DI P. PITHOU
1 5. J'ai vu avec la plus vive douleur les noms sacrés de la religion et de la piété servir de masque à Tambition , à Tavarice et à la scélératesse.
1 6. J'ai recherché , admiré et étudié avec trop de soin ce qu'il y a de bon dans nos antiquités pour ne pas les mettre sans difficulté au-dessus de toutes nos innovations.
17. J'ai toujours détesté et évité comme un grand mal les vaines questions et les discussions trop subtiles sur ce qui regarde Dieu et la religion.
18. J'ai reconnu par ma propre expérience que Ton arrivait plus facilement et «^pluft'heureusement à son but par la droiture et la franchise, sans cependant né^iger la prudence , que par l'astuce , la fourberie et l'intrigue.
19. Je me suis plus appliqué à Fart de bien penser qu'à l'art de bien dire.
no. Sans ambition, sans avarice, à Tabride l'envie , lié d'amitié avec les hommes les plus distingués par leur mérite et par leurs vertus , îouissant d'une fortune honnête, j'ai quelquefois mené une vie moins tranquille qn'îl ne convenait à ma condition privée; mais il faut dire aussi que je m'occupais plus des affaires publiques et de celles de mes amis que des miennes propres.
âi. J'ai regardé comme les plus beaux jours de ma vie, ceux où- j'ai eu le bonheur. d'être utile à l'Etat, ou de rendre service à mes amis.
2St. J'ai supporté avec plus de courage les maux au moment où ils étaient présens., que je n'ai eu peur de ceux qui nous menaçaient, et j'ai préféré une situation fâcheuse aux tourmens de l'incertitude sur une situation future.
a'JO TESTAMENT
» XXIII; Rectâ , sincerâ , aequabili inter omnes » justitise adminiiiCratione etiam sceleratUsimis • atqueaQciacissimisosoccludiyinaBiMobUgari, » vidi, expertU» sam.
» XXiy. De patrimonio ac bonis meU , quan- » tulacmnque j^st mortem meam erunt , legibw » potiùs quàm mihi judicium permisi, permit- » toque« '
» XXV. UnHm opto et spero, ut quem in me » animum caressimae ac ' probissimae conjugb B intcgrum vivus expertus sum , eundem in com- » muoibus liberis educandis, tuendis, curan- » disque gerat.
,» XXYL Sit hoc apud posteros testa tiO'mq[itis meâ^ quam ab illis sic candide accipi velim, ut B simt)liciter et ingénue ex animi mêi sententiâ a » me prolata est. . .
B Yeni, Dono^ine, miserere.
B P. Pithaeus scripsi kalend. novemb. n^itaU » quondam meo die. Lut. Paris. , annoChristi
B CI3. 10. LXXXVIL
» Pro titulo tumulo inscribi cupio :
PETRI. PITILEI. P. F. J. C. BENE. DE. SUA. BENE. DE. POSTERA. £TATE. liERITI. C<NIPUS. MAJORUM. SEP^LGRO.
CONDITUtf.
RESURRECnONESi. ET. IMMORTALITATEM.
HIC. EXPECTAT.
CATEUBIITA. PALUDELLA. GONJUX. AMANTISSIMO. CONJUGI. LODOICA. ET. MARIA. FILL£. PATRI. OBSERVANDISS.
DE P. PITHOU. a^l
2 3. J'ai éptqnyé et J'ai toujours vu que la justice , rendue k tou( le monde indistinctement , avec franchise et impartialité , était le moyen le plus sûr de contenir les plus audacieux, n)6ine les plus scélérats, et de leur fermier la bouche.
24* le m'en 3uis rapporté et m'en ^apporte |ilus è'ia sagesse des lois qu'à mon propre )ugenjent^pour la dispositiopi et le. parts^ démon p§tlun(Hne et de mes bien», quels qu'ils soient, à ma mort. \
â5. Je désire et j'espère une seule chose ^ c'est que toute la tendr^se que m'a constamment témoignée ma très-<ïhère et très-vertueuse épouse, passe sans partage à nos enfans, et que cette tendresse la dirige dans leur éducation et dans les soins qu'exigeront leurs personnes et la conservation de l^rs biens.
,^êir Je eonéacre à mes descendans cette fidèle pdnture de mon ame et de mon cœur: puissent- Us 4«i npçevoir avec la même candeur et la même franelii^e que je l'ai tracée et que je la leur adresse.
Venez, Seigneur, et répandez sur moi les trésors de vos miséricordes. ,
Bf oi, Pierre Pithou , ai écrit ce testamait le 1 .** novembre, jour de ma naissance, l'an de J. C.
Je désire que l'on mette sur mon tombeau cçtte inscrîptkm : ^
c Le corps de Pierre Pithou, fils de Pierre, juriscoiir » suite, qui abien mérité de son siècle et des siècles futurs, » est renienné dans le tombeau de ses ancêtres. C'est ici » qull attend la résurrection et rinunortalité. Qu'il re- » pose en paix! Catherine de Palluau son épouse, au » plus aimé des époux ; et ses filles Louise et Marie , au » plus respectable des pères. »
Cette épitaphe latine , telle que Pidiou l'avait composée, avait été gravée sur un marbre noir, placé dans la chapelle de la passion des Corddiers de Troyes, où ses cendres étaient déposées â cdté de celles de son père, de sa mère et de ses frères. On ignore si sa femme, Catherine def alluau, a été enterrée près de lui. C'était certainement sion intention , si l'on en juge par les ve|:s suivans qu'il avait composés pour faire ^partie de sen^épitap^ et qui se trouvaient écrits à la suite de son ,testament :
Pitbaeiis hic jacep meetoli'êt cansHint conjiiz : Sic comfMir vitA, compari moite frnor. «^
Improbe, quid rides f otsli sacra nesôi arnoônsf Nit non Tel cineres , hâc comitf ^ esse jnvat.
ff Je repose ici et ma chère épouse y reposeavec » moi ; ainsi , unis pendant la vie, nousle«obimes » encore après la mort. Malheureux', de quoi ris- » tu? n'aurais-tu jamais connu ies liens d'un » chaste amour? Oui, je me réjouis ddCéUre » même que cendres, puisque mon épouse est » près de moi. »
L^s descendans de Pierre Pithou ont exercé des places distinguées dans le ministère et dans la magistrature. M. Le Pelletier qui succéda à Colbert dans la place de contrôleur général, était son petit-fîls; de ce ministre sont descendus le président Le Pelletier de Rosâmbo, le conseiller d'Etal Al. Le Pelletier de Beaupré, M. Le Pelletier de Moriontaiue, intendant de Soissons, et M. le premier président d'Aligre. Quant à M. Le Pelletier de Souzi , frère du ministre successeur de