‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ouChapitre 49 sur 96 · DE BU DE · texte numérisé non relu

DE BU DE

» et s'estoit déjà abreuvé de certaines opinions » soupçonneuses , car ce fut Fan 1 539 que Luther » avoit anibrasé quasi toutes les AUemagnes. » (Celait depuis 1617 que Luther avait jeté les premières étincelles de la réforme. ) Mais Garasse lui-même défend la cause de Budé, et dit que c'était bien à tort qu'on l'accusait d avoir agi ainsi par un secret penchant vers la réforme. Cette accusation avait sans doute pris sa source dans la démarche de sa veuve et d'une partie de ses enfans qui, en i549, allèrent faire profession de la nouvelle religion à Genève. Cela ne prouvait rien contre la croyance de Budé, mort longtemps auparavant; au contraire, on aurait pu l'accuser d'un zèle outré en sens opposé, puisqu'il fut, en 1529, un des juges qui condamnèrent Berquin au supplice pour cause de religion.

Louis Leroy et Melin de Saint-Gelais , contemporains et amis de Budé , rendirent hommage à la pureté de son catholicisme. Voici une espèce d'épitaphe que Saint-Gelais lui fit :

Qiii est celuy que tout le m«nde suyt?

Las! cVst Budé au cercueil esteudu.

Pourquoy a^ont faict les cloches plus grand bruit ?

Son nom sans clocbe est asscs espandu.

Que nVt-on plus en torches despendu (dépensé)^

Suyyant la mode accoustume'e et saiucte f

Afin qu^il fust par Tobcur entendu,

Que des François la lumière est esleincte.

Un poète latin a rendu la même pensée dans ces quatre vers :

Budseus Yoluit média de nocte sepulcbro

Inferri et nullas prorsus adesse faces.

!Non factum ratione carel^ clarissima quando

Ipse sibi lampas luxque conisca fuit.

igS TESTAMENT

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