‹ Choix de textes égyptiensChapitre 3 sur 12 · PAGE I · texte numérisé non relu

PAGE I

1 L'an III, 3 a mois, (choiak), sous la Majesté du roi de la Haute et de la Basse-Egypte, Kheper-ka-ra, fils du soleil, Osertasen, justifié, vivant éternellement et pour des siècles,

2 le roi couronné du Sekhet, il y eut séance dans la Salle du Conseil, conférence de ses serviteurs, les Samerou du

3 palais royal V. S. F. et les Oérou, au sujet d'un endroit pour jeter les fondements [d'un édifice]. Discours adressé lorsqu'on eut obéi (à l'ordre) : « Qu'ils délibèrent en

4 manifestant leurs opinions. Indiquez à Ma Majesté les œuvres nécessaires, souvenirs de fait d'illