TESTAMENT DE LOUIS XVI
SOI DE FaAMCE.
Q0OIQUB le testament de Louis XYI soit l'acte
le plus connu, le plus répandu, qui existe; quoiqu'au fatal anniversaire du 21 janvier de chaque année, on le lise dans toutes les églises de France ; quoiqu'on Tait réimprimé des millions
de fois, nous ne pouvons nous dispenser de le rapporter dans un ouvrage destiné à conserver
le souvenir des te8taiDeDsreniarqual)les. D ailleurs est-il un acie de ce genre qui prête à des médi* tations plus profondes, à des souvenirs plus ter-
ril>los , à (les rcs^rets plus déciiii ans? iNous ne nous livrerons point ici aux tristes réilexions que doit naturellement suggérer ce monument d'une piété angélique, d'une candeur, d*une modération, d'une clémence et d'une résignation véritablement sans exemple, parce que nous les avons consignées en iSi6, dans un opuscule intitulé Testament de Louis XYI, précédé de quelques ré" flexions j et nccompai:nè de notes historiques , etc, JSourelle édition augmentée^ etc. Dijon, le xxx janvier 1816, tn-ô.'' de 45 pag, La première édition avait paru huit |ours auparavant (1). Nous renvoyons (loue à cet opuscule le lecteur, qui y trouvera tous les détails les plus authentiques sur la personne de Louis XYi, sur son caractère, sur son instruction, sur sa conduite, sur son martyre et sur l'anniversaire expiatoire fondé par S. M. Louis XVIU. iNous nous bornerons à donner ici simplement le testament du roi avec quelques notes sur les personnes qui y sont mentionnées; cependant on nous permettra de le faire précéder d'un mot sur la naissance de pe prince et sur les
(1) Nous avons publié, un mois après, et pour &ire' suite à cet opuscule, Ictestambst db BlAKiB-AntoiirnTB-
JosépBUIB-jBAlfRB DE LOBRAINE , ARCIIIDIJCHESSE D^AuTRlCHE,
reine de France et de Navarre , nèc à Vienne , le 2 jiovemhre 1755, morte martyre ie iG ortohrc 1793 (accompagné de rôlkxioiis , (le nofrs histori{|ues et de toutes les pièces qui y sont relalives). Dijon^ février i8i(i, in-H," de 3i p.
DE LOUI8 XTI. 4?
évéaeniens antérieurs à la terrible catastrophe qui a donné lieu au testament en question. Louis-Auguste, troisième fils de Louis de
France, Dauphin, el de Marie-Joséphine de Saxe, fille de Frédéric-Auguste 11 , roi de Pologne , est né à Versailles le ^5 août 1754» il a été nommé duc de Berri à sa naissance, proclamé Dauphin le 20 décembre 1 760 , à la' mort de son père ; marié à Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche, le 16 mai 1 770 ; salué roi de France et de ^iavarre le 1 o mai 1 774 ; et sacré à Reims le 1 1 juin 1 775*
Le a a février 17B7, l'ouverture de l'assemblée des notables a lieu à Versailles; elle se sépare le 20 avril suivant.
Le d août 1788, une ordonnance annonce la convocation des Etats-généraux pour le 1.*' mai
Le 5 mai 1 789 , le roi installe les Etats-généraux à Versailles , et en fait l'ouverture*
Le 17 juin suivant, les députés du tiers-état se constituent en Assemblée nationale.
Le 4 août suivant, séance nocturne de l'Assemblée nationale, dans laquelle on décrète Fégalité d'impôt, la renonciation aux privilèges, le rachat des droits féodaux , l'abolition du droit de chasse, des justices seigneuriales, de la vénalité des oliiccs, etc.
Le â4 août , la liberté de la presse est décrétée.
Le 12 octobre suivant, l'Assemblée nationale décrète sa translation de Versailh s a Paris; et le 19 elle tient sa première séance dans la salle du. Manège près les Tuileries.
Le 1 7 décembre, FAssemblée nationale ordonne
une création de papier-monnaie sous le nom d'Jêêignats.
Le 1 5 janvier 1 790 , T Assemblée nationale rend un décret sur la division du royaume eu 60 départemens.
Le 19 îuin suivant, un décret supprime tous les titres de noblesse , les ordres , les livrées, les
armoiries et toute esprce de dislinction.
Le 26 décembre, la constitution civile du clergé, décrétée depuis le 1 2 juin , est sanctionnée.
Du 20 au 91 juin 1791 , le roi, la reine, le Daupliin et madame Elisabeth s'éloignent secrètement de Paris ;le 22 ils sont arrêtés à Yarennes, et ramenés le 25 à Paris.
Le i4 septembre suivant , la constitution française est acceptée par le roi.
Le 5o septembre, FAssemblée nationale constituante tient sa dernière séance; et le surlendemain , l'Assemblée législative est installée.
Le 20 juin 1792, les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau sont eu insurrection ; la populace se porte aux Tuileries et insulte le roi.
Le 3o juillet, les Marseillais arrivent â Paris.
Le 1 o août , le château des Tuileries est assailli par les Marseillais et par la populace des faubourgs. On force l'entrée , on massacre les Suisses. Le roi, avec sa famille, se rend dans la salle de l'Assemblée législative.
Le 19. août, le roi et sa faniilli sont mis sous Ja garde de la conimune de Paris , et conduits dans la tour du Temple.
Le 21 septembre, FAssemblée législative cède la place à la Convcntionnatiuuale, qui, daus celle
DX LOUIS ZTI. 49
séance même , décrète que la royauté est abolie €D France 9 et proclame la république.
Le 1 6 octobre , qudques Jacobins commencent
à demander le jugement et la mort du roi et de la reine.
Le i5 novembre, discussion à la Convention sur la mise en jugement du roi.
' Le 5 décembre, décret portant que Louis XYl sera jugé par laConyention ; et le 6, autre décret portant qu'il sera traduit à la barre pour subir interrogatoire.
Le 1 1 décembre, Louis XVI , seul, paraît à la barre de la Convention. Barrère lui fait 4^ questions auxquelles le roi répond avec assurance» fermeté. Il choisit pour défenseurs Tronchet et Target. Target refuse ; M. de Malesherbes s'offre, ainsi que M. Desèze.
Le 25 décembre, Louis XYI prévoyant le sort qui l'attend, rédige son testament dans les termes suivans :
« ÀD NOK BE LA TRÉS-SAINTfi TaiNIli , DO PÂ&E ,
ST DU Fils, xt bu Sauit-Espait.
• Aujourd'hui vingt-cinquième îour de décembre 1792, moi, LoLis, seizième du nom, roi de France, étant, depuis plus de quatre mois, renfermé , avec ma famille , dans la tour du Temple â Paris , par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même, depuis le 1 1 du courant, avec ma famille; de plus, impliqué dans un procès dont il est impossible de prévoir l'issue^ à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyens a. 4
dans aiicrine loi existante ; n ayant que Dieu pour téaioin de mes pensées , et auquel je puisse m adresser , je déclare ici , en sa présence , mes dernières volontés et mes sentiniens.
» Je laisse mon anie à Dieu, mon créateur; je le prie de la recevoir dans sa miséricorde , de no. pas la juger d après ses mérites, mais par ceux de notre Seigneur Jésus-Christ , qui s'est offert en sacrifice à Dieu son père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous enfussions, et moi le premier.
» Je meurs dans Tunion de notre sainte mère l'Eglise catholique , apostolique et romaine , qui tient ses pouvoirs , par une succession non interrompue , de S. Pierre , auquel Jésus-Christ les avait confiés*
» Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le symbole et les commandettiens de Dieu et de l'Ep^lise, les sacremens et les mystères, tels que l'Eglise catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n'ai jamais prétendu me rendre juge dpns les dilfêrentes manières d'expliquer les dogmes qui déchirent l'Eglise de Jésus- Christ» mais je m'en suis rapporté, ctrapporterai toujours, si Dieu m'accorde yie, aux décisions que les supérieurs ecclésiastiques, unis à la sainte Eglise catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l'Eglise, suivie depuis Jésus-Christ.
» Je plains de tout mon cceur nos firères qui peuvent être dans l'erreur; mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la chanté nous en-
DE LOUIS xyu 5l
seîgne. Je prie Dieu de me {>ardonner tous raes péchés ; j'ai cherché à les connaître scrupuleuse* meut, à les. détester, et à m'humilier en sa pi^ sence. Ne pouvant me servir du ministère d'un prêtre catholique , je prie Dieu de recevoir la con- (essioD que je lui eu ai faite, et surtout le repentir profond que j'ai d'avoir mis mon nom (quoique cela fût contre ma volonté) â des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croy ance de ri^iglise catholique ( i ) , à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s'il m'accorde vie , de me servir , aussitôt que je le pourrai, du ministère d'un prêtre catholique, pour m*accuser de tous mes péchés et recevoir le sacrement de pénitence (a).
(i ) La constitution civile du clergé , décrétée le i d juin ^7909 et sanctionnée le 36 décembre suivant. Il y a en* corc eu quelques autres décrets relatifs à cette constitution » et surtout celui du 97 novembre de la même année^ relatif au serment des ecclésiastiques pour le maintien de cette constitution, et celui du 17 mars 1791, qui prescrit un nouveau sermcut des ecclé»iaslique& fonc* tioaiiaircs public ji, etc.
(2) Ce fut M."' Elisabeth qui indiqua au roi M. Edgeworth de Firmont, reiipectable ecclésiastique, qui demeurait rue du Bacq, n.* 4^^* roi chargea M. de Malesherbes d'aller le pnH'cnir qu'il (lésîrait Tavoir pour confesseur , et qu'il le priait de venir aussitôt que la permission serait accordée. M. de Firmont s'est acquitté de cette douloureuse commission avec tout le zèle possible.
Louis XVI, après avoir communié à la messe que célébra dans sa chambre il. de Firmont, le 21 janvier, à six heures 9 dit devant ce respectable ecclésiastique : • 0
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TX8TAMENX
» Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance ( car je ne me rappelle pas d'avoir fait sciemmentaucuneoffenseàpeîrsoDne)^ ou ceux  qui j'aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales , de me pardoimcr le mal que je peux leur avoir fait ; )e prie tous ceux qui ont de la charité , d unir leurs prières aux . miennes, pour obtenir de Die^ le pardon de mes péchés.
» Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis» sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur p^^ d^Naner, de même qu^à ceux qui, par un faux zèle , ou par un zèle mal entendu y m'ont fait beaucoup de mal.
mon Dieu] que je suis heureux d'avoir conservé mes principes ! par eux la mori me sera douce. Oui» il existe en haut un juge incorruptible qui me rendra la {usiice que les hommes mè refusent ici-bas. » fit, de Fiimont» après la fatale exécution , se réfugia chez. M. de filalesherbes» et la! fit le récit des derniers momens dn roi. H. de Malesherbes, vivement ému , sVcria : 1 11 est donc vrai que la reli^on seule peut donner la force de soutenir avec tant de dignité d'aussi terribles épreuves ! »
Quelque temps après, M. de Firmontest allé rejoindre S. M. Louis XVTTÎ à Blankenbourg. S. Al. lui écrivait, le 19 septembre 1797 : « Je remercie sincèrement la Providence d'avoir dais^né conserver en vous un de ses plus fidèles ministres , et le confident des dernières pensées d'un Irère dont je pleurerai sans cesse la perte, et dont tous les bons Français béniront à jamais la mémoire, d'un martyr dont vous avez le premier proclamé le triom* phe. Je vous demande avec instance de publier tout ce que votre saint ministère ne vous ordonne pas de taire « etc. » M. de Firmont qui y réuni à S. M.^ ne l'a plus quittée 1 est mort à Mittau» le 33 mai 1807.
Di IOUI& XVI. 53
> Je recommande à Dieu ma femme (i) et mes enikas (2) y ma sœur (5) et mes tantes (4), mes
(1] MaTie->ABloiiiette-JoMphe-JeaiHi0 de LoiiAun^ az^
chiduchesse d^Autriche , sœur de Fempereur Joseph II , fille de Marie-Thérèse , imperatrice-reiuede Hongrie et de. Bohême , morte en 1 7 80 , et de François I.*' de Lorraine y empereur d'Allemagne, mort en 1765. Marie- Antoinette est née cl Vienne le 2 novembre 1755 , a été mariée au Dauphin de France (depuis Louis XVI) \e 16 mai 1 770, et partageant toutes les infortunes de son auf^ustc époux, a été condamnée à moxX (ar le tcihuiiai révolulionaaire le 1.6. octobre 1795.
(a) Loui&-CharIes, duc de Normandie, néà VersaiUef le ft7 mars 1:78^; Dauphin le 4 fuîn 1789; enfermé au Ten^Ie avec son auguste famille le 1 3 août 1793; reconnu toi de< France sous le nom de Louis XVII le aS janner 9 par les. princes français et ceux qui^ les onl suifis; noxtattTemplevictimed'alireui traitamens le 5 juin 1 ^gSu
Harte-Thérèse-Cbaxlotte de France, Madame royale* née le 19 décembre 1778, enfermée «u Tomple depuis le iS.aoûl 1792 jusqu'au 27 décembre 1795» îour ch elle est échangée contre- les députés, les ambassadeurs et les ministres français , détenus en Autriche ; mariée dans la \ille de Mittau le 10 juin 17993 M(»;r. le duc tVAngouléme., né le 6 août 1775, maintenant Dauphin de France.
(S) Eiisabeth-Pbilippine-Marie-Hélène de France, née à Versailles le 5 mai 1764. Ellfi a été condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire le 10 mai 1794* Cet inconcevable supplice a d'autant plus étonné et ailligé tous les cœurs même les plus indifférens , que les vertus de Tauguste princesse, sa bonté, sa douceur, sabieniaisancc, étaient connues de tout le monde , et que même dans la société des Jacobins on n^avatt pas songé à. demander sa mort.
