‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ouChapitre 28 sur 96 · TESTAMENT DE F. DE LA PALU-VAREMBON · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE F. DE LA PALU-VAREMBON

Voici encore un testateur qui, marchant sur* les traces du docteur de Padoue cité plus haut, veut éliminer de son convoi funèbre la triste et lugubre couleur affectée au deuil.

François de la Palu-Vàrembpn, seigneur de Beaumont-sur-Vîngeanne , en Bourgogne, fait en 1456 un testament dont les dispositions, opposées ace qui est en usage dans les cérémonies funéraires, portent qu'à son enterrement assisteront quinze filles pucelles, des plus pauvres de ses terres, vêtues de drap blanc, aux frais de ses héritiers, portant chacune une torche de trois

DE PHIUPPE-EE-BON. tOt

livres , et ayant sur la tête un chaperon rouge ; que ses héritiers seront également habillés de drap blanc à ses funérailles, et tous les ans, le jour de son anniversaire. Enfin il ordonne que quatre cierges, du poids chacun de 26 livres, seront mis aux coins du cercueil.

La cire était encore fort rare et fort chère aux XIV.* et XV." siècles. Phîlippe-Ie-Hardi , duc de Bourgogne, crut, en iSgS, faire un vœu d'importance , en promettant , pour un de ses fils malades, son pesant de cire à Saint- Antoine de Vienne , et un cierge de vingt-deux livres à Saint-Thomas en Auxois. Le village de Varoye-en-Montagne ftit affranchi en 1^25 moyennant une demi-livre de cire par habitant, et un quart par veuve, etc.

DUC DE BOVIkGOGNE.

(Né à Dijon le 3o juin iSgS^ mort à Bruges le i5>juin 14^7* )

PHiLippE-LE-BoN^est un des meilleurs princes que la Bourgogne ait eus; et quoique, par suite de l'assassinat de son père Jean-sans-Peur f-^j, il ait fait beaucoup de mal' à la France, s'étant allié avec les Anglais , dans les guerres que Charles VII a eu à soutenir pour reconquérir son royaume , on ne peut s'empêcher de rendre justice àses bonnes qualités. Dans un siècle corrompu et encore à demi barbare, H était pieux, humain, juste, bon et très-généreux. Son testament en fait foi; et quoiqu'il ne présente rien de bien extraordinaire , il est toujours curieux commet

monument du temps. Nous y remarquons que dans ce siècle comme dans les précédens, et encore longtemps après , les enfans naturels figuraient dans les testamens sous le nom de bâtards; et même des gens très-marquans s'honoraient de ce surnom. Nous verrons que Philîppe-le-Bon n'oublie pas les siens ; mais il ne leur donne que des legs. Comme ce testament est assez étendu, et que plusieurs articles ou parties d'articles sont d'un intérêt assez médiocre aujourd'hui, nous nous restreindrons, tout en respectant le texte, à ce qui nous paraîtra plus essentiel; et cela formera encore la grande majorité dû coutenu de cet acte. Nous le ferons suivre d'une pièce assez curieuse renfermant des détails sur la maladie et la mort de Philippe-lc-Bon.

Occupons-nous d'abord du testament. 11 commence ainsi :

« Philippe, par la grâce de Dieu, duc de Bourgongne, deLothîer, deBrabant et deLimbourg ; comte de Flandres , d'Arthois , de Bourgongne; palatin de Haynnau, d'Holande, de Zelande et dé Namur ; marquis du saînct empire, seigneur de Frise , de Salins et de TVIalines.

» A tous ceux qui ces présentes lettres verront salut : sçavoir faisons que n'estant chose si certaine que la mort , ny plus incertaine que l'heure d'icelle, ne voulant pas demeurer intestat, mais comme bon catholique, avons fait et faisonè^ nostre testament et ordonnance de dernière volonté par la forme et en la manière qui s'ensuit , en revocant expressément tous autres testamens que avons faits par cy devant; fors entant qu'ils

seroient conformes et seinblables au eontenu de ces présentes.

» Et premièrement quand il plaira a Dieu que aillions de ^ie a trespas , nous lui recommandons nostre ame , a la benoiste glorieuse Vierge Marie , a monsieur Sainct André apostre , et a tous les saincts et sainctes de paradis.

» Item. Eslisons nostre sépulture , voulons et ordonnons nostre corps , quelque part que nau» aillions de vie a trespas , estre porté et inhumé et sépulture en nostre église des Chartreux de Dijon, auprès et a Fendroit de feu mon très cher seigneur et père qui Dieu pardoint^ en tirant droict vers le grand autel , et s'il arrivoit que pomr aucune cause ou nécessité fussions mis ailleurs, nous entendons que ce ne soit que par manière de depost , et que le plustost que faire se pourra, soyons porté et inhumé en nostre dicte ^lise des Chartreux par la manière que dict est , et voulons que le» tombes et représentations de feu nostre dict seigneur et^pere et de nous^ estre faictes, accomplies et assises le plus brief que faire se pourra par nos exécuteurs ci-dessous, nommés ; selon, que les avons ordonnées et divisées les avons au cas que en nostre vivant ne les^ ferions mesme faire et asseoir (B).

» Item. Voulons et ordonnons que toutes et chacunes les deptes que nous devrons au temps de nostre deceds^ et dont il aperra deûement a nos exécuteurs paient et fassent payer de et sur le plus clair de nos biens, et le plustost qu'ils pourront bonnement a la décharge de nostre ame. » Item^ Donnons et laissons aux religieux^

prieur et double convent des Chartreux lez

Dijon 100 livres tournois de rente » (Ce legs

est Irès-détaillé et augmenté d'une autre somme de 100 livres, pour des messes « que les Chartreux seront tenus de dire et de faire les services et menus suffrages de dévotion, pour le remède des âmes du duc et de feu son dict très cher seigneur et père, de feue sa très chère dame et mère, et de feue sa très chère amée et compaigne la duchesse Bonne d'Ârthois qui Dieu pardoint. » Il donne de plus 3,000 livres monnoye royale aux dicts Chartreux, outre 2,000 livres déjà données, pour reedifîer et entretenir leurs batimens.

» Item. Dopnons et laissons aux prieur et çonvent des Chartreux lez Beaune 100 livrer tournois de rente

» Item. Donnons et laissons aux religieux, prieur et convent des Chartreux de Lugny lez Barberans, la somme de 60 livres de rente

» Ite?n. Donnons et laissons aux religieux, convent et abbé de ^ordre de Cisteaux, 100 livres tournois de rente

» Item. Semblablemcnt et a toutes telles char-i » ges , donnons et laissons aux religieux , abbé et » convent de Clerevaux, 100 liv. de rente

» Item. Et aussi semblablemcnt donnons et laissons aux religieux, abbé et convent de Sainct Antoine de Viennois, joo livres tournois de rente

» Item. Donnons et laissons aux religieux, abbé et convent de Sainct Oyant de Joux appelé communément Sainct Claude, 100 livres tournois de rente, ,,., ,

» Item. Voulons et ordonnons que ez églises et cathédrales de Besançon, Ostun (Autun), Chaalons, Maçon, Auxerre, Amiens, Arras, Cambrayet Therroûenne, et en chacune d'icelles, soit faict et célébré un obit et anniversaire solemnel chacun an perpétuellement a tel jour que' irons de yie a trespas

» Item. Donnons et laissons a tous les conyens des quatre ordres mendians de nos pays, de nos duchez et comtez de Bôui^ongne, Charolois, Masconois, Auxerrois, Brabant, Limbourg, Flandres, Arthois , Haynnau , Holande , Zelaride et Namur, a chacun d'iceux convens vingt livres pour une fois

» Item. Et en oultre aux convens des frères prescheurs, des frères mineurs et des carmes lez nostre ville d' Arras donnons et laissons la somme de 1 000 livres pour une fois

» Item. Voulons et ordonnons que de nos biens et de nostre exécution soit prise la somme de 10,000 livres. monnoye royale, laquelle voulons estre donnée, baillée et distribuée le plustost que faire se pourra bonnement après nostre deceds, aux pauvres églises , hospitaux et maisons Dieu de nos païs , des duchez et comtez de Bourgongne , comtez de Charolois , Masconois et Au* xerrois.

» Item. Mesme somme de io,ooo livres aux pauvres églises, hospitaux et maisons Dieu de nos païs de Brabant, Limbourg, Flandres, Artois, Haynnau, Holande, Zelande etNamur.

» Item. Donnons et laissons a nos familiers et serviteurs de nostre hostel la somme de 20,000

livres pour une fois pour les recompenser aucunement de leurs services , et alEn qu'ils soyent plus tenus de prier pour nous et les distribuer entre iceux familiers et serviteurs par nos dicts^ exécuteurs et par leur ordonnance. C'est a sçavoir 10,000 liv. aux chevaliers, escuyers, conseillers, secrétaires et chapelains qui nous serviront au temps de nostre trespas, a chacim selon son estât et selon qu'ils nous auront plu» longuement servi, et ou il sera mieux employé, et qui plus grand besoin en auront et de nous auront eu moins de profQct; et les autres io,ooa liv. de rente a gens de moindre estât, comme queux (cuisiniers) , faulconniers, veneurs, varlets^ servans et autres gens au dessoubs, a chacun selon son estât

» Item. Voulons que les dons et transport»

que avons faicts a nostre très chère et très amée compagne la duchesse de plusieurs terres et seigneuries et aussi l'assignation de son douaire y avec les octrois de pouvoir tester des biens que donné lui avons où d'une partie d'iceux, lui soyent et demeurent bons et valables et les cbnfermons et chacun d'iceux par celuy nostre présent testament au proffict d'icelle nostre compagne.

» Item. Voulons et ordonnons que les dons, recompensations, offices et pensions que avions donné a vie a nos chambellans et autres serviteur» de quel estât qu'ils soyent , leur demeurent leur vie durant , selon la teneur des lettres qu'ils en ont de nous.

» Item, Nous faisons, nommons, et instituons* nostre héritier et successeur universel, en tou»

nos biens, terres et seigneuries, nostre très cher et très amé fils Charles , comte de Charolois et seigneur de Chasteau Belin, et s'il advenoit (que Dieu ne veuille) qu'il allast de vie a trespas devant nous, et que au temps de nostre deceds, nous n'ayons autre enfant ou hoir légitime masle ou femelle descendant de nostre corps ou de nostre dict fils : en ce cas, nous voulons et consentons que nos biens , terres , et seigneuries escheent et succèdent a ceux et celles de nos sœurs, nepveux, et parents plusprouchains, auxquels selon raison elles devront escheoir et succéder a la charge de laccomplissement de cestuy testament par la main et par l'ordonnance de nos exécuteurs cy après nommés.

» Item. Voulons que nostre dict fils le comte de Charolois s'il nous survit , et consequemment tous nos autres héritiers et successeurs en la comté de Flandres, soyent tenus de donner et envoyer chacun an perpétuellement a leurs frais la somme de 5oo ducats d or aux religieux cordeliers du mont de Syon.

» Item. A Cornille nostre fils bastard nonobstant quelque chevance qu'il ait d'autre part donnons et laissons 6000 liv. monnoye royale de rente et héritage pour luy et les hoirs de son corps descendans en droicte ligne et eu loyal mariage , laquelle rente lui voulons estre baillée et assignée bien et seu rement en nos pais de par deçà de Brabant, Flandres, etc

» Item. A Anthoine nostre fils bastard donnons et laissons semblablement â5oo liv. monnoye royale de rente a héritage pour luy , et les hoirs descendans de son corps en droicte ligne

» Item. A Marion nostre fille bastatde , donet laissons la somme de i5,ooo livres moanoye royale pour son mariage et pour estre employez le tout ou au moins la plus grande partie en rentes et héritages au proffict d'elle et des siens.

» Item. A nostre autre fille bastarde qui est demeurante a présent en Thostel de Pierre Duchesne nostre rentmaistre de Brabant , donnons etlaissons pareillement la sommede 1 2,000 livres, monnoye royale pour son mariage

» Item.. A nostre autre fille bastarde, a présent demeurante en Flandres, donnons et laissons pareillement la somme de 1 o,ooa livres pour une fois pour son jnariage

> Item. Et au regard de nostre Ordre de la Toison d 'Or que avons ordonnée et mise susdepuis certain temps en ça (C) , ce dont ne sont encore gueres accomplies ne assouvies du tout les fondations , édifices et autres ordonnances et mesmement l'ordonnance par nous faicte d'acquérir dans nostre ville de Dijon lieux et places et y faire édifices , et aussy acquérir rentes pour le vivre et estât de douze pauvres anciens chevalîerr de bonne renommée : et pour ce que ne sçavon»: s'il plaira à Dieu nous faire cette grâce cpie avant nostre deceds puissions accomplir toutes les dictes; fondations et ordonnances , nous voulons et ordonnons que ce qui en restera a faire et accomplir au temps de nostre deceds soit parfaict et • accompli des biens de nostre exécution ainsy et par la manière que nos die ts exécuteurs trouverons estre ordonné par nous au chapitré de nostre dict ordre.

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» Item. Voulons en outre que en nostre ville de Dole pour le bien et augmentation de nostre fillç de luniversité du dict Dole (i) soit a nos dcspens ou des biens de nostre exécution fondé

