TESTAMENT DE L'HERMITE
lielirqiiendum est. MArt. 4> Ep.
11 faut to>it nbandonner.
« C'est un fort ancien usage que celui des testamcns, à en juger par le testament de Noé, cité par Eusèbe, et dont le moine Cédrène nous a conservé les principales dispositions dans sa Chronique (i). Je sais que beaucoup d'écrivains se sont élevés contre ce droit , en vertu duquel un homme dispose de biens qui ne lui appartiendront plus dans un temps où il aura cessé d'être : je ne suis pas de ces gens-là ; je trouve tout simple qu'on donne ce que l'on possède, à la condition de n'en faire jouir les autres qu'au moment où l'on ne pourra plus en jouir soi-même, et je ne serais pas embarrassé de prouver que sur ce point , et pour cette fois , l'usage se trouve parfaitement d'accord avec la raison, la justice et la morale.
(i) Il est rapporte dans noire discours préliminaire.
DE L\ CHAUSSÉE d'anTIN. 4^9
ï Pour nifUrc, aulanl qu'il est on mon j)ouvoir , ce dernier acte de ma volonté à l'abri de la chicane qui s'introduit le plus souvent entre deux formalités , j'ai pris le parti do faire ce qu'on appelle un teslnment olographe, et d'y établir pour première clause, à l'exemple de Duclos , que tout donataire qui élèverait la moindre dilliculté sur tout ou partie dudit testament, soit déchu par cela même du droit qui résulte de la disposition faite à son profil. Qu'une pareille détermination soit généralement adoptée; qu'elle devienne protocole indispensable dans tous les actes de cette nature, et l'on tarit la source la plus abondante des procès les plus scandaleux.
» Attendu que je compte h mon neveu , pour la meilleure partie de la succession que je lui laisse , la réputation d'honnête homme, à laquelle j'ai travaillé pendant soixante ans, j'exige qu'il la défende unguibus et rostro, contre ces compaguies de braves nouvellement réorganisées , qui attaquent et qui battent avec tant de courage les gens à terre ou en terre.
2> Je déclare que je sors de ce monde bien persuadé que je vais en trouver vm meilleur ; ce qui doit paraître excessivement probable au plus incrédule, pour peu qu'il ait passé comme moi 76 ans dans celui-ci.
» Néanmoins, comme il faut, autant qu'on peut, mourir en paix, même avec ceux avec qui l'on a vécu en guerre, je demande sincèrement pardon aux fourbes que j'ai démasqués , aux intrigans que j'ai signalés , aux sots dont j'ai eu le malheur de rire , comme je pardonne moi-même aux ingrats , aux envieux , aux calomniateurs , aux libellistes qui ont tourmenté ma vie du mieux qu'ils ont pu. Je ne parle pas de quelques beautés infidèles dont ma jeunesse a eu beaucoup à souffrir : chacune à son tour a obtenu le pardon de l'autre.
» J'ordonne que tous mes papiers, sans exception,