Madame Marie-Loulse-Àdélaïde de France, née le â3 mars 173^9 morte en Italie le 6 luin i79£t*
frères (i) , et tous ceux qui me sont attachés par le lien du sang, ou par quelqu'autre manière que
ce puisse être; je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfans et ma sceur , qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce,
Madame Louise^Thérèse-Victoire de France , née le 1 1 mai 1755, morte àXrieste le 27 février 1800.
Ces deux princesses étaient sorties de France en février 1791 , et s'étalent rendues à Rome.
( I ) Louis-Stanislas-Xavier de France, Monsieur , comte de Provence (Louis né le 17 novembre 1755,
mar ié le 14 mai 1771 à Marie-Josépliine-Louise de Savoie, née à Turin le 2 septembre 1750, morte à Londres le 25 novembre 1810; ii est mort le jeudi j6 septembre 1824*
Charles-Philippe de France, comte d'Artois f maintenant Charles X ) , né le 9 octobre 1757 , niari( le 16 novembre 1773, à Marie-ïhérèse de Savoie, princesse de Sardaigne, née à Turin le 3i janvier ijôÔ» morte le a juin i8o5, à Gratz.
Le fils de 5. M. Charles X est Mgr. ILouis- Antoine d^Vrtois, duc d^Angouléme, né à Versailles le 10 août 1775 , maintenant Dauphin de France, marié le 10 fuin 1 799 à Marie-Thérèse-Charlotte de France^ fille de Louis
Le fils cadet de S. H. Charles X, était Cbarles-Ferdi* nand d'Artois , duc de Berri » né à Versailles le 34 janvier 17789 marié le 17 juin 1816 à Marie-Caroline-Tbérèse de Naples, née le 5 novembre 1798; il a succombé sous le fer assassin de Louvel, dans la nuit du i5 au 14 février i8ao. De ce mariage sont nés, i.'le i5 iuillet 1817, une princesse qui n'a vécu que deux jours; 2. le -i i septembre 1819, une seconde princesse, Lonisc-Maiic-Tliérèsc d*Artois ( Mademoiselle); 3.' le 29 be[)tenibrc 1820, un prince, Hcnri-CharIes-Ferdiuand-Marie-l>ieudonnéd*Artoiâ p duc de Bordeaux.
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s'ils viennent à me perdre, et tant qu'ils resteront dans co monde périssable.
> Je recommande mes enfans à ma femme : )e ii*ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; )e lui recommande surtout d'en faire de bons chrétiens et d'honnêtes hommes, de ne leur faire regarder les graudeurs de ce monde-ci (s'ils sont condamnés à les éprouver) , que conune des biens dangereux et périssables , et de tourner leurs regards vers la seule gloiie solide et durable de réternité; je prie ma sœur de vouloir continuer
ten4i?e6se à mes enfans , et de leur tenir lieu de mère , s'ils avaient le malheur de perdre la leur.
9 Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu elle souffre pour moi, cl les chagrius que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de fiolré union; comme elle peut être sûre que je lie garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
» jle recommande bien vivement à mes enfans» aprj^ ce qu'ils doivent à Dieu, qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissans à leur mère, et rcconnaissans de tous les soins et les peines qu'elle se donne pow ét en, mémoire de moi. Je les prie de r^àider ma sœur comme tme seconde mère.
» Je recommande à mon fils , s'il avait le malheur de devenir roi , de songer qull se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens; qu'il doit oublier toute haine et tout ressentiment (i) , et
(i) C*e8t autti ce que rinfortuné Charte» I.*'qiii 9 ceut quarante-troU ans au paravant , s'est trouvé dans la même
nommémadt ce qui a rapport aux malheurs et
aux chagrins que j éprouve; qu'il ne peut faire le bonheur des peuples , qu^en régnant suivant les lois; mais en même temps, qu'un roi ne peut les faire respecter, et fiure le bien qui est dans sou cœur, qu'autant qu'il a l'aulorité nécessaire, et qu'autrement , étant hé dans ses opérations, et n'inspirant point de respect , il est plus nuisible qu'utile.
» Je recommande à mon fîls d'avoir soin de toutes les personnes qui m étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lut en donneront les facultés ; de songer que c'est une dette sacrée que )'ai contractée envers les enfans
position que Louis XVI, recommandait au prince de Galles, 8011 fils : t Si Dieu vous donne du succès, lui » i crîvail-il, usez-en avec modestie, et ayez tonjours de » i'eloignement pour la vengeance. » Quoitiue Je f uneste résultat du procès de ces deux princes ait été le même , il y a bien de la différence dans la manière dont il ont été traités pendant qu'on instruisait leur procès. Charles, pendant sa détention , a toujours obtenu les égards dus à un roi , et jamais on ne Tabreuva d'injures grossières et de traitemens affreux comme Louis XVI Ta été ; et cependant quelle différence entre l*urbanité des Français et celle des Anglais!