(1) M. de Persan dit dans ses Recherches sur Dole, p. 55i : < On croit que c'est vers 1400 que fut établi à Dole » le premier collège que l'on appelait alors collège de » grammaire : Tinstruction y était confiée à des laï- » ques, et l'on y tenait quelques pensionnaires. » La conjecture de M. de Persan sur la date de l'établissement d'un collège à Dole , me paraît détruite par cette clausedu testament de Philippe-le-Bon , qui , s'il eût existé 9 ea aurait fait mention; et sans doute ce collège n'a été établi que postérieurement à la date du testament de ce prince, rédigé en 14419 ou même après. sa mort arrivée en 1467- Quoi qu'il en soit, ce collège céda la place aux Jésuites, et M. de Persan s'étend beaucoup sur l'historique de l'établissement des RR. PP. à Dole. C'est en 1679 que le P. Edmond Auger, disciple.de S. Ignace, vint dans cette ville; et comme il avait déjà établi les collèges de Tournon , de Toulouse , de Lyon et de Bordeaux , le parlement, l'université et le magistrat de Dole, qui désiraient vivement un collège dirigé par la société nouvellement formée par S. Ignace, s'adressèrent à lui. Le P. Edmond ayant répondu avec empressement au désir qu'on lui témoignait, on sollicita le consentement du gouverneur de la province, de l'archevêque de Besançon, l'agrément du roi d'Espagne et du général des Jésuites. L'agrément du roi se fit attendre deux ans.- Ce ne fut qu'en i582 que l'ouverture des classes se Bt (le aa juin). 11 n'y eut d'abord que trois régens, un pour la rhétorique, ql» pour les humanités et un pour la grammaire. Mais en i584, le collège prit un tel accroissement qu'on y comptait 25 Jésuites et 5oo écoliers; puis peu d'années après, . il y eut 5o pères et 800 écoliers.

Ce célèbre collège était connu sous le nom de l'Arc. Il

un collège pour un maistre et douze pauvres escoliers, de la nation de nos dicts païs^ de nos dicts duché et comté de Bourgongne , pour le vivre desquels soyent acheptées rentes et revenues a toujours, et aussy pour leurs demeures, maisons et édifices a la distribution et par Fadvis de nos exécuteurs jusques a la somme ^e 10,000 livres pour une fois , et au dessoubs (D) .

» Item. Et pour ce que par nostre testament autrefois faict (en 1426) et aussy par autre lettre par nous passées et accordées eutrevifs a nostre très chier et féal cheualier et chancelier messire Nicolas Rolin, seigneur d'Anthune, et mesmement pour considération queluy baillâmes Tordre de chevalerie, luy avons donné et transporté pour en jouir tantost après nostre deceds par luy et ses hoirs a toujours nostre chastel^ bourg et chastellenie de Moneuvrey en nostre comté de Bourgongne avec les appartenances quelconques en l'estimation de 5oo livres estevenons (E)

devait cette dénomination à une arcade construite de la maison au bâtiment des classes , sans être obligé de traverser la rue. Cette arcade était peinte des deux côtés. L'un représentait S. Ignace ^ avec cette, inscription :' SocietatisJesufundatori, format or ijuvent ut is. L'autre offrait S. François-Xavier, quelques autres Jésuites et deux Indiens, avec cette inscription : Successori Sancti Thomm; puis ite, prœdicate, etc. On connaît ce distique malin sur les deux plus célèbres collèges anciens des Jésuites, l'Afflr et la Flèche :

Arcum Dola dédit patribus : dédit aima sagittam Xxrallia : quis fuuem quem meruérc dabit 1*

L'auteur, dit-on, s'appelait Dabo» et signa.

de rente en toute justice, et seigneurie haute moyenne et basse , par condition que les hoirs légitimes de nostre corps, soit masles ou femeles, le pourront rachepter toutes et quantes fois qu'il leur plaira d'iceluy nostre chancelier ou des siens en lui baillant réaniment et de faict a une fois la somme de 10,000 salus d'or ou de i5,ooo liv.

Nous de nostre certaine science , et pour considération des bons services que iceluy nostre chancelier nous faict journellement, louons, ratifions et confermons par cet nostre présent

testament les dicts don , transport , etc

» Item. Et affin de pourvoir au gouvernement de nos païs, terres et seigneuries, s'il advient que aillions de vie a trespas , survivant nostre fils Charles comte de Charolois et lui estant soubs aigié (sous-âgé, c'est-à-dire niineur), voulons et ordonnons premièrement au regard de la personne de nostre dict fils qu'il soit nourri et alimenté durant le temps de sa minorité et jusques il soit un aige souffisant avec nostre très chère et très amée compagne la duchesse sa mère en nos faSâ, terres et seigneuries et non ailleurs. Et au r^ard du gouvernement d'iceux nos pais, terres et seigneuries durant sa dicte minorité, voulons et ordonnons que tiostre dicte compagne comme première et principale, et après nos amez et féaux l'evesque de Tournay, l'archevesque de Besançon, et l'evesque de Camibray qui a présent Sont, le seigneur d'Anthune nostre chancelier, messire Anthoine sei|;neur de Croy et de Renty, nostre cousin et premier chambellan, nostre cousin et mareschal de Bourgongne, messire Jean

comte de Fribourg et de Neufchastel , le seigneur de Chamy et de Molioet, messire Jean de Croy nostre cousin , et bailiy de Haynnau , les sieurs de Roubais et de Santés , messire Jean Bout nostre chancelier de Brabant, messire Colard de Comi* nés (le père de Philippe de Comines) nostre souverain, bailiy de Flandres, et maistre Estienne Armenier , président de nos parlemens de Bourgongne, avec autres tel ou tels que nostre dicte compagne et les autres dessus nommez aviseront en ayent le gouvernemnt et administration en tous cas tant en faict de justice, de finance, de police et gouvernement de pais que autrement, et d'y commettre officiers en tous estats durant la minorité de nostre dict fils.

