‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ouChapitre 61 sur 96 · DE MARIE STUART · texte numérisé non relu

DE MARIE STUART

nombre des doitiestiques était dé â6 ou 27. Cette distribution faite, et ayant chargé Bourgoin de ses lettres et autres papiers pour Henri III , elle se mit à son oratoire et pria avec beaucoup de farveur. Les commissaires vinrent ensuite la chercher pour la conduire dans la salle où devait te faire l'exécution. Elle s'y rendit avec beaucoup de fermeté et d'assurance. On lui lut sa sentence, ^'elle écouta avec sang iîroid , puis on commença left prières anglicanes à haute voix. Elle se refusa à y prendre part , et récitd des psaumes aussi à haute voix. Les prières terminées, on la déshabilla. Vne de ses suivantes lui banda les yeux avec un motichoir brodé en or^ elle resta assise sur un ttftétiret , le cou droit , croyant qu'on la décapiterait à la manière des Français, avec le glaive; mais on la fit quitter son siège et on la conduisit  l'extrémité de l'échafaud où était un billot. « On retendit tout de son long sur le ventre , dit l'auteur du recueil, et luy firent mettre le cou sur le billot , ou ayant mis sa main dessous son mentoâ, fust ostée de peur qu'elle ne fust coupée avec la teste. La le maistre levant une hache large par le taillant de la façon de celles qui servent a fendre le bois , lui donna un coup comme elle disoit a haute voix, in manus tuas, lequel coup mal adressé toucha seulement le derrière de la teste et n'entra pas beaucoup avant , dont redouble pour le second qui coupa une grande partie du cou , qu'il acheva de couper a la troisième fois. Ce n'estoit pas assez si a l'heure de la mort mesme ils n'usoient de cruauté , car posez le cas que n'aye pas failly de volonté , n'estoit-ce pas

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une grande faute et un extrême mefuris de permettre, qu'il s'aidast d'un tel instrument nulie;ment propre a cest effet et qu'ils n'eussent pas voulu employer pour le moindre vdet de leur pays? Que si c est la faute du osiaistre^ne deTdrilt*

il pas çsfre puny? La teste séparée ^ il la pvmt

par la coiffure, qui luy eschapa^ ou âppeaiitiBa teste blanche et sans cheyeux , qu'elle faboi^i'^iMer souvent pour le mal de teste qu'elle avoit et ayaiKt remis ladite coiffure, leva la teste, la '^imcMiitptfa l'assistance , disant : « Dieu sauve la véfne dtMt^ gleterre, la royne Elizabeth ! » Le comté- de %élt^ dit : « Que tous ses ennemis en eu ss^it mutant!^.

Le même auteur rapporte ensuit»^ le prooè^fverbal d'exécution dressé par les eommissi^re»èt témoins, au nombre de quinze, qui ont touii«si-v gné. Il a été rédigé aussitôt après rexécutioni^ùi a eu lieu vers neuf heures du matin, le iSfévrièr 1 587. Marie avait 44 ^^^ ^^ un mois.

Telle a été la fin de cette malheureuse prian cesse , qui a frayé le chemin à l'infortuné Glii|irle$ I.", au vertueux Louis XVI , et à la malheureuse Marie-Antoinette , dont la captivité et les'âemiéts momens ont été plus affreux encore que ceux de Marie. Quel siècle ne frémira pas au nom du»

despote en )upe, de l'implacable Elisabeth, qui, par fanatisme et par jalousie , a osé, la première, donner l'épouvantable exemple d'une tête couronnée tombant sous la hache du bourreau!!!

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