La cour de justice » créée pour juger Charles, fut com* posée 4e FairûtXy de Cromwel, de daller et de cent quarante-sept juges. Il fut condamné & mort le 6 février i649« et exécuté le 9 à Tâge de 49 ans 9 après en avoir régné vingt«*clnq. Il avait épousé le 11 mai i6a5» Ben** nette de France , fille de notre bon Henri , née le 35 novembre 1609; et il eu avait eu trois princes et quatre prineesses ; Edouard , Charles II , Jacques 11 , iMarguerite, Liiaal>cth, Anne et Maric-lieuriette.
DE LOUIS XVI. Sj
OU les parens de ceux qui ont péri pour moi , et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi.
» Je sais qu'il y a plusieurs personnes de celles qui m'étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient , et qui ont même montré de l'ingralilude ; mais je leur pardoune (souvent, dans les momeos de trouble et d'effervescence , on n'est pas le maître de soi) , et je ])rie mon fils, s'il en trouve l'occasion, de ne songer qu à leur malheur.
» Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m'ont m outré un attachemoit véritable et désintéressé; d'un côté, si î'ai été • sensiblement touché de l'ingratitude et de la déloyauté de geus à qui je n'avais jamais témoigné que des bontés , â eux , ou à leurs parens ou amis; del'^gi^^^iaieu de la consolation à voir l'attachéaientéf l'intérêt gratuit que beaucoup de personnes m'ont montrés : je les prie d'en recevoir tous mes remercimens. Dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre, si ]e parlais plus explicitement; mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
• Je croirais calomnier cependant les sentimens de la nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils messieurs de Chamilly et Hue (i), que leur véritable attachement pour moi avait
(i) Cl. -Ch. Lormier d'Ktoges de Chamilly, premier valet-de-chambre du roi , lut enfermé an Temple avec Louis Xyile i3 août 1792, et ensuite irauslerc a la Force. ht peuple le mit en liberté le 2 septembre au moment où
portés à s'enfermer avec moi dans ce triste séiour» et qui ont pensé en être les malheureuses victimes; |e lui recommande aussi Cléry ( i ] , des soiuâ du-
il allait être massacré, et le porta en triomphe chez lui. Mais par la suite il fut de nouveau enfermé au Luxem» bourg, et condamnéàmort par le tribunal révolutionnaire le a5 juin 1794» un mois et quatre jours avant la chûte de Robespierre. Il était âgé de 62 ans. M. de Ghamilly fils a été valet-de-«hambre de S. M. Louis XYIII.
M. Hue y valet*de*chambre du roi» a partagé la captivité de ce prince jusqu'au 2 septembre » jour oh on le mit en arrestation. Tallien prétend Tavoir sauvé des massacres de cette horrible journée. M. Hue ayant échap^ pé au régime de sang en 95 et 94 , accompagna BIadamb royale lorsqu'elle sortit de France en 1795. Rentré en France avec S. M. Louis XVIII, il est devenu valetde-chainbrc-trésoi ier de ce prince. 11 a publié vu i8i4> un ouvrage trè.s-îuléressanl et très-bicii l'ail, sous le titre suivant : Dernières années du Règne et de la Fie de Louis XVI. Paris, imp. roy., 1814» g^'- in-S.^ ^ port. Ce volume doil être hi avsini le Journal M. Cléry. Ces deux ouvrages réunis forment une série d*iévéuemeas qui déchirent Tanie.
( 1 ) Cléry , valet-de-chambrc de Mgr. le Dauphin , né près de Versailles en 176a, a obtenu de Péthion la permission de servir le roi au Temple , oîi il est entré le aô août. 11 s*est acquitté de ses fonctions avec un %èle soutenu , et qui a trouvé sa plus douce récompense dans la satisfaction que lui en a témôigné son maître infortuné. Cléry a publié l'ouvrage le plus attachant et en même temps le plus fait pour briser le cœur de tout être sensible, sous le titre de Journal deee qui s'est passé à la tourduTempU pendant la captivité dê Louis XVI» roi de Fra/uo. Londres, 1 798 , et souvent réimprimé. Après la mort du roin Çléry est sorti de France , et est allé rejoindre les princes français, dont il a reçu Taccueil le plus touchant. Il est mort à Vienne le lu juin 1809.
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quel j*ai eu tout lieu de me louer depuis qu'il est avec moi : comme c'est lui qui est resté avec moi jusqu'à la fin, je prie messieurs delà Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse , et les autres petits effets qui ont été déposés au conseil de la Commune.
» Je pardonne encore très-volontiers aceux qui me gardaient, les mauvais traitemens et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J'ai trouvé quelques ames fusibles et compatissautes : que celles-là jouissent dans leur cceur de la tranquillité que doit donner leur façon de penser !
