TESTAMENS ANGLAIS
(De a ibaS.)
On a souTeDt parlé d e loriginaltté des Anglais ; iioiis*iiiéine en avons déjà cité plusieurs traits en
fait de disposilions testamentaircâ. Eu voici de nouveaux exemples :
^ Un riche particulier de Londres meurt et laisse a miss B qui ne le connaissait nulle*
ment , une lortune qui se monte à plusieurs miliioDS ; on ne devinerait jamais quel a été le motif d'une générosité aussi considérable et aussi imprévue* Il faut citer l'article même du testament ; il est ainsi conçu :
« Je supplie miss B d'accepter le don de
9 ma fortune entière, trop fiiible auprès des » inexprimables sensations que m'a fait éprouver » pendant trois ans la contemplation de son 9 adorable nez« »
Après l'ouverture du testament, les hommes
de loi se rendirent chez miss B pour lui faire
signer lacceptation du legs. Grand étoonement de la part de cette dame ! Le nom du légataire lui est absolument inconnu , et rien dans sa généa^ logie la plus reculée, n'en approche. Bien embarrassée, craignant une erreur ou une mystification, elle demande si le défunt est enterré. — « Non , lui dit-on. — Conduisez-moi près de lui. » — Ici rétonnement devient général :
« c'est lui ! s'écrie miss B , après avoir fait
découvrir le défunt ; c*est l'homme qui , pendant
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trois ans, me poursuivit de ses hommages, de ses vers en T honneur de mon nezl A Uyde-Park, d Covent-Garden , il était toujours devant moi , et fixait continuellement ses regards sur moi. »
On ouvre les papiers du défunt; ils contiennent plusieurs ëpitres ébaochées en l'honneur du joli
nez de miss B ; plus de cinquante croquis le
représentant de face, de profil, de trois quarts. On reiit le testament , et point de doute que miss
B ne soit véritable légataire. En conséquence
elle accepte la succession , et les pauvres parens du déiunt n ont qu'un pied-de-nez. Ce qu'il y a de singulier dans cette aventure , c'est que , sauf un nez fort prononcé , cette dame n'avait rien de remarquable dans la physionomie.
Passons â un autre testament fait en faveur
d une dame anglaise non moins heureuse que la précédente.
Cell&«i, lady S«... , ne se faisait remarquer que par une laideur extraordinaire , et cependant elle inspira la plus vive passion à un jeune Anglais de la plus heureuse physionomie et immensèment riche. La timidité et la réserve accompagnent ordinairement le véritable amour ; aussi notre jeune Céladon n osait hasarder la moindre déclaration ni même approcher du singulier ob)et de sa passion. Pendant deux hivers , on le vît à rOpéra de Londres se tenir constamment vis-à-vis la loge de lady S, pour la contempler , mais sans chercher à liû parler. Enfin le pauvre jeune homme, consumé d'un amour aussi bi-
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zarre , meurt , et par son tcslament laisse toute sa
fortune à lady S Cet héritage monte, dit-on ,
à près de huit millions.
En 1776, il mourut à Londres un particulier
qui avait amassé dans le commerce une fortune de 60,000 liv. sterling. 11 avait. fait un de ses cousins, qui n'était point négociant, son légataire universel, avec cette singulière clause, qu*il serait obligé de se rendre tous les jours a la iîoursc cl d'y rester depuis deux heures jusquà trois. Ni le temps ni ses affaires ne devaient jainaisreinpècher de s'acquitter de ce devoir, et il n*en était dispensé qu'en ctis de maladie. Sans cette dernière circonstance bien prouvée, était-il dit dans le testament , il perdrait toute la fortune de son parent ; et s'il omettait un seul jour de remplir son engagement, certaines fondations, que l'on nommait , auraient le droit de se mettre en possession de Théritage. Le bon honmie voulait par là rendre une espèce d'hommage à la Bourse, où il avait amassé toute sa fortune; mais cette fortune du défunt fit un esclave de son héritier. Ce n'était jamais que le dimanche qu'il pouvait 8*éloiguer de Londres , la Bourse étant fermée ce jour-là. Cet homme manifestait u^ mécontentement extrême, il ne pouvait pas même faire le plus petit voyage , il lui fallait constamment arranger toutes ses a flaires et ses visites de manière à ne point manquer Theure de la Bourse. 11 demeurait dans la partie ouest de Londres , c'e^tà*dire A une lieue de la Bourse , où , après avoir