‹ Choix de testamens anciens et modernes, remarquables par leur importance, leur singularité ouChapitre 79 sur 96 · DE MADAME DUPUIS · texte numérisé non relu

DE MADAME DUPUIS

table ; elle choisira de celui qui est en table ou de celui qui est en facettes; pour moi j'aimerais mieux celui qui est en table. M. de la Perrière ( l'exécuteur testamentaire ) vous les montrera tous les deux.

» Je donne et lègue à Catau Duchon qui m'a servi , et qui a épousé un honnête homme qui fait la barbe, et s'appelle M. Capelet; je lui donne, à ma petite Duchon, trente écus une fois payés.

» Je donne à M. de Bleigny, le luth (i) qu'il prit la peine de monter : c'est qu'il m'a montré des pièces de luth que j'ai mis sur ma harpe, afin qu'il prie Dieu pour moi.

» Je veux et entends que l'on choisisse six pauvres femmes, six pauvres filles, six pauvres hommes et six pauvres garçons , qui soient bien faits, qui ne soient ni bossus, ni aveugles, ni^ borgnes, ni boiteux, et qui soient de belle taille, qui puissent être de même grandeur , et qu'ils ne soient point galeux : il y en a à choisir dans Paris. Je prie M. de la Perrière d'en choisir qui ne soient point malades, afin qu'ils se portent bien pour user mes habits avec plaisir ; je veux qu'ils les portent tous un an durant, et afin qu'ils

(i) J*ai lu ailleurs que M."" Dupuis avait laissé ou plutôt légué sa harpe , instrument de sa fortune , à un aveugle des Quinze- Vingts , dont elle avait ouï parler comme jouant très-bien de cet instrument. Cet article n'est point dans le recueil qui me fournit l'extrait du testament en question.

prient Dieu pour moi. Monsieur de la Perrière , vous les habillerez , les vingt-quatre pauvres , de serge d aumale noire. Je prie M. de la Perrière et M."*' de Calonge, de prendre garde aux vingtquatre pauvres que je fais habiller, qu'ils mettent tous leurs habits, mémesll pleuvait. Il leur faut à chaque pauvre chacun un collet ; et tous ceux qui voudront suivre mon corps me feront hour neur.

» Je ne veux pas que Ton mette jamais dans ma maison que des gens bien sages, et de qualité, et qui paient bien. Et pour ma maison de la rue Saint-Dominique, je veux que Ton n'y fasse jamais de boutiques ; je prie M. de la Perrière de n'y mettre que des gens de qualité. Je ne veux jamais que l'on mette des arbres nains dans mon jardin quand il en mourra ; il y faut mettre de grands arbres, parce que je veux que l'on entretienne bien le jardin.

» Je fais tous ces présens afin que Ton prie Dieu pour moi. Tous ceux qui ont acquis du bien le peuvent donner à qui il leur plaît. Mes proches parens ne se doivent pas plaindre , car Dieu dit : Aime ton prochain comme toi-même, et fais* lui du bien. Ils se doivent contenter ; je n'ai pas toujours eu sujet d être contente d'eux , mais il faut pardonner comme une bonne chrétienne.

» Je veux que le jour de mon décès , on aille le matin avertir en toutes les églises et couvens, de faire sonner toutes les cloches, auxquels j'ai donné

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