‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 4)Chapitre 67 sur 91 · IV. M. liv. r ^i^i · texte numérisé non relu

IV. M. liv. r ^i^i

> A ma cousine» sa compaigne, une pet8e''ciN«î» perles et ma bible en françois. • '•'•'^V

» Au sire de Beaumanoir , IV. M. Uv. et un petit cheval blanc (|ui evst a Jocelin.

» A Tevesque de S. Malou , III. M. liv. et ma grande hacquenée noire, et un annel d*or qae madanie la ro^^ de Sicile me donna. ' ^^'^ . "

» A Pcvesque de S. Brieuc. III. M. liv*

> A labbé de Bonrepos , XV. cens Uv. ^fi/^^t » A M. .Jehan d'Avaucours, IX. cens liv.

> A M. Alain de Li Molle, IX. cens liv. f "

> Au dict Bertrand de Btnan fils du sire de Chasteau Brient toute ma terre de Loheac en pur éf perpeti^ herîlaige pour lui et ses hoirs légitimes prtKWfelï^WSf^ char , par ainsi que ou cas qu'il decederoit sans hoirs de son corps procréez, comme dict est, ycelle retourneroit a moy et a mes héritiers. ^ 'V*.*

» Item, au dict Bertrand tout mon bernois démon corps qui est a présent a Jocelin.

» Item, an dict Bertrand mon rouçin fauve et CGC. Itr. Item, a maistre Jehan Reyrant pour poursuivre envers notre S. P. le pape la confirmation et dcci'et de ma fondation du collège de Nostre Dame de Cliczon et d'un convent de frères meneurs que j'ay ordonné

D^OLIVIER DE GLIS80N. 3^5

et ordonne estre fondé a Clicaeon et pour en payer ies liuUes et lettres C. Ht..

> hem, a Rolland de la Villeeon, GCC. Hv. — A Eon

de Chasteau Merlet, CGC. liv. — A Eoniiet de Chas-' teau Merlet son fils , CGC. liv. — A Alain de Trrguenteue» ce. liv, — A Alain Ferron, GG. liv, et un eheT&l. A Olmer de Coeabit» CGC. liv. — A£on du Houille du Val, CGC. liv. -* A Jehan Ponlart, DG. liv. — A Eonnet de Quengou , G. lîv. — A Jehan de Lesnerac capitaiue de Cliczon, CGC. liv. — A Jehan Boudnrl , G. liv.

> Item, je veuil et ordonne que Bertrand du Parc ,

capitaine de mon chastel de Bron» soit payé de ce que je luy puis debvoir*

Item j je veuîl et ordonne que Ton enyoye à Sainct- Jame en Galice un pèlerin a pied a mes despens , qu'il soit payé pour son labour et tra \ ail , ainsi comme mes exécuteurs en ordonneront avec lu) .

> hem, je donne a Tabbaye de Meieray pour prier pour Tame de moy » GCC. Ut.

» Je nomme ^ eslîs et ordonne RR. PP. en Dieu messîre itohert , evesque de S. Malou , Jehan » evesque de S. Crieuc , Yves , ablié de N. D. de Bonrepos , messîre Jehan sire de Rex et de Rocheffort , et Robert sci- « gneur de Beaumanoir» exeeuteurs de ce mica présent testament ou derraine volenté» avec les codiciies, ad-^ ditionaet sui)pletîon8 que Je y pourrob faire au tèmpS advenir, ezqueulx mes exécuteurs, je baille et. assigne dez le temps du présent , en tant que fiiîre le puis , la possession et saisine de ions et chascun mes biens, meubles et immeubles, et veuil, commande et ordonne qu'elle leur soit baillée loyaulment et de fait , en manière qu'ib les puissent avoir devers eulx, et les convertir et employer en .Fexecution de cest mien testament. En tesmoins desquelles choses et chascune j'ay fcictfaire ces présentes lettres scellées de mon propre seoau

ZjS I£SIAM£NT

et signet , et soubzsignécs par les notaires cy dessoubs escripts : présents et tesmoings appelez a Pordenance de ce mien testament ou derraine volenté, les exécuteurs cy dessus nommez et avec ce messire Amaury de la Motte f dean (doyen ) de S. Malou» Jehan du UouUe, Olivier de Coesbît , Eon du Hotille , Jehan Gncho , Eon du Quengo, Jehan du Yal, des diocèses deVennes, iSaotes et Coinouaille; et plusieurs aultres en tesmoîgnrTo:;e dp ce requis , ensemble o Icsdicls notaires. Donné et ihict en mon chasteau de Jocelin au diocèse d<j S, ll{alq^le V février J!kl. CCGC, Vi. (1407 , n, at.)

A la suite de ce testament eat vu çodidlle eo latiB » mérite d'être rapporté<

€ Ih IfOMINB DoMiiri, Atmû tjuêdem Demmi

M, ce ce. yi, dœ yifebr, etc. D. OUvcnasde Clicio, etc. Non ncedendo ah ordinal ionibas et lesiamento sm nuncupativo per eum die V tnensis paeefaU faclU et ordinota, ^uinimo ipsas ardinaiianes et uum predietum tester mentum cmfirmando et raiificimdo, cedieMamio et addenl-^ do , etc# * • . ;iv .'V Y t>>Tî '4^'

> Dédit D. de V aucicr pmnatn seu forraturcm hopper lande sue,

> Item , Légat noùitt viro JSertranno de Dinanno fiU9 noèiUs viri D, Charoli de Dinanna Z). CattelàrieHti mum jaoques gallicè de suis {i), ^aod tamea nen sit de prasenti insignitemarmisseu insigniis ipsius D, OlwerU» ei, unam saam hoppeUmdant rubeam martris foderatcm, '

> Item , dédit et legavit nobili viro magiUra Amauricp

(i) Une de ses jacquet. Ce mot avait deux a( cpptioQS : il si^îfiait ' armure ^ du mot bretuu jaccuum^ qui dit la uiéme chose ; il si^uifiait aussi pourp^ùUy habit ^ d'où nous est re&te le mot Jacquette qu^OQ '«nploie encore quelquefois pour désigner une petite toIm d*enfant« Du tempi de OiiMii il y «Tiit wam des jactjuetÈtê de livrée , blanc , noir et violet) à une grande eorddidre de fil d*«r de Vcoiie , etc.

by Gc

d'olivier de clisson. 377

de Mota suum parvum gradarium grisentem (sa petite hac- ,

quenée grise ) ,

» Item, dédit R, in Christo P. Z). Joanni D. G. Episcopo Briocensi suum gradarium flavum vulgariter sa bac(juenée fauve.

T Item, Icgat magnifico principi D. Ludovico duci flurelianensi sex canes venaticos ad venandum.

» Item , légat D, Alano ricecom. de Hohan genero suo suum milionem, vulgariter son milion (oiseau de proie) et unum ecfuum quem equitat auceps qui dictum milionem régit , et ipsum accipitrem sibi remisit , etc.

y Item , voluit quod ensis sex ( pour seu) spata ( ép«^e ) nuper sibi traditus per regem Francie in signum officii sui conestabularie Francie restituât ur régi post ipsius decessum per nobilem virum Robei'tum de Beaumanoir militem,

> Item , ordinavit quod navis sua nunciipata Riquerou reddatur nobiliviro Oliverio de CastcUo filiolo suo, etc. — Presentibus D, Episcopo Maclov., Eudone de Chasteaumellet, Eudone du Iloulle, Eudone de Quengo, Eudone Boesart et Alano Saunier , etc. »

Enfin un second codicille du 16 avril 1407» c'est-àdire dix jours après le précédent , porte :

« Fondation de quelques messes en l'église de Si. Julien du Mans , pour l'acquit desquelles il remet aux chanoines les prétentions qui luy a voient esté adjugées par arrest de la court royalle de Parlement de France contre Pierre de Craon chevalier , et certains ses complices, du nombre desquels estoit Bonabcs de Tussé chevalier; les aultres sont Jehan de Champchevrier chevalier, Adam Davelus, Guillaume de Tussé, Pierre de Tresfoure, Jehan de Hubiues, Jacquet Gossum, Jehan Malindre, Jehan Gosset et Mathieu Coquin. »

Tels sont les testament et codicilles du célèbre Olivier 4e Clisson.

TESTAMEliT PB CHBISTOPHE COLOMB.

h eftl asses singulier qu'on homme qui a révélé à ses contemporains une qiuitrième partie du globe, qui a mis sous la main du roi d'Espagne ce nouveau inonde

dont la découverlo a ( u par la suite tant d'influence sur lo sort des nations, soi! , pour ainsi dire , resté dans robscurité aussitôt après cet événement, l'an des plus grands et des plus importans qui aient pu fixer l'attention des hommes. Non-seulement son nom n'a point été attaché au continent qu'il a découvert» mais on a presque toujours ignoré et le lieu de sa patrie et la date de sa naissance , et la ûunllle qui lui a donné le jour; ce n'est que dans ces derniers temps , où l'esprit d'investigation est porté au plus haut degré d'activité , que l'on a trouvé dans la poussière de quelques bibliothèques des pièces qui jettent quelques faibles rayons de lumière au mHîeu des brouillards que l'ingratitude des Espagnols et des Italiens du XVI.* siècle a laissé s'accumuler autour du berceau de ce grand homme. Déjà Ton commence à soupçonner et même à avoir une espèce de certitude qu'il est Génois d'origine» qu'il doit être né vers 144^» l'en pense qu'il est asse^ juste de témoigner quelque reconnaissance à sa mémoire , en restituant le nom de Colombie aux vastes contrées qu'il a découvertes. C'est aux Etats-Unis que ce nom a été en usage , depuis que ce pays s'est affranchi du joug de l'Angleterre.

Parmi les pièces relatives à Colomb» qui ont été découvertes dans le dernier siècle » nous ne parlerons que de son codicille, parce que c'est le seul objet tenant aux recherches qui nous occupent. Ce codicille , écrit seize jours avant la mort du testateur, arrivée à Valladolid le so mai i5o6 » a été trouvé presque par accident dans

BE CHRISTOrHE COLOMB, 379

la biiiliothèque de Corsini à Rome; il fut examiné a?ec k soin le plus scrupuleux par le sayant abbé Andrès» qui le cottUDunîqua à Tiraboscbi. Celui-ci en ayant pria copie, rioséra en note dans sa dernîèfe édition dè Thi^ toire littéraire d'I(alîe.

Mais l()ngk'm])s avant ce codicille (en 1498), Colomb avait fait un testament, qui a bien existé réellement, quoique son fiis Ferdinand Colomb n'en ait pas parlé dans la Fie de son père, publiée vers iô5o» et traduite en français par Gotolendi; Paris, 1681 » a wL îit-is* Cet acte std>siste encore; où dit qn'en Espagne on en a déchiré une page et que l'on a altéré plusieurs chiffres. Ce testament a été publié dans cet état d'imperfection , et mémo on en a vu des copies sans signatures. Mais on le retrouve complet et muni de la signature dans le rapport d'une commission nommée dans le sein de r^cadémie des sciences et des lettres de Gênes , et composée de MM. Serra, Garrega et Piaggio; on esctrait de ce rapport existe dans \ Histoire de Christophe Coionib, traduite de l'italien de Bossi, par C. M. Urano, Paris, 1824 » in^S,", pp. Ô9*-86* Malheureusement ce testai ment n'est point rapporté dans cet extrait » et nous n'avons pas sous les yeux Porigînal du rappiHrt; mais il paraît que cet acte a été frappé de nullité » soit par us testament postérieur, dont une lettre de Colomb , datée de Sévillc , i5o2, donnerait l'idée, puisqu'il y parle d'un don considérable ou plutôt d'un legs en faveur de la banque de ^int-Geor^s ( de Gènes ) , soit par le co- «Scilie que nous allons rapporter « et oii cette disposition sériait tacitement révoquée.

