‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 4 sur 91 · DE GE08I.EY. I · texte numérisé non relu

DE GE08I.EY. I

du cœur, qui n appartient quaux amcs fortes et libres. 11 n'a pas joui de son triomphe. Clément XIV lui en eût procuré les honneurs, en fiiisant déposer sur son tombeau les clés du grand Giesu (1), comme colles de Château-Neuf furent déposées sur le cercueil de Duguesclin; pour les raisons consignéesdemamain sur mon exemplaire

(1) Le grand Gicsu, à Rome, était avant 177J et est depuis 1814 le chef-lieu de l'ordre des Jésuites. Il est composé d'une superbe église et de bàtimens considé« rables qui ont été construits pour cet ordre. C'est en 1675 que le cardinal Alexandre Faruèse, neveu de Paul III (dont la première bulle qui approuve l'ordre des Jésuites , est du 27 septembre 1640 ) , a fait bdtîr l'église de Jésus , l'une des pluA belles et di» plus riches de Rome. he célèbre Vi^piole en a fait les dessias. Elle a été cantinuée par Jaequet de la Porte 5 son élève , qui fit s d'après ses propres desnns, la belle façade de deux ordres de pilastres corinthiens et composites. Le cardinal Edouard FamèsCy neveu du cardinal Alexandre^ fit bât^ en 1633» sortes dessins de Jérôme Rainalcti, là maison qui est cooliguê à l'église, tant pour le logectent des Jésuites qne pour en faire leur maison prof<..sse. On prétend que les pferes de la compagnie n'ont pris le nom de Jisums que lorsque le pape Its cul mis en possession de Té^lUsa de Jésus, dont nous venons de parier.

Cet ordre a subsisté depuis le 27 scpteiiibre i54o, date de la bulle d'érection, jusqu'au 21 juillet 1773, date de la bulle de suppression , c'est-à-dire l'espace de 233 ans, pendant lesquels ils ont vu 5o papes occuper le trône pontifical , dont le dernier a été Clément XIV (Ganganciiij qui les a supprimés, et 18 généraux, dont le dernier a été Laurent Ricci, mort en 1775. Depuis la bulle de restauration de Pie Vil du i5 août idi4^ ils ont vu deux papes , et ont eu deux généraux.

TS8TAHXNT

du Renversement 4e la morale (i), {'aurais désiré qu'il n'eût pas eotrcpris cet ouvrage.

» Edifié de la manière dont H. de Guignes, mon coufrèrc à racachinie des inscriptions, cultive les lettres sans iorlanterie , sans intrigues , sans pi^ntion k la fortune , |e lègue à lui, ou â ses en&ns, s'il me prédécédait, la somme de trois mille livres.

» Àu niveau de mes affaires et absolument libre, d'un côté par la donation de 4o>ooo livres à ma sœur Gallien , avec tradition et délivrance, dès le 5 mars 1766 , doiil la grosse en i^archcmin est dans mon coifre,avec une sommation relative dûment recordée, du 12 novembre 1771 ; d'un autre coté, par les prélèvemens A tous titres de ▼ente, de donation, même de legs universel (dont les titres sont aussi dans mon coOrc), sur une siM:cession dont j ai recueilli les débris , par ma constante fermeté à ne rien agréer à titre d'aumône {2) , j'institue mon légataire universel en tous mes droits, noms, raisons et actions, pour autant que le permet la coutume,' le fils

( 1 ) Cet ouvrage a pour titre te Renversement de ta Morate de J ésus-C/irist, par tes Erreurs des Calvinistes, Paris, 167a, iii-4*'' Il serait assez curieux de voir les raisons pour les~ quelks Grosley blâme Arnaud d*avoir composé cet ouvrage, qui au reste n'estpanun des plus saillans de l'auteur,

(s) Grosley entend par cette succession celle de son oncle Baraiet, montant à 8o»ooo livres, qu'il partagea avec sa sœur. Ayant ainsi acquitté sà dette » et son frère ainé ayant reçu de son oncle ce qui pouvait lui revenir^ Grosley se regarda comme maître de disposer de sa portion dans la succession de cet oncle , et de ce qu'il avait

DE GROSLSY. tg

aîné actuel de M. Sourclat, notre lieutenantgénéral de police ^.petit-fils de M. Sourdat, mon camarade dans toutes mes études, et mon confic^ère dans le collège des avocats, qui , devenu lieutenant criminel , se fût épargné de vifs chagrins, en suivant mes avis.

» Je le prie , et ceux qui suivront son éducation, de se sauver du goût pour les romans dont le fruit se manifeste par Icà propos et par la conduife de ceux qui se sont livrés a ce goût. Le présent legs universel, sous condition expresse, 1.* que le légataire suivra l'état de ses pères , en renonçant à toute idée et à toute vue militaire; 2/ qu'à Fâge de 2ù ans pleins , il sera mariée

B Jusqu'alors les fonds du legs universel seront gérés par un tuteur onéraire et curateur à la substitution , pour lequel emploi je désigne mon compère Mouillefarine. L'excédant des revenus de ces fonds et les remboursemens qui pourront être faits, seront, chaque année, replacés en fonds d'héritages , s'il eSt possible , de l'avis du père du légataire, et de 1 autre personne ci-après désignée, déduction faite de ce qui aura été avancé pour l'entretien et les études dudit lé-> gataire.

» Au défaut de satisfaire aux deux conditions irritantes ci-dessus exprimées, ou dans le cas ou le légataire viendrait à décéder avant que d'être

acquis, en faveur du pctit-fils d'un de ses amis, qui n*eii a pas profité par Teffet des circonstances, à l'exclusion de sa fiimiUe, qui ii*eii aurait peot-^tre pas profité da* vantage. P. D. B.

pourvu par mariage, en chacun de ces trois cas, je lui substitue le troisième des garçons de ma

nièce de Pouilly, qui , encore enfant, m'oflrit de la meilleure grâce une pèche de Pouilly qu'il avait pour goûter : et la substitution s'ouyrant à son profit, les revenus des fonds de mon hoirie seront gouvernés pour son compte , comme pour celui de l'institué ci-dessus.

» Avenant mon décès, mes livres, tableaux, estampes, médailles, seront conservés en nature, sant inventairé et sur un simple catalogue qui en sera dressé entre MM. de Pouilly et Sourdat, et le curateur de la substitution. Eu tout état, ces Messieurs recevront chaque année les comptes du tuteur onéraire, et veilleront à l'emploi et remplacement des fonds.

» Lu; relu, approuvé pour être exécuté comme ordonnance de dernière volonté, à Troyes, ce lO septembre lyâô. Signé Gkosuy. »

Plus bas est écrU :

« Je nomme pour exécuteur démon testament ci-dessus et des autres parts, mon compère MouUlefarine, arpenteur général de la maîtrise,

et je lègue à son fils la soin me de douze cents livres. Lu, relu et approuvé pour être exécuté comme ledit testament, le i5 octobre 1785. Signé Grosusy,

» Je diminue la somme de cent livres sur celle de quatre cents livres viagères par moi léguées par mon testament ; laqudle diminution sera au profit de la femme Mignot, ma garde actuelle, par forme de pension viagère, ce 5o octobre 1 785,

DE GBOStEY. at

et vaudra en forme de eodieille, ayant été lu et relu par mondit sieur Grosley et de lui rigné. » jiu bas est signé Grosley , mais mal écrite II est mort cinq jours après.

Noiû, Daos la copie de ce t(\siameHl, insérée au second Volatne des Mimoires hLsti rnjues sur Troycs , édition de M. Simon, page 679, la dernière clause du testament ci-dessus ne s*y trouve pas, de sorte (jue cette copie finit au i5 octobre ; mais voici ce que l'on trouve en tête :

€ Testamem de Pierre-Jean Grosley, avocat au parlement, déposé le 1 5 septembre 1785, chez Cousin, notaire»

> Il était dans un paquet plié en forme de lettre , avec cette inscription ; Ceci, cacheté de mon cachet à la tête d'Antinous , contiez mon tcêtament £i ordonnancé de derniirs tohnté, signé Groslbt, dont acte pané dans le cabinet dndtt sieur, signé Gbosket, Govsur» GoiTmn.

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