» Je prie MM. de Malcsherbes (1), Tronchet (2} et Desèze (5) , de recevoir ici tous mes remer-
(1) M. C.-GuiU. de Lamoîgnoii de Malesherbcs, né le 16 décembre 1721 , ministre d'état pour la partie de l'intérieur» de 1775 à 1776; eondamné à mort par le tribuDal révolutioonaîre le sa avril 1795. Il a joui de la plus grande réputation comme homme très-vertueux ^ très-instruit» très*bienfiiisant , et comme philosophe aimable. Vn savant dit que dans ses derniers momens il montra la sérénité de Socrate et la fermeté de Caton.
(3) M. François-Denis Tronchet» avocat célèbre» membre de r Assemblée constitoanle» choisi par le roi pour être un de se% défenseurs , s'acquitta de cette commission avec tout riiiltrol que lui iuspifrait la position de son infortuné client. Membre du Sénat conservateur et p^and officier de la Légion-d'Honneur, il est mort le 1 o niai s 1 8ot).
(3) M. Desèze, né a Bordeaux, avocat célèbre, a défendu le roi avec autant de courage que de talent : si son élo({ueut plaidoyer n'a pas été couronné du succès , il n*y a nullement de sa faute : la fatale décision était arrêtée d* avance. M. Desèze est en ce moment pair de France » trésorier de Tordre du Saint-Esprit ^ et premier président de la cour de cassation.
6o TESTAMENT, etc.
cîmens et Texpression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu'ils se sont donnés pour moi,
» Je finis en déclarant devant Dieu , et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
» Fait double à la tour du Temple, le décembre 1792. » '
Signé LOUIS.
Et au-dessous : Baudrais, officier municipal , envoyé de la Commune»
Tel est Facte de dernière volonté d'un roi qui, ayant donné au monde le plus grand, le plus terrible exemple de la fragilité des grandeurs humaines, a prouvé qu'il n'y a de vraiment solide, vraiment glorieux, vraiment immortel que la vertu appuyée sur la religion. Tel est le testament de Louis XYl , testament qu'on lira et qu'on relira toujours avec un nouvel attendrissement, toujours avec une nouvelle admiration ; testament dont on ne peut trop multiplier les copies, puisqu'on ne peut trop verser de larmes sur les mal* heurs du meilleur des princes; testament enfin qui devrait être gravé en lettres d'or dans tous les temples , comme un monument de la piété constante et de toutes les vertus chrétiennes du roi-martyr, du fils ainé de r£glise , de celui quif seul , a pu désarmer la côlère céleste et en obtenir l'heureux rétablissement du troue des li oui bous.
DE MARI£-AI!<ïOIN£TX£,
ftBIHB DB FBANGB.
Nous avons dé)à eu occasion de parler de cette
princesse dans Farlicle prcccdtal , cousacic au testant lit de son auguste époux (V, pp. 46 et 53); nous allons continuer le récit sommaire des événemens qui la concernent, depuis la catastrophe du SI janvier 1 790 jusqu'à celle du 1 6 octobre de la même année , ce qui nous conduira au terrible moment où cette reine infortunée a tracé les dernières lignes qui font Tobjet de cet article»
Après la mort de Louis XYI , la reine, Madame royale, le jeune roi et M."'' Elisabeth eurent pendant quelque temps la triste consolation, étant réunis dans le même local , de pouvoir confondre leurs sanglots et leurs regrets ; mais le 1 1 juillet 1793, le comité de salut public ordonna au maire de Paris de séparer la reine de sod fils. Aussitôt on arracha inhumainement cet enfant si intéressant des bras de sa mère , et on le confia plus inhumainement encore à un cordonnier
nommé Simon On sait ce qu est devenu le
rejeton de tant de rois entre les mains de cet homme , dont la grossièreté égalait la barbarie , et qui, pour prix de son atroce conduite, fut nommé membre de la Commune de Paris (1).
(1) Il a péri 'du dernier rappUce le lendemain du 9 thermidor (28 juillet 1794)*
Le i.*'août, la Convention, â la suite d'un rapport de Barrère, ordonna que la reine fût traduite au tribunal révolutionnaire.
Le 6 août, â deux heures du matin, on fit transférer Marie-Antoinette du Temple à la Conciergerie. Ce fut en vain que Madame royale et ^ M."** Elisabeth sollicitèrent la fayear de suivre l'illustre victime.
Le 25 août, Foiiquier-Tinville (i) demanda au comité de salut public les pièces pour commencer le procès de la reine. On eut beau cher» cher , il ne s'en trouva aucune; alors il fut décidé dans les comités *que Fouquier-1 in ville, à défaut de pièces, arrangerait sa procédure comme il pourrait.