Tenons^nons en donc à ce dermer acte» dont Fauthen* ticilé paraît démontrée, hion que plusieurs auteurs l'aient rrn^nrdé comme apocryphe, surtout à cause de sa forme militaire. Quoi qu'il en soit» le voici tel qu'il a été trouvé , autant que je puià le croire , sur le feuillet }»Ianc d'un livre de prières ( Heures de la Vierge } * ri-

TISTAKXIIT

cli< ment orné, dont le pape Alexandre VI avait fait présent à Colomb, qui y attachait le plus grand prix, puisque ce Uvre est le premier objet dont il dispose eu fiiyeur de sa chère patrie dans ce codicille*

Copicnxirs nous miutabi Chmstophobi Colohbi (i).

Cum SS, Alexmder PP. VI me hoc devotlsslmo precum libello honorârît, summum mihi prmbente solatium in capUviUUibmtpraUisg et adversilatiêm met», volo utpaUmortm meam jp/ro memoria ^tradatur muaUimnut mem patrla reîpUàUe^ GemmU; et ob bénéficia in eadem uràe reeepia wlo ex stabilièus m Jtalia redditilms erigi ibidem novum hospitaLe ^ ac pro pauperum in patrîa meiiori suihsfentafione , deficienli (fdc linea mea mascuUna in admiralta • meo Indiarum et aimexis juxta prwilegiis dicti régis in successorem declaro et substitiio eamdem riempubliam Saneti GeorgU,

Patum f^Medotitl, 4 niaii i5o6«

XPOFÏRBNS.

(t) TradiÊetiân :

CoMCitLK SB flmmitmE Gommb^ sbloi hA voua uuTAïai*

c Le tràs-siûu pÂr« (Alexandre YI) m^ayaat gretifié de cei excellent livre de prière» qui m^e doon^ de^grandet eons«datioiis dans

tes combats ^ dans mà captivité et dans mSi malheurs, je yeux «piece présent mëmorahie soit devoîu nprès ma mort à la république de Gènes ^ ma trt^s— chère pairie. Je veux aussi qu^en recouuai^ance des bienfaits que j'ai reçus dans ladite ville, il y soit érigé im nouvel hôpital avec les fonds provenant de mes possessions en Itah'e, pour la subsistance des pauvres de ma pairie. Je déclare en oulro qu^en cas d^cfttnictîon de ma ligne maacoliiief je constitue ladke tépubliipie de Saint-Georges ( Gènes) habile à succéder à Pamiialai des Indes et aux antres privil^es aonexéa S celte diaige. » Faità VslbdnUd, le 4 mai i5o6. >

{Suit ia sigliauire de Calamb^y,

»B GHEISTOPHE COLOMB, 58l

Cette sigualare tiogiilière n*a pu encore dire expliquée.

Il n y a absolument d'intelligible que ie prénom du testateur Xpofbrens ( C hristoferens j, Christophe. Mais comme il a signé de la même manière deux Jeltres adressées, le si mars 1 5 02 , et le 17 décembre i5o4» Il rambamdeur Nicole» Oderigo, on' do peut pas douter que ce ne toit bien réritablement sa signature. Quant eux sigles pkcés au-dessus du mot Xpefer^s il serait difFicile de tirer quelques conjectures sur ce qu'ils signifient; ces lettres ont probablement rapport à quelque pratique religieuse.

Je pkofiieraî de cet article pour relever une faute graiM^qri se trouve dans met Reeherehet kisteriques et littéraires sur les Danses des Morts, etc., Paris et Dijon» 1826, in-8.*, fig. , p. 176. Il y est dit : « Une pièce

> extrêmement curieuse est un codicille de Christophe

> Colomb , lequel est écrit de sa propre main sur une

> page blanche de ses Heures de (a Fierge, qui furent

> données au pape Alexandre VI. s II faut lire : c Qui » lui furent données par le pape Alexandre VI » » ( qui a occupé le trône pontifical depuis le 11 août 1492 jusqu'au 18 aoùL i5o5). Il était impossible que Colomb qui a éprit son codicille le 4 mai i5o6, sur un feuillet de ces Heures , en eût pu liûre présent à Alexandre VI » nert em i5o5k S'il n'existe point d'autre original de ce , codiciilè que le feuillet en question » alors ces Heures 4e le Fierge Marte se trouvaient dans la bibliothèque Corsi à Rome. Au reste , pour décider cette question ,

- il faudrait avoir sous les yeux le Codice diplomatico Colombo-Americano^eic» f^MhXié par M. Spotomo, Gênes» ida5» in-4**> erné du portrait de Colomb et d'un fae- ,^ùmUa^ Mais il est difficile de se proeuier» dans |e fond d*uiie province» tous les ouvrages et tous les renseignemens nécessaires, surtout en fait de livres étranjErers, et particulièrement sur des matières aussi obscun s que «elles qui regardent la famille , la uttissance , la fortune

384 TESTAMENT, etc.

digesHs cum prœfatûmeD, BmufaeuAmerbaehiiJurêrcimi.

^sic), ut omni dcinceps impostura via intercladaiar , ne pro Erasmlco qaispiam edal , quod vlr ille non scripserit dumviveretm Accessit vUaÊrasrni per Beat, lihen, ad Episco, Cùhn» / Monodia FredericiNauseœ Erasmi vitam graphicè depingen»» FUa Erasmi ex ^tsius epistola ad Ser. (Servatmm)faHrem* Pneterea ne quid destderes, epithaphioram libellas cum clariss. vifwum aUfuot epistoUs, eunufuenuh nodiis , encomiis fConsolationlbus, elegiis, multisque doctiss» viroram epitaphtis , nunquam impressa (sic). Aiitverpia», apud viduam Martini Ciesaris Joanois Coccii , circiter calend. iiiaias,a]ino 153; , pet, tn-8.<*, en caraet, ilaitq,, sans paginatim, mais avec réetame à ekaqae page.

Ce petit Toluine , entièrement consacré à la gloire d'Erasme, offre des choses curieuses. Les détails sur ses ouvrais, adressés par lui en 1624 à J. Botzhem, qu'il avait surnommé Abstemias, parce qu'il ne buvait pas deTin^soniinléressans. Nous y avons remarqué surtout un passage oà^ se disculpant du reproche que lui «raienl lait certains calonmtateurs d*avoir retiré beaucoup émargent des dédicaces de ses livres, il raconte naîyement l'histoire de toutes ces dédicaces aux papes , cadinaux, empereurs, rois, etc. ; et son refr ain est presque toujours, nikil expectavi, nihil accepi ; non per me Teruncio foetus est pauperior; non me una drachma ditiorem fecit^ ejus serinOs nm decessit obolm^ tatUim desmit ^mnlum si ittàdat in oeaUm qaam»is teneram, nihil tarmmUi sii alkttiÊrums etc. etc. Nous n^oublîerons point ce morceau assez t'icudii , clans notre Chrysopce littéraire ou Aoùce Ixisiorujiie des récompenses , sommes, bénéfices et profits que certains auteurs anciens et modernes ont retirés de ieurs

9mages. Cet ouvrage est encore manuscrit.

TESTAMENT DÈ FERNAND LOllitZ.

( iS54t }

Le nom de ce fier conquérant a trop retenti dans

les deux mondes , pour que nous ayons besoin de nous appesantir sur les détails de sa vie. Les vastes régions qu'il a soumises au roi d*Ëspagne et le triste sort des Montezuma et des Guatimozin rappellent suifisammeni tout Téclat et tout refiroi attachés à ce nom fameux.

