SECOND TESTAMENT
« G£ testament-ci y plein d'impiété, dit le P, Garasse , est encore d'un yieux athéiste assea cognu sur les lieux jK)ur les desbordemens de sa vie. Cet homme qui n'avoit trop vescu que de soixante ans., mourut Faa 1601 » en février^ sur les confins du bas Poictou , dans m prieuré qui lui appartenoit, et fil un testament aussi meschant qu'on sçaurodt faire au milieu de la Turquie, car* il ordonna :
» I. Que son corps ne seroit point ensevdy en terre saincte, mais au milieu du marché, et dans uu lieu prolane, afin que ses os se ressentent des danses villag^ises qui se font eqi cçtte place tous les après souper d'été.
» II. Qu'estant mort en février (i) , il ne touloit pas qu'on fist ses obsèques en ce mois » qui est un mois mélancolique , mais qu'on attendist au premier jour de may qui est le mois de resjouissance.
« 111. Que tous les ans , au premier }our de may ,^ cherdhast quatorze jeunes enduis , vier-*
(1) Il est a«8ez singulier qu'un homme dise dans son: testament ^u'il est mort en février, le sèle fougueux da ^. Garas'te n\ regarde pas de si près.
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DE DEUX POITEYIN8. 2G9
ges, de Fage de dix ans , les plus beaux que Ton pourcDÎt ^uver deux lieues i la ronde ^ sept
gai cous et sept filles, lesquelles on vestiroit le plus pompeusement que faire se pourroit, les fiUes les ebeveux espars, et les garçons un chapeau de fleurs en leste.
» IV. Qu*en cet équipage ils s'en iroient danser aulojur de sou sepulchre, chantans chansons loyeuses et libres , et puis s'estant entrelassez en h|8 4'aQC|0ur, planteroîent leurs branches de laurier dans les lions pratiquez expressément sur la pierre de sa tombe.
» y«4|||«i'apres ces entrelas et accolades , les garçons d'un costé et les filles de l'autre dévoient entoiiiH T un bransle de Poictou , le plus gay qui se fust composé en toute Tannée.
/» ¥i* Qu'après -cela la messe se devoit dire en j^tm marché sur une table ^ ou sur un autel porta^f qui seroit dressé à cet effet joignant sa tpmfae. »
c Ce testament, ajoute Garasse , ayant été
présenté en pleine cour du Parlement, fut trouvé si profane et plein d'impiété , que le^ exécuteurs testamentaires ont été relevez de ces charges par arrest , avec défense expresse de continuer ces momeries , comme estant contraires au scnliment du chrisUanisme. » Les mots continuer ces mesmeries annonceraient qu'elles ont eu lieu peu* dant quelque temps.