» Item. Et pour Taccomplissement de cestuy nostre présent testament , nous eslisons et nommons nos exécuteurs nostre dicte très chère et très amée compagne la duchesse, révérend père en Dieu Tevesque d'Auxerre, nostre confesseur , et en son absence quand il n'y pourra vacquer , révérend père en Dieu Fevesque de Salumbrie, confesseur de nostre dicte compagne, levesque de Tournay, Tarchevesque de Besançon, nostre dict chancelier messire Nicolas Rolin, seigneur d'Anthune , nostre dict cousin conseiller et premier chambellan, messire Anthoine, seigneur de Croy et de Renty , nostre dict cousin et mareschal de Bourgongne , messire Jean comte de Fribourg et de Neufchastel , et le dict messire Hugues de Lannoy, seigneur de Santés, ausquels dessus nommez nous donnons plain pouvoir, authorlté et. mandement especial de mettre a exécution

DE PHILIPPE-LE-BON. ' ll3

deûe cestuy noslre présent testament et ordonnance de dernière volonté , ausquels nos exécuteurs dessus nommez , c est a scavoir au dict evesque d'Auxerre nostre confes9(eur, donnons et laissons la somme de i ooo livres , monnoye royale pour une fois , et au dict evesque de Salumbrie confesseur de nostre dicte compagne la somme de 5oo liv. monnoye royale pour une fois; et a tous les autres après nommez a chacun ' d'eux un joyau )usques a la somme de cent salus

d'or pour avoir mémoire de nous

» Item. Et que c'est nostre présent testament, et la publication et exécution d'iceluy nous soubsmettons aux jurisdictions de l'église et temporelle. C'est a scavoir a nostre Sainct Père le pape et a l'audience de la Roe (Rote) en cour de Rome, et aussy a monseigneur le roy et a sa court de parlement a Paris ; voulans et consentans après nostre deceds nos exécuteurs dessus nommez puissent faire la dicte submission en la dicte cour de Rome et aussy en la dicte court de parlement en tous les deux, ou en l'une d'icelle selon que

bon leur semblera Et nonobstant que

une grande partie de nos biens , pais , terres et seigneuries soyent hors de ce royaume , et hors de la subjection de mon dict seigneur le roy , laquelle chose nonobstant voulons qu'ils sortissent )urisdictiou en la court de parlement au regard et en tant qu'il touche cestuy nostre présent testament pour l'exécution d'iceluy et les dépendances d'icelle exécution et non autrement ne plus avant. Et aussy voulons que sy aucuns de nos exécuteurs dessus nommez ne pouvoyent ou vouloyent

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entendre et vacquer au faîct de la dicte exécution ou allassent de vie a trespas avant que fust accomplie, que en ce cas soyent en leur lieu mis et 3ubroguez autres idonnes et suffisans par la dicte court de parlement de monseigneur le roy , a laquelle especialement submettons l'exécution de nostre présent testament. »

L'article suivant a rapport au sort de la succession dans le cas où Charles son fils et ses ne^ yeux et nièces viendraient à mourir avant lui. « Alors, dit-il , voulons que nos dicts exécuteurs puissent choisir et eslîre un ou plusieurs de nos autres parens et cousins puissans et suffisans pour tenir nos païs , terres et seigneuries , et qui veuillent entendre par, effect comme dict est a l'accomplissement de cestuy nostre présent testament-, lesquels en ce cas voulons et ordonnons estre nos héritiers et successurs »

Le dernier article du testament en recommande la plus stricte exécution, pour sûreté de laquelle le testateur soumet, oblige et hypothèque tous et cSiacun de ses biens meubles et immeubles

présens et à venir « En tes moin de ce, dit-il,

avons faict mettre nostre scel a ces présentes , et icelles subscriptes de nostre main. Donné en la ville de Rethel le 8.* jour de décembre, l'an de grâce i44^ signé Philippe; et sur le reply est escript, de par monseigneur le duc, signé BonessEAu , et sur le dict reply est encore escript : et avec ce a plus grande approbation de mon dict seigneur le duc, signé Tronson avec paraphe, et scellé d'un grand sceau en cire rouge pendant a double bande de parchemin. » ( CoUationné sur C original. )

DE PHILIPPE-LÉ-BON. Il5

Phîlippe-le-Bon est mort vingt-six ans après avoir fait ce testament; il était à Bruges lorsqu'une esquinancie l'enleva au bout de trois jours de souffrances, le i5 juin 1467. Une lettre écrite le lendemain 1 6 juin par un nommé Poly BiJland , qui rend compte aux municipaux de Lille de la maladie et de la mort du duc , nous a paru assez curieuse par ses détails naïfs. On y verra combien la médecine était avancée dans l'art de connaître et de traiter les esquinancies.

