TESTAMENT DE VAUGELAS
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Claude Favre de Vaucelas, né à Bourg-en- Bresse en 1 585 , est mort à Paris en 1 65o , dans un état de misère qui est assez surprenant d'après les pensions dont il jouissait, et l'estime que lui avait acquise sa profonde connaissance de la langue française. Cela ne l'a point empêché de faire un testament, dont une des clauses était alors fort inusitée en France. Elle l'est même encore; chez les Anglais elle est plus commune. Cédons la plume à Fréron, qui, dans son Aimée littéraire, 1 764 , tom. V, p. 5 1 , va nous parler de la mort et du testament de Vaugelas , ou du moins de la clause la plus singulière de ce testament.
« Vaugelas , dit-il , expira en quelque sorte de misère. On l'avait surnommé le Hibou ^ parce
qu'il était obligé de garder la chambre tout le jour 5 et qu*il n'osait sortir que de nuit de peur de tomber entre les mains de ses créanciers.
» Son testament fut remarquable : après avoir disposé de tous ses effets pour acquitter ses dettes, il ajouta : « Mais comme il pourrait se trouver » quelques créanciers qui ne seraient pas payés , » quand même on aura réparti le tout, dans ce » cas ma dernière volonté est qu'on vende mon » corps aux chirurgiens le plus avantageusement » qu'il sera possible, et que le produit en soit » appliqué à la liquidation des dettes dont je suis » comptable à la société; de sorte que si je n'ai » pu me rendre utrle pendant ma vie, je le sois » au moins après ma mort. »
Voilà un trait de probité vraiment philosopliique.