( On prétend que le 5 septembre, Marie- Antoinette a rédigé son testament; et même un journal de Paris (la Quotidienne j en a donné des extraits ; mais comme les ministres de S. M, , dans la communication qu'ils ont faite aux chambres (séance du 22 février 1816), n'ont rapporté que la lettre écrite par la reine à M."" Elisabeth, après sa condamnation , et n'ont point parlé de ce testament , nous doutons de son authenticité ;
( 1 ) Cet homme , couvert du saogide toutes les victimes du tribunal révolutionnaire, a été condamné à mort et exécuté le 6 mai 1795. Sa veuve est morte, à Paris, en décembre 1837 , dans la plus grande misère. Inconnue, couverte de haillons, abandonnée au fond d'un grenier, elle ne subsistait que d*une faible pension insnffîfiante pour ses besoins les plus pressans. Son nom n*a été découvert qu'après sa mort , dans des papiers cachés sous la paillasse qui lui servait de grabat.
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nous nous bornerons donc â rapporter en note (i) ce que l'on eu a dit daus la ^twliUienne. )
( I ) « LeleftameDt de Narie-Aotoinettc, reine de France,
archiduchesse d'Autriche, veuve de Louis XVI, est daté de la Conciergerie le 5 sepi^ nibre 1793. Cette princesse désigne pour exécuteur spt ( ial de ses volontés M. Tabbé Edgeworth de Firmont. Aprt's avoir donné de sages ( onseiis au roi Louis-Charles, son lils . (jirclle reronnnandc auxsoinsgénért ux de M."* Elisabeth, elle ajoute : «Quoi- » que j'eusse désiré que la princesse Marie-Thérèse, ma » iiUe, épousât un archiduc, son cousin du côté maler* » nel; comme la volonté du feu roi mon époux était qu'elle • fût unie au duc d'AngouIème , fils du comte d'Artois, son oncle 9 j'engage mon fils (le roi Louis-Charles) à 1 remplir ce vœu » aussitôt que ma fille sera en état de
> l*accompUr de son côté. »
9 Marie-Antoinette* reine de France, remercie ensuite M.** Elisabeth de Tamitié sans bornes qu'elle a eue pour elle 9 des soins généreux qu'elle a prodigués aux en fans de Louis XTI. € Si mon fils, afonte la reine, est destiné
> à vivre 9ur le tr^ne, ie demande à ma soeur de le di*- » ri^rr, au moins dans les premiers pas de son adniinis- » tration. S'il est condanuié à passer daîis les fers les
> triâtes iours de son enfance, et les jours i)lus amers de » sa jeunesse , c'est de la bon lé de nia sœur que j'en ré-
> clame et que j'en espère l'adoucissement. »
j» Il est impossible de retenir ses larmes à la lecture de ce passage, que nous transcrivons avec autant d'exactitude que notre mémoire peut nous le permettre. On n'est pas moins profondément attendri, lorsqu'on voit une reîne de France léguer dans son testament, à sa famille infortunée » le seul bien qui restait alors à sa disposition , une tresse tîssue de ses cheveux et des cheveux de son royal é)>oux ; à M. le duc de Penthièvre , le portrait ' de sa fille , la princesse de Lamballe; à son frère Tempereur d'Allemagne, celui de la duchesse de Hecklem bourg.
Le 3 octobre , Billaud-Yarennes ( i ) feit ordonner parla Convention au tribunal révolutionnaire de s'occuper sans délai du procès de la reine.
Le 1 2 octobre , à six heures du soir , le premier interrogatoire fait par Fouquier-Tinville eut lieu ; il ne fut pas public. Le i5 l'acte d accusation fut signifié à la reine, et le i4 elle parut devant le tribunal révolutionnaire. Tout le monde connaît les débats de cette monstrueuse procédure (2) ;
Elle prie* sa sœur, M."* Elisabeth , d'accepter , comme gage de souvenir , un exemplaire du ^Voyage du jeune Anacharsis, qu'elle tenait de M. de Firmont. Elle ne laisse à ce di^ae ministre, pour témoignage de sa leconnaissance, que la peine d'exécuter, autant qu'il lui seia possible, ses dernières volontés, ajoutant ces belles paroles : c Aux cœurs faits comme le sien, il ne faut pas » d'autre r^^compfMist . •
> La reine termine son testament en remerciant M."** Kichard, femme du concierge de la prison, des bons procédés qu'elle a eus pour elle^ et M.'** Harel qui Ta senrie avec sèle. Elle donne à l'une son portefeuille , et deux dessins au «rayon; à l'autre une bourse et six louis qui y sont renfermés. La reine de France 9 après avoir ^it plusieurs autres dispositions qui montrent sa grande ame^ demande pardon à ceux qui Tout entourée 9 des peines qu'ils ont prises pour elle » et pardonne dincèrement à ceux qui se sont déclarés ses persécuteurs. Sa dernière pensée est pour le bonheur dp la France. »
(1) Billaud-Tarennes , Tun des plus fougueux conventionnels, a été déporté à Sinnamari le 1." avril 1795.