Lettre escritte aux mayeùr et eckevins de la ville de Lille ^ contenant la relation de la maladie et de la mort de Philippe duc de Bourgogne.

c  Bruges, ce 16 juin 1467.

» Mes très honorez S.", je me recommande a vous tant et si chierement que je puis, et vous plaise sçavoir mes très honorez S." que aujourd'huy datte de cestes , j'ay receûes les lettres que mi'avez escriptes de mesme datte , par lesquelles m'escripvés que estes desirans sçavoir nouvelles de mon très redoubté prince duquel Dieu par sa grâce veuille avoir Famé , je ne vous rescrips point de sa convalescence, ains vous rescrips nostre douloreuse perte et la manière de sa maladie, c'est assavoir que toute la sepmaine passée il avoit faict bonne chiere , et aussy joyeux que Ton l'a voit veu pieça (précédemment) et soy souvent deviser et esbattre avec autres nous lez (près de) luy; vendredy dernier pass.é, pour ce que de coustume il ne mangeoit chose qui print mort (il faisait maigre)^ ne mangea comment riens a disner, et après son disner passa longue-

Il6 TESTAMENT

ment le temps a regarder ses ouvriers; après sur le point de quatre heures, il ala dormir jusques a six heures, après se leva en bon point et joye, et environ sept heures , monsieur le chancelier vint parler aluy par lespace d'une heure, et après le parlement de mon dict sieur le chancelier, monsieur but une tasse de let (sic) d'amendes et manga ung loppin de votte (d'omelette)^ et ne but que deux fois; après son couchier il devisa a ceux qui estoient autour de luy, et faisoit bonne chiere, il se coucha en bon point a lad vis d'un chacun, et quant vint a deux heures après minuit, luy survindrent une grant quantité de flemmes environ la gorge , par lesquelles il fut si oppressé que l'on cuidoit que a celle heure il deust morir , et luy en fist t'on saillir hors beaucop par luy mettre la main en la gorge , souvent par quoy il fut fort traveillié, et tantost après entra en une fièvre chaude continue que luy a duré puis le samedy six heures du matin jusques au lundy neuf heures du vespre (soir) où il rendit a Dieu l'ame , et vous certifie que le bon prince est mort tout vifz a l'occasion d'un fluz de flemmes , qui luy descendirent du cervel en la gorge et luy oppilerent les conduitz et ne pouvoit avelité (avaler) que par grant violence, en laquelle paine il fut douze heures laborànt a l'extrémité de la mort, et n'est point a dire que le grand deuil que monsieur son filz mena, quant il entra en la chambre , et qui le vit labourer , et en la paine inestimable où il estoit; monsieur de Tournay survint incontinent après son trespas , et renouvella nostre deuïl a tous par les grans regretz et

lamentations qu'il fit aujourdhuy date de cestes (la présente lettre). Mon dict seigneur, que Dieu pardoint , a esté mis sur ung lict couchié entre deux draps comment sli eust esté en bon point, et après a t'ôn faict ouverture a tout le peuple qui Test venu veoîr et sembloit qui dormit et avoit le visage a demy riant, mais il eâtoit fort apali , et n estoit cuer qui peut tenir contenance, quant le peuple passoit pardeuant luy des grandeslamentations et regretz que le povre peuple faisoit grans et petis, et a toujours esté chault (pleuré) de Teure de son trespas, jusques au lendemain datte de cestes trois heures après midy, a laquelle heure fust anathomisé et faict séparation du cuer a part, les boyaux , foye , poulmon» et rate d autre part et le corps embausmé et bien ordonné pour le mener ou il plaira a mon très redoublé monsieur son filz : et pour vous advertir a la vérité de la disposition de son corps, son foye estoit beau et net, la rate estoit toute pourrie et en pièces, et une partie du poulmon ce qui touchoit a la rate , et le cuer estoit le plus beau que Ton vit oncques et petit et gent, et a esté trouvé mon dict seigneur a rouvrir fort gras sur les costes deux dois de graisse, et se luy ont mis la teste en deux pieches pour veoir sa cervelle , pour ce que aucuns des médecins tenoient qu'il avoit apostume environ lecervel, ce que n*a point esté, ains a è?té trouvé net et le mieux parfaict que Ton ait veu pieça. Or, messieurs, je vous advertis de ces choses pour ce que je sçais bien que vous n'en estes point si au long advertiz que je vous rescrîps, et aux choses dessus dictes j'ay toujours esté pre^

Il8 TESTAMENT «

sent, mes très honorez seigneurs, j'avoye grant désir de tous toujours faire service de tout mon povoir envers mons. nostre bon prince que Dieu pardoint, ce que plus ne puis faire, dont il me desplait que aultrement je ne vous ay servy comment j'en avois la vraye et bonne voulonté, or pour fin j ay perdu mon maistre et vous avés perdu vostre bon prince, dont vous et nous tous sommes tenus de prier Dieu et sa glorieuse mère , etc. , et plus ne vous sçay que rescripre , ^ora que je suis toujours prest a faire vos bons plaisirs, et prie nostre Seigneur que vous doint Faccomplissement de tous vos bons désirs et paradis a la fin; escript a Bruges le XVI jour de juing Van 1467 .de la main d ung entièrement désolé et desconforté et vostre très humble serviteur.

n'Signé Poly Bulland. »

Trois jours après cette lettre, Charles, fils et héritier de Philippe-le-Bon, donne avisa Louis XI de la mort de son père. La lettre qu'il lui écrit à ce sujet mérite aussi d'être rapportée.

. « De Bruges, le 19 juin 14^7.

» Mon très redoubté seigneur, je me recommande a vostre bonne grâce si très humblement que faire puis, et vous plaise savoir mon très redoubté seigneur, qu'il a pieu a Dieu souverain de toutes choses, disposer et prendre a sa part mon très redoubté seigneur et père, lequel en rendant le deu de nature trespassa de ce ^mortel monde lundy dernier passé entre neuf et dix heures après midy, et pour ce, mon très redoubté

seigneur, que de vostre grâce vous avez eu singulier amour et affection a feu mon dict seigneur et a sa maison , j'envoye présentement par devers vous mon amé et féal chevalier, conseiller et chambellan, messire Emart Bouton, seigneur du Fay, porteur de cestes, pour vous signifier le dict cas douloreux, a moy tant desplaisant que plus ne pourroit estre; vous suppliant très humblement qu'il vous plaise avoir en nostre bonne grâce moy et les païs subjets qui me sont par le dict trespas escheus, tant en vostre royaume comme en Tempire desquels je vous désire faire tout service et plaisir, en moy mandant et commandant vos bons vouloirs pour les accomplir a mon pouvoir, comme raison est et ainsy que tenu y suis, a l'ayde de nostre Seigneur Jésus Christ, auquel mon très redoubté seigneur, je supplie qu'il vous ait en sa digne et benoiste garde, et vous donne bonne vie et longue, avec l'accomplissement de vos hauts et nobles désirs. Escrit en ma ville de Bruges, le XIX jour de juîng 1467. » Yostre très humble et très obéissant subjet.

Signé Charles , duc de Bourgogne et de Brabant. Plus bas , N. Gros.

» Et dessus est escrit :

« A mon très redoubté seigneur monseigneur le roy, »

NOTES

(À) Jean-sans-Peur a été assassiné sur le pont de Montereau le 10 septembre 14199 en présence de Charles Dauphin , en représailles du meurtre du duc d^Orléans qui avait eu lieu douze ans plus tèt, le 29 novembre 1407^

Ces tristes catastrophes furent le fruit des dissensions survenues entre la maison d'Orléans et celle de Bourgogne par suite de la confiance que Charles VI accordait au duc Philippe-le-Hardi , et parce que les états généraux avaient en 1392 choisi le duc de Bourgogne au lieu du duc d'Orléans pour gouverner le royaume. Inde irœ et les meurtres en question . ,

Après la mort de Jean-sans-Peur , son fils Philippe-le- Bon se réunit aux Anglais que soutenait la marâtre Isabelle de Bavière contre son fils Charles VII, qui était en fuite , mais qui cependant combattait pour sa couronne. C'est pendant ces longues et malheureuses guerres que Jeanne d'Arc rendit de si importans services à Charles VII; et malgré cela ce prince eût eu beaucoup de peine à remonter sur le trône, si, par le traité d'Arras de 1435 y Philippe-le-Bon n'eût quitté les Anglais' pour se réunir à lui, et assurer par là le salut de la France.

(B) La Chartreuse de Dijon, fondée en i583 par Philippe-le-Hardi, ne renfermait que les mausolées de ce prince et de son fils Jean -sans-Peur. Philippe-le-Bon fit faire celui-ci avant sa mort ; mais Charles son fils, malgré la clause expresse ici mentionnée, ne fit point faire celui de son père : ce n'était cependant pas les fonds qui manquaient à la mort de Philîppe-le-Bpn , car il laissa dans ses coffres 400,000 écus d'or, et 72,000 marcs d'argent ( à peu près 9,000,000 fr. d'aujourd'hui ) , sans parler de deux millions d'autres effets. Mais Charles eut bientôt dissipé ce trésor. Pressé d'argent pour les guerres qu'il entreprit si inconsidérément et si malheureusement, il enleva la somme que son père avait déposée aux Chartreux pour le mausolée en question. On ajoute que le prieur lui ayant fait quelques représentations à ce sujet , Charles le maltraita, et même lui donna un soufllet et s'empara de vive force des fonds. On peut dire que cet argent ne lui profita guère , quand on voit l'issue de ses combats de Grandson , de Morat, et surtout de celui devant Nancy, où il périt de la manière la plus cruelle et la plus obscure, le dimanche 5 janvier i477*

