TESTAMENT D'UNE DÉVOTE
(VccsieXYII.* siècle.)
On raconte qu'une vieille demoiselle dévote, et choquée de ce que les ecclésiastiques » familiarisés avec les cérémonies lugubres des enterremens, n'y paraissaient pas, pour la plupart , fort tristes , et mèmey riaient quelquefois, voulut réformer cet abus, au moins pour ce qui regarderait ses funérailles. Mais le moyen qu'elle employa produisil un effet tout opposé au but qu elle se proposait. Elle fit son testament, et,^ par une. clause spéciale, die déclara que si quelqu'ecclé^ siastique s'avisait de rire à son convoi, elle entendait qu il ne lui fût rien payé de la somme très-forte qii'elle destinait aux honoraires du chapitre, et que la portion du oa des rieurs fût repartie sur ceux quiue riraient pas (i). (Quelque
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(1) Cette clause m'en rappelle une à peu près sembla^ Ue , ^u*un ehanome prébeodé de TégUse de S. Pieire de
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temps après, la bonne dame meurt; son frère qui
était son héritier, convoque le clergé et fait part aux ccclésiastiqut;^s de l'article du testament qui leur prescrivait d être sérieux pendant la cérémonie. On promit bien de Fetécuter; mais à
pciiip In cortège tnnrhrr ((il cii loarcho, qu'il n'v eut pas uu seul prêtre qui, jetant les yeux, sur son voisin , et songeant à la clause testamentaire, pùts'empéoher de rire. Pendant le trajet , au lieu saiut et lueuie au cimetière, Thilarité contÎQua; alors le frère prenant acte de cette infraction au prescrit de la disposition testamentaire, refusé au clergé ses honoraires. L'affaire lui plaidée, iavocat de l'héritier fit valoir la sagesse de la clause; mais celui du cleigé lui répondit qu'il était impossible, dans une pareille circonstance, (l'envisaG^er le zèle liypocrilr d un h ère, Ik riticr cl une succession opulente , s^ns en rire;^ qu'ainsi il fallait mettre cette clause au rang des d^po9iUjif^: non écrites^ Le clergé gagna sa cause.
Les teslamens plaisans, badins, satyriques, que nous venons de donner avec quelques cléta^ti, quoiqu'on petit nombre, nous paraissent siïflisam
Genève inséra dans son testament daté des !des (3) de février i5oo; il se nommait Dominique de Viry^ Fondant un anniversaire pour lui et les siens , fl ordonna què lés chanoines absens , dormans ou babillans pendant i*bffioe' dudit anniversaire (ce sont les expressions du fondateur), fussent privés de leur pa rl a la leiiie tju il leur assidue. Cl dout la poi liun devra augmenter celle des autres. .
NOTICE DE DIVERS ÉCRITS , ^tC. 279
pour faire connaître ce genre, qui n'est pas tim^ jours heureux. Cependant, comme il existe une très-grande qua;atité de pièces qui s'en rappro^ chent plus ou moins , ne serait-ce que par le titre, et (\ue. I on pourrait ou nous accuser de les avoir méconnues, ou nous reprocher d'en avoir volontairement dérobé la «imnaâssance aux amateurs qui recherchent ces bagatelles souvent assez rares, nous nous décidons à doimer une notice bibliographique de touftces petits écrits, pamphlets, '^tyresy apologues, récits, soit en vers, soit en prose , que nous avons pu découvrir sous le titre de TESTAMt>T, et qui eu effet renlicut dans la classe des testamens fictifs, quoique souvent ils n'en aient pas même la forme. Noua pms en
V tiendrons au titre exact de chaque *»torceau , l'accompagnant d'un mot sur son plus ou moins 4'importance, et quelquefois d'un petit extrait et de notes, lorsqu'il en sera susceptible. Parce,
. moyen nous aurons l'avantage de renfermer beaucoup de choses en peu de pages, et de rendre notre travail sur les testamens moins incompleU
NOTICE BlBIiXOCIL&PIIXQDE
DE RIVEES ÉCBITS LITTÉRATRES, SATTPIQI ES , ETC*., QW OWT 9àK0 SOUS LE TITBS SB TESXAMBNT.
Testament expliqué par Esope. ( PHÈnBE , /i& IV , 4 ; «t La Fontaine , Uv. II , no. )
On ignore où Phèdi c a puisé cette petite kîstoriette assez curieuse, et qui reatredans le genre de lYnigme. La Fontaine nous semble Tavoif reudue encore ^lusheureusement que Fhèdre»