(2) iM. Chauvcau-Lagarde , nommé défenseur ck la reine , puis ensuite de iM."* Elisabeth , et qui s'est acquiUé de cette ionction avec talent , a publié en 1816, une Note historique sur les procès de Marie- Antoinette d' A utric/ie , reine de France, et de M,"*' Elisahetk de France, au tribunal révolutionnaire, Faris^ in-Ô.'* de 64 pages.
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ils durèrent trente-six heures, et se terminèrent le 16 à quatre heures du matin, à la manière
accoutumée de ce Iribuiial, c est-à-dirc par une sentence de mort.
La reine entendît prononcer son jugement sans donner aucune marque d'altérqtion , et sortit de la salle sans proférer 1111e parole, sans adresser aucun discours ni aux juges, ni au public, et fut ramenée à la Conciergerie dans le cabinet des condamnés.
C'est alors que Marie^Antoînette, dans ce terrible cabinet, placée entre le tribunal de sang qui vient de la condamner et rinstrumcnt du supplice qui l'attend, le corps transi de froid, les pieds enveloppés dans une mauvaise couver'* ture (1), mais le IVont s^reiu, Tame calme, le
(1) Tl serait difTicile de «e figurer tout ce qu'a eu à soulViir vvWr, inallieureuse rciiu; depuis son ciiirt'c à la CutK if'i gerie jusqu'à sa mort. « !.a fille de» Césars, a dit » IM. de Chàteaubiiaut à la rhambie dv» pairs, la fille » des Césars, couverte de Ianil)iMux. rédtn'Jr h racrtun- » moder ^cllc-ni^me ses véft tih us, outragée devant uu » tribuoal iniame , par quelques assassins qui se disaient B des juges, conduite «ur un tombereau au suppliée , et
> cependant touioun reine! 11 faudrait, Messieurs,
« avoir le courage même de cette grande victime pour » achever ce récit. »
Il est certain que {amais reine , et Ton pourrait dire jamais femme n*a éprouvé de pareils tvallemens. Jadis deux reines de France ont aussi épuisé toutes les rigueurs du sort, et cependant leurs maux affréta ont été audessous de ceux de Marie-Antoinétte.
La reine Brunehauta subi , en 6i3, le plus horrible des supplices. Condamnée àuue mort infâme par Clotairelly
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cœur rempli des plus doux , des plus affectueux, des plus généreux seutiniens, révèle ses dernières pensées et les épanche dans le sein de la plus ver-
dans un conseil de seigneurs français assemblés militai^ rement, elle a été attachée et traînée à la queue d'une cavale indomptée. Mais cette condamnation et celte mort, tout affreusLs quVlies sont, ne peuvent se comparer aux longs tourmens qu'a endurés Tinfortunée Marie- Antoi' nette, Bruneliaut a beaucoup souffert sans doute, mais pendant peu de temps; et Marie-Antoinette a soutfert pendant près de quatre ans , et son agoniea étéde quinzô mois, car elle a commencé au 20 juin 179a*
Marie Sfuart « reine d*£co8se et de France » néeen 1 54^, longtemps prisonnière 9 a été aussi iugée arbitrairement, et condamnée injustement à être décapitée (le 18 février 1587); mais elle n*a pas éprouvé la millième partie des touimens et des outrages dont on a abreuvé Marie-Antoinette. Cependant sa détention à Fotheraingai a été de dix-huit ans; son proeès a été tyrannique > irrégnlier; sa ' condamnation révoltante ; ses malheuts» fruit de la pas< sion et de la cruauté d*Elisabetliy ont été grandi : mais dans le cours de ces iunestes événemensv on a toufours eu pour elle les égards dus à son rang; lamais elle n*a été réduite au dénuement des choses les plus nécessaires à la vie , ni à la nécessité humiliante de se servir ellemême. Un peuple féroce n*a point insulté à son malheur; au contraire elle a inspiré de la compassion, même à ses bourreaux. Pendant son procès elle a toujours été traitée avec respect. Après «a condamnation , elle s est contentée de dire : t La mort, qui doit mettre fin à mes malheurs» » me sera très-agréable. Je regarde comme indigue de
> la félicité céleste une ame trop faible pour soutenir le
> corps dans ce passage au séjour des bîenheureuz.B Son supplice, quoique terrible, n^a été ni public , ni accompagné des cns de foie de la populace. Enfin Marie Stuart qui avait 9 dit-on , quelijnes torts à se reprocher, a été»
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tueuse des feirimesy de la plus tendre des amies, de M."* Elisabeth, sa sœur.
Voici cette lettre précieuse , à laquelle on doiioe aTec raison le titre de testament, puisque cest un acte de dernière volonté.