Martinett, parfaitement sain d esprit, quoique faible de corps, déclare faire mon testament de la manière suivante :

• 1.* Je recommande mon ame â Dieu, et

J'espère ob tenir de lui le paixlou de toutes mes fautes.

• 2/ Quant à ce corps misérable, comme il a bien assez vu de pompes dans ce bas-monde , tout ce que je désire , c*est qu'on lemporte dans un vieux coffre vert, pour éviter toute dépense, car, ayant vécu en prodigue , je veux mourir en économe.

» 5. " Mon enterrement ne doit rien coûter : j 'en ai gagné les frais à l'entrepreneur des pompes funèbres , dans une partie de billard que nous avons faite on présence de MM. Thomas Mortce et William-Parkcs, chez ledit William-Parkes, au mois de février dernier*

» li.^ Je demande que le révérend M. Henri Butler lise les prières d'usagr aux enlerremens, et de plus qu'il prêche un sermon le premier dimanche, après mon décès, en prenant pour texte ces paroles de Salomon : tout est vanité. En considération de ce petit service, je lui lègue toute mon hypocrisie ; il en a besoin pour être bonuête homme comme on Test aujourd'hui.

» 5/ Je lègue au gouverneur ilturi Wauisittart

DB D« MARTINETT. âSl

le som de payer toute somme ou sommes d'ai^ent dont je me trouverai redevable à des personnes peu aisées de celte ville. Le tout ne monte pas à plus cîc trois cents roupies (i).

» 7/ Je donne ma bil)Ie et mon livre de prières au révérend Henri Buller, et mon sabre au capitaine Knox , parce que je crois sincèrement qu'il a non-seulemeat 1 adresse, mais le courage de s en servir.

» J'ai été pendant ma vie l'objet des plaisante^ ries tl uii gentleman à la mode , et le point de mire de ses sarcasmes : il est vrai que ma conduite était un peu extraordinaire; j'espère lui pardonner*

» Comme je n*ai rien à laisser à mes j)ar< iis tlans ma patrie, je n'ai rieu non plus à en dire ; au reste ils ne se sont guère occupés de moi depuis longtemps. Seulement je leur souhaite â tous une bonne santé, et je désire que mes frères et sceurs £asseut un voyage plus prospère dans cette vie que celui que j'y ai fait »

Signé DmizL Mariinett,

Ce testament a été déposé dans les bureaux de Tenregistrement à Calcuta. Le testateur est mort vers iÔ25.

(1) La roupie d'or vaut 38 fr. 72 oeut. , cl la roupie d*ar^ent vaut a fr. 4^ cenik. De laquelle est*il.ici question ? c'est ce que j'ignore. Dans tous les cia, le testa- Uitxé'àb laissait pas des dettes ezhorbitantes : en roupies Jtùt, il ne devait que 11,616 fir^; et si c'était en roupies d'argent , il ne devait que 726 fr.

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