Les deux mausolées de Philîppe-le-Hardi et de Jeansans-Peur, que l'on admirait à la Chartreuse de Dijon , furent détruits en 1793; mais on les a magui6quement restaurés en 1825 , et ils sont placés dans une des salles du Musée de Dijon , la Chartreuse n'existant plus.

(C) C'est en 1429 que Philippe-le-Bon étant à Qruges institua l'ordre de la Toison-d'Or, à l'occasion de son mariage avec Isabelle, fille de Jean I.*%roi de Portugal, c Lequel ordre a esté (dit Charles-le-Téméraire dans ses » lettres de nomination d'Edouard, roi d'Angleterre), » fondé et establi a la gloire et louenge du Tout puissant » nostre créateur et rédempteur en révérence de sa glo- » rieuse Vierge et mère , et a l'onneur de mon seigneur » Sainct Andrien (André) glorieux apostre et martir , en » nostre ville de Dijon , en nostrè duché de Bourgongne , » en l'église de nostre chapelle des ducs au dict lieu de » Dijon. >

Cet ordre acquit beaucoup de célébrité. Les chevaliers furent gratifiés de grands privilèges par Charles-le-Téméraire, Maximîlien I.*' et Philippe II. Charles-Quint fixa leur nombre à cinquante-un. Léon X donna aux chanceliers de l'ordre le pouvoir d'absoudre les chevaliers et de les dispenser de leurs vœux , excepté des vœux ordinaires, d'être participans, en cas de mort, de l'absolution apostolique; leur permit de manger des œufs et du lait en carême, de faire dire la messe dans leurs chapelles, et enfin à leurs femmes et eufans d'entrer dans toutes sortes de couvens. La suite des temps a amené bien du changement dans le prix et la valeur de la plupart de ces privilèges.

(D) Gollut prétend que l'université de Dole a remplacé celle qui , en 1 291, avait été établie à Gray, avec autorisa, tion du pape , par le comte Othôn lY; « mais , dit- il , les » esteudes n'ayant pu s'accomoder a Gray , il fallut rejeter » les ieux sur la ville de Dole. » Il ne donne point la date delà fondation^ de cette nouvelle université qui est de 1421, et qui fut établie pour les deux Bourgognes. Il

ajoute seulement : < Le bon duc Philippe (le Bon) en l'an i4a5 désirant doner a ceste université une vie noavelle, impetrat encore des nouveaux privilèges de la saincteté du pape Martin Y. » Puis il dit après : c Doncques nostre duc Philippe impetrat la confirmation et TampliGcation des dicts privilèges et la déclaration de l'état permanent a Dole. Puis en l'an i455, il déclarât qu'icelle n*en seroit jamais retirée 9 hayant recogneû a l'effect que la plus commodément elle seroit qu'en autre lieu de ses païs^ a cause de la comodité que recevront les escholiers par la présence de la cour (de parlement). » Cette université a été transférée à Besançon 9 en 1691. Quant au parlement , rendu sédentaire à Dole par Philippe-le-Bon , il fut supprimé par le roi d'Espagne en 1668, rétabli par Louis XI Y en 16749 enfin transféré définitivement à Besançon en 1676.

(E) Le nom de cette monnaie provenait de celui de saint Etienne (Stephanus) , parce qu'elle portait d'un côté le bras de ce saint en pal. Cette monnaie était frappée iadis par les évéques de Besançon ; elle ne fut dans l'origine qu'un denier de Charles-le-Chauve9 pesant 52 grains, sur lequel on voyait le nom de l'empereifr, et, par une distinction particulière, celui du chapitre de St.- Etienne. Le coin de cette monnaie fut changé dans le siècle suivant, lorsque Othon I.*' donna le titre et l'autorité de souverain à quelques prélats de Bourgogne, parmi lesquels celui de Besançon tenait le premier rang. Dès lors les archevêques de Besançon firent battre monnaie au seul coin de leur église ; et cette monnaie eut le nom d^Estevenante. Le Blanc , dansf ses Monnayes de France , p. i5o, a parlé d'un denier d'argent de cette monnaie qu'il présume appartenir au chapitre deSt.-Etienne de Dijon; c'est une erreur qui a été relevée par don Grappin dan* ses Recherches sur les anciennes monnaies da comte de Bour^ gogne. V. p. 17. Mille livres estevenantes équivalaient a 740 liv. 14 s. monnaie de France.

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