‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 5)Chapitre 100 sur 136 · ADDITION AU TESTAMENT D'ERASME · texte numérisé non relu

ADDITION AU TESTAMENT D'ERASME

Erasme est né en 1 465 , et non en 1 467 , comme nous l'avons dit , tom. I, p. i85. C'est ce que nous apprenons par une lettre de Paul Volzius , écrite à Beatus Rhenanus le 1." décembre i536, quatre mois après la mort d'Erasme , oî|i il dit : Fixit annis LXX mensibas VHl dicbus XV , ilasuppatallsàXXVIIl die octob. annlLXV supra millesimum (juadragentesimam Christl natalls usque ad XI diem quintiils ( 1 ) anni MDXXXFI , in quo die mortuus est in Domino , etc.

Ce Volzius , comme on le voit dans le testament d'Erasme , était un de ses légataires , et par conséquent l'un

(i) Volzius nous semble ici se tromper sur le jour de la mort d''Erasine : ce nVst pas le 1 1 , mais le i3 juillet qu'il est mort. On doit plutôt s'en rapporter à la date portée sur le tombeau qui est

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de ses amis, ainsi que BealusRhcnanus. Dans celle lettre, il exprime à celui-ci tous ses regrets sur la perte qu'ils viennent de faire; il y parle aussi du testament en question , et du legs qui lui a été fait , ainsi que d'autres présens qu'il tenait précédemment de la libéralité d'Erasme : Et ne îuUh quoque si sllearn , dit-il , pessimum in~ gratUadinis v'iclum (sic) improperetar , prater Uteraria munera cpiibus me subindc ornavit , eliam haud ita diu utile morlem suani pocido me donavit argenteo ( i ) , sed ita undicjue inaurato ac miré fabrècfue fado , ut si videas, nun- (juavi satis videas. Insuper testamenti nomine legavit mihi cenlum aurcos , quos integerrimi viri D. D. Bonifacius Amerbachius hœrcs , Hieronymus Frobenius et iMicolaus Episcopius executores mihi numerârunt et Argentoratum usque prtBsentdrunt. Demisso antea poculo Sapidus noster elegantissimum scripsit carmen quod non minus quam ipsum poculum deleclabile est , illud visu , hoc auditu, etc. Cette lettre de Volzius se trouve dans un petit livre que le hasard m'a procuré. Il a pour titre : Cataiogi duo operum D. Erasmi Roterodami ab ipso conscripti et

dans la cathédrale de Bàle , qu'à la lettre de Volzius. Voici rinscription tout entière :

CHRIS TO SERFATORI S.

Des. Erasmo Roterodamo , viro omnibus modis maximo , cujus incomparabilem in ojiini disciplinarum génère eruditionem pari conjunctam prudentia posteri et adniirabuntur et prœdicabunt : Bonifacius Amerbachius , Hieronymus Frobenius , Nicolaus Episcopius hœres et nuncupatisupremœ suce voluntatis vindices^patrono oplimo^ non memorice , quam immortalem sibi editis lucubrationibus coni— paravit , iis tantisper dum orbis terrarum stabit super futuro , ac eruditis ubiqne gentium colloquuturo ^ sed corporis mortalis quo reconditum sit ergo , hoc saxum posuère. Mortuus est IIII id. j'ul. jam septuagenarius ^ anno à Christo nato M.D.XXXyi, Le IV des ides de juillet est bien le 1 1 , et non le 12. (i) Erasme a donne ce gobelet d'argent doré à Volzius le 8 février i536, six mois avant sa morf, le poëme fait par J. Sapidus sur ce petit meuble, et dont il est question plus bas, est en 36 vers hexamètres et pentamètres.

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digestif cum prœfatione D . Bonifacu Amerbachujarercom. ( sic ) , ut omni deinceps imposturce via inlercludatur , ne pro Erasmico quispiam edat , quod vlr ille non scripserit dum v'iveret. Accessit vitaErasmi per Beat. Rhen. ad Episcd Colon. ; Monodia Frederici Naaseœ Erasmi vitam grapliicè depingens. Vitfi Erasmi ex ipsius epistota ad Ser. (Servatium) patrem. Prœterca ne quid desideres , epilhaphioriim libellas catn clariss, viroram aliqaot epistoUs , cumquemonodiis,encomiis, consolationibus, elegiis, multisque doctiss. viroram epitaphiis , nmiquam impressa (sic). Antverpiae, apud vidiiam Martini €a?saris Joannis Coccii , circiter calend. maias,anno ibôj , pet. in-S.° , en caract. italiq., sans pagination , mais avec réclame à chaque page.

Ce petit volume , entièrement consacré à la gloire d'Erasme, offre des choses curieuses. Les détails sur ses ouvrages, adressés par lui en 1624 à J. Botzhem, qu'il avait surnommé Absteniias , parce qu'il ne buvait pas de vin, sont intéressans. Nous y avons remarqué surtout un passage où, se disculpant du reproche que lui avaient fait certains calomniateurs d'avoir relire beaucoup d'argent des dédicaces de ses livres, il raconte naïvement l'histoire de toutes ces dédicaces aux papes , cadinaux, empereurs, rois, etc. ; et son relrain est presque toujours, nihil expectavi, nihii accepi ; non per me Teruncio fadas est pauperior; non me una drachma diliorcm fccit ; ejiis scriniis non decessit oboliis ; tanlum donavit quantum si incidat in oculum quamvis tcncrum, nilùl lormcnti sit allaturam, etc. etc. Nous n'oublierons point ce morceau assez étendu, dans notre Chrysopce lillcraire ou l\'otice historique des récompenses, sommes, bénéfices et profits que certains auteurs anciens et modernes ont retirés de leurs, ouvrages. Cet ouvrage est encore manuscrit.

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