‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ou leur bizarrerie; avec des détails historiques et des notes (volume 5)Chapitre 101 sur 136 · TESTAMENT DE FERNAND CORTEZ · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE FERNAND CORTEZ

Le nom de ce fier conquérant a trop rolonli dans les deux mondes , pour que nous ayons besoin de nous appesantir sur les détails de sa vie. Les vastes régions qu'il a soumises au roi d'Espagne et le triste sort des Alonlezuma et des Gualimozin rappellent sulTisamment tout l'éclat et tout Teffroi attachés à ce nom fameux.

Nous dirons cependant en peu de mots que , né \ ers i485, à Medellin, dans l'Estramadure , Fernand Corlez est passé à Saint-Domingue en i5o/|; qu'il est parti de cette île en i5ii pour accompagner Diego Velasquez, lors de son expédition de Cuba; que sorti de San-Iago le i8 novembre i5i8 , avec une flotte de dix vaisseaux, montée par six cents Espagnols et dix-huit chevaux , avec quelques pièces de campagne , il s'est avancé le long du golfe du Mexique; qu'il a débarqué sur la côte le 4 mars iSig; que successivement il a soumis les naturels du pays , tantôt par la surprise , la douceur et les caresses, tantôt par la violence, la terreur et la force des armes ; qu'enfin après des courses , des combats , des succès et des fatigues en tout genre , il est parvenu en 1021 à détruire l'empire de Montezuma, et à s'emparer de ses riches et vastes domaines (i) et des pays environnans. Maître absolu de la ville de Mexico, capitale de l'empire, il l'a rebâtie en lôsg dans le goût des villes de l'Europe. Il est inutile de dire que Cortez avait acquis des trésors immenses , dans un pays où l'or était le métal le plus usuel. Charles-Quint lui avait en outre donné la vallée d'Oaxaca , érigée en marquisat et rapportant i5o,ooo livres de rente, daas la l\ ouvelle- E s pagne , nom donné à la nouvelle conquête.

(i) Le vieux Mexique , ou la Nouvelle-Espagne , a 667 lieues de long sur 25o de large, et uue surface de 35,333 lieues.

Cependant forcé de revenir en Europe pour défendre ses biens contre le conseil des Indes , Cortez fut reçu froidement par Charles-Quint, et Irailé avec assez peu de considération à la cour. On finit même par tellement l'oublier , qu'un jour voulant parler à l'empereur , il fendilla presse qui entourait la voiture du pi^ince et monta sur l'étrier de la portière : « Qui êles-vous? lui » dit Charles. — Je suis, répondit fièrement Cortez, » un homme qui vous a donné plus de provinces que » vos pères ne vous ont laissé de villes. » Ce mot ne l'a sans doute pas raccommodé avec l'empereur. Abreuvé de dégoûts , il se retira près de Séville , y fit son testament le 1 1 octobre io/\j , et y mourut le 2 décembre i554.

Ce testament, pièjce intéressante, qui porte l'empreinte de cet homme extraordinaire , était à peu près ignoré. On en doit la connaissance au célèbre voyageur M. le baron Alexandre de Humboldt , qui , arrivant à Mexico en avril i8o3 , et y séjournant , le trouva dans les archives de la maison dcl Estado (du marquis del Valle), située sur la grande place de cette ville. Il en prit copie sur l'original espagnol, et lorsqu'en i8ii il publia son Essai politique sur la Nouvelle-Espagne , 2 vol. in-4.° et atlas in-fol. ou 5 vol. in-S." , il en lit mention et même en cita une clause assez singulière, tom, II, p. 4'^ de l'édition in-S." Mais dès-lors M. Jules Renouard a donné une nouvelle édition de cet ouvrage, Paris, 1827, 4 vol. in-8.°, avec un superbe atlas de 20 planches gr. in-fol. Cette édition très-belle, très-soignée et revue par l'auteur, est enrichie, tom. IV, pp. 3i4— Ô28, d'un extrait assez détaillé du testament de Cortez, Irad. de l'espagnol. En même temps IM. J. Renouard a publié le même ouvrage de M. Humboldt , traduit en espagnol sous ce titre : Ensayo politiro sobre la Nacva Espagna , por el baron y/, de Humboldl ; scgonda edicion, corregida y aumcntada adornada cou mapas ; traducida

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