Nous dirons cependant en peu de mots que , né vers i485, à 'Medellini dans l'Estramadure » Fernand Corte^ est passé k Saint-Domingue en 1 5o4 ; qu*il est parti de cette île en loii pour accompagner Die^o Veiasquez, loi > (le son expédition de Cuba ; que sorti de San-lago le i8 novembre i5i8 , avec une ûolte de dix vaisseaux^ montée par six cents Espagnols et dix-huit chevaux , arec quelques pièces de campagne , il s'est avancé le long du golfe du Mexique^ qu'il a débarqué sur la cito le 4 mars i5ig; que successivement il a soumis les naturels du pays , tantôt par la surprime , la douceur et les caresses , tantôt par la violence , la terreur et îa force des armes; qu'enfin après des courses , des combats, des succès et des fatigues en tout genre» il est parvenu en i58i à détruire l'empire de Montezuma» et à s'emparer de ses riches el vastes domaines (i) et des pays environnans. Maître absolu de k ville de Mexico, capitale de Tempire, il l'a rebâtie en i^'mj dans le goût des villes de l'Europe. Il est inutile de dire que Corlez avait acquis des trésors immenses » dans un pays où Tor était le métal le plus tisuel. Gharles-Quint lui avait en cuire donné la vallée d'Oaxaca» érigée en marquisat et rapportant i5o»ooo livreii de rente» dans la NouvelU» Espagne , nom donné à la nouvelle conquête.

(i) Le % ieux Mexique t ou |a Hourvlle-Espi^^ne , a 6S7 Heti» do Uof rar aSo d« tvrge, fS une infiiee de iienei.

a. as

Copfiiflanl forcé de revenir en Europe pour défendre SCS biens contre le conseil des Indes , Cortez fut reçu froidement par Charles-Quint, et traité avec assez peu de considération à la cour. On finit même par tellement Poublier , qu'un jour voulant parler à Temperedr , il fendit la presse iqui entourait la voiture du prince et monta sur Félrier de fa portière : « Qnî êtes-vous? lui dit Charles. — Je suis, répondit firromont Cortez, > un homme qui vous a donné phjs de provinces que » ros pères ne toùs ont laissé de villes. sNge mot ne l'a ^ns doute pas raccommodé avec 1* empeieiiiv Abi^bUvé de dégoûts, il se retira près de Séville , y flt'aoïr fînh tainent le 1 1 octobre i547 , et y mourut le si décembre i55/|. • ' , ..,>-,,

Ce testament, pièce intéressante, qui porte Tempreinte de cet homme extraordinaire, était à peu près ignoré. On en doit la connaissance au célèbre voyageur' M» ta , Baron Alexandre de Ilumboldt, qui, arrivànf^if llbideb en avril i8o5 , et y séjournant , lé trouva dans le» aN chives de la niaisim del Estado (du marquis del Valle), sitiît^c sur la grande place de cette ville. 11 en prit copie sur Toriginai espagnol, cl lorsqu'on i8ii il publia son Essai politique sur la NotweHe-Esffagne, s voL in^.* et atlas in-foL ow 5 tfoL m-8.* » il en fit mention et méàie èn cita une clause assez singulière , tom. II , p. 4^ ^ l'édition in-8.* flffâîs dès-lors M. Jules Renouard a donné line nouvelle édition de cet ouvrage, Paris ^ 1827, 4 vol. in-8." , avec un superbe atlas de 20 planches gr. in-foL Cette édition très-belle, très-soignée et revue par l'auteur, est enrichie, tom. IV» pp* 3i4— 398, d'un extrait assez détaillé du testament de Cortez, trad. def 'espagnol. En même temps M. J. Renouard a publié le même ouvrage de M. Humboldt , h aduit en espagnol sous ce titre : Ensayo polît ico sobre la Nueva Espagna, por et baron A, de HamboLdt; segonda edicion, èorregida y aumentada adcmada con mapas; traducid^

DK FBRNAND CORTBZ. 387

at castiUmo, por F. G, Amm. Paris, 1827, 5 voL ifi-8.*

Le testament en question » dans son texte origina} , y est rapporté en entier , tom. IV , pp.' Soy— 35o. C'est la première fois que ce monument historique a été imprimé aussi complètement.

Nous regrettons beaucoup que rétradue de cette pièce curieuse ne nous permette pas de la donner en entier; mais au moins nous en ferons connaitre les prin* paux, articles»

Ce testament tel qu'il est rapporté, soit par extrait , soit en -entier, dans les deux ouvrages précités, est précédé de pièces judiciaires relatives à son ouverture. Ensuite vient l'acte lui-même composé de 64 articles. U commence ainsi :

€ Au NOM DB LA TR^S-SAINTE TrI1IIt£, PèrO, Fil<î ,

> Saint-Esprit , qui sont trois personnes en un seul Dieu » TéritaMe , que je tiens , crois et confesse pour mon

> vrai Dieu et rédempteur; au nom de la très-glorieuse

» et bienheureuse Vierge Marie , sa sainte mère , notre s> de*) me et avocate; à tous ceux qui le présent verront, :» moi,

> Don Fbrnard Cobtxz , mabquis db la talléb

> h'OaXACA, fiOVTBBlIBlIB DE LA NoUVELLE-EsPAGNE ET

> DE LA «BB DU SUD, pouT S« M. I. Charles, cinquième 1

> du nom , roi d'Espagne , mon souTerain maître et

> seigneur , lais savoir ce qui suit :

> Etant malade , mais jouissant encore de toute ma » raison , telle qu'il a plu à Dieu , notre Seigneur , de

> vouloir bien me l'accorder, et m'attendant à la mort,

> pubque tout ici-bas lui est soumis , et désirant, quand

> Dieu voudra me retirer du monde , avoir tout fiiit pour » sauver mon àme et trancpiilliser macénscience, j'ai 3> fait ce testament que je déclare valable et dont j'opy> donne Texécutioa comme étant ma dernière, ma seule

> volonté*

38S TESTÀMENX

» I. En premier lieu, si je Tiens •& moorSr en Espagne,

» mon corps sera déposé dans l'église paroissiale du lieu

> où je trépasserai , jusqu'à ce que mon successeur juge » convenable de trans|K>rter mes restes à la Nouvelle-

> Espagne , ce ^u'îl devra £Eiire dans les dix années qui » guÎTront ma mort* C'est dans ma ville de Guyoacan » que je Teiut être enseveli» dans le monastère de re-

> Ugieuses que je veux qu'on y élève et qui recevra le

> nom de Conception de tordre de Salnt'François, le i> jour de mes funérailles. Car ce sera là ma sépulture et

> celle de mes descendans.

IL J'ordonne » s'il plait à Dieu que Je meure en

> Espagne , que la volonté de ceux ou même de quel-

> ques-uns de ceux que j'ai nommé mes eskécutenrt

> testamentaires » règle mes funérailles.

^ JIL Outre les curés , bénéficiers et chapelains de * cette paroisse qui doivent porter mon corps , on ras-

> semblera tous les moines de tous ordres qui se trou-

> veront dans la ville ou le village où je mourrai , el ils

> accompagneront la croix et assisteront à mes limé*

> vailles. On leur fera, selon Tusage, une aumône» etc. » rV. On habillera ce même jour 5o pauvres , avec de

> longs manteaux de drap brun , garnis de capuchons;

> ils suivront mon corps en portant des torches allumées. » Chacun d'eux recevra un rèat ( i ) après la cérémonie.

> V. Je veux que le jour de mes funérailles , si elles 9 ont lieu avant midi , ou sinon le jour suivant , on dise

> dans toutes les ^iises, tous les monastères du liea

> où je mourrai , autant de messes que Ton pourra; en

> outre y on en dira, les jours suivans , jusqu'à la con-

> currence de 5ooo destinées ainsi qu'il suit : i ooo pour

> les ames du purgatoire; 2000 pour les ames de ceux

> qui sont morts près de moi et à mon service» dani^

tO Le M «8t «11110^ namienant S7 cent. Que ?iIaiVil dan» U XVI.* «éclef

DE F£RNÂND CORTEZ. 589

> la découverte el b 'conquête dé la NouTelle-Ëspagne.

> Les soeo qut restent seront dîtes pour les ames de 9 ceux envers qui j'ai des obligations que j'ignore ou

> que j'ai oubliées. Car pour les enf^agcnions présens à y ma mémoire , j'ordonne qu*ils soient r( iii|>iis , et qu'on

suive pour le paiement les instructions que je donne ■jf dans ce testament. Quant au prix .des 5ooo messes» » mes héritiers feront distribuer les aumônei accoutu-^

> mées, et je les prie que dans tout ce qu'ils feront

> de pkitf , ils s*appliquent à diminuer les dépenses qui

> n'ont pour but que la pompo et b s ^ anités de ce y> nionde> et qui sont mieuix employées» au salut de nos 9 ames.

> VI* Le jour de mon enterrement» mes héritiers

> donneront à mes domestiques et à ceux de ma fiuniUe

> un vêtement de deuil. Il leur sera payé en outre, pén-

2> dant six mois , après ma mort, le salaire qu'ils gagnent

> ou c^u'ils gagneront à cette époque, et on les nourrira

> pendant tout ce temps. On leur soldera tout ce qui

> sera dù de leurs gages , à l'époque où- ils voudront

> quitter mon successeur Don Martin*

» VIL je veux, lorsque mes os seront transportés à

> la Nouvelle-Espagne , pour être ensevelis dans le mo^

> uastèrc qu'on élèvera scion mes ordres , que tout se

> fasse à la volonté de la marquise Doua Juanu.de Zuniga

> ma femme qui réglera mes funérailles , et à celle de

> mon successeur, ou de tout autre administrateur de

> mes biens à cette époque.

» VIIL Je veux que les os de Dona Gatalina Pizarro,

> ma dame cl mère , ceux de Don Louis, mon fils , qur y sont enterrés dans Téglise du monastère de SaiuU-

> François de Tezcuco , et ceux de Dona Gatalina , ma

> iiile , qui sont dans le monastère de Cuahuanavac »

> soient transportés avec les niiens dans ledit monastère » que je me propose de construire dans ma dite ville

> de Cu^poecan. >

3gO TESTAIIERT

L*article IX a rapport à la construction d'an hâpital tous le titre de Nuesira Semura de la ConcepeiM, doit être ^levé dans la Tille de Meuco. Coitez veut qu^il le

^it entièrement à ses frais, selon les plans qu'il a envoyés cette même année (i547) ^ Nonvclle-Espagne. Il destine h cette dépense le montant des loyers des boutiques et maisons qu'il a à Mcxîco, sur la place et dans

les mes de Tacuba» de San-Francîsco , etc. .«

€ X. J'ordonne que dans la chapelle oà repose le

> corps de Martin Certes , mon père et seigneur » idahs

> le monastt'rc de San-Francisco de Medellin , on cé-

> lèbrc à perpétuité, pnr une messe, l'anniversaire de

> sa mort , et que les cérémonies soient laites selon les

> instructions que j'ai données , et mes successeurs s'y » conformeront à jamais; et pour cela je nomme Dop

> Martin» mon fils et successeur, protecteur de ladite 9 chapelle

* XI. Dt'pui» que le Dieu de miséricorde , mon Sei-* y gneur, m'a conduit et guidé dans la découverte et

> la conquête de la Nouvelle-Espagne et de toutes les

> provinces qui en dépendent» sa main bienfaisante a 3 répandu sur moi de constantes fiiTeurs. J'ai remporté

> des Tictoires snr les ennemis de la sainte foi catholique»

> j'ai pacitié et peuplé ce royaume , ce qui sera utile, 1 je l'espère , au service du Dieu notre inaitre. Pour 1 tous ces bienfaits , et aussi pour cllacer toutes les

> fautes quf sont sorties de ma mémoire et pourraient » charger um conscience , l'ordonne la construction des » édifices suivans, »

Les articles Xn, XIII, XIV, XV, XVI, XVII et

XVIII, regardent ksdits édifices , (jui (loi vent consister dans l'hôpital de Notre-Dame de La t onccpùon, qui sera, comme on la déjà dit » construit à Mexico » dans un monastère de religieuses sous le nom de Concêpiicn de t4n'dredeSm)U'Françm,khà%irâmihvûledeCu^ et dans un coUége qui sera fimdé dans h même ville ^

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