DE DEUX POITEVINS
» que son corps* seroit enfermé dans une peau » de pourceau conroyéc , et ensevely de bout
» devant le grand autel de Téglisc , sur uuc pile » de charbons, donnant pour raison de son » dire , qu'il n'y a point d'autre Dieu au monde » que rincorruptibilité du corps et que les char- » bons et la peau de pourceau bien conroycc, » estoient deux suÛisans moyens pour empes- » cher la pourriture. » Cet homme était fort riche , il avait beaucoup d'argent comptant , qu'il cacha dans une salle basse sur le plafond de laquelle il avait iait peindre les douze signes du Zodiaque et les planètes. Les murs étaient couverts du mot mille fois répété, grippilleminy; sur la porte de la salle était écrit en grosses lettres gothiques : qui potest gapere càPUT ; et au milieu de la voûte on lisait : qujebite et inve- NiETis. Il fit publier par son exécuteur testamentaire que ses trésors étaient dans cette salle , que tout le monde pouvait y entrer pour les chercher et que le 'tout serait de bonne prise pour celui qui les aurait trouvés. Il ordonna en outre que son corps iùt porté en terre le plus joyeusement possible , priant tous ceux qui lui feraient l'honneur d'assister à son enterrement, d'avoir une branche de laurier â la main au lieu de cierge. C'est â l'issue de l'office de ses obsèques que la salle devait être ouverte à tout le monde pour aller fourr.iger ses trésors. Mais l'hisloire rapporte que ses domestiques y avaient^ mis bon ordre, même avant la mort de leur maitre; et, selon toute apparence le legs des fourrageurs fut réduit à bien peu de chose.
Le P. Garasse dit « que si, dans le testa-^ » ment de Cortusio ( doat nous avons parlé , » tom. I , p* 70 ) 9 il y a des niaiseries et des » impiétés insupportables , on trouve dans celui*- » ci des tranchées lunatiques qui déposent de À la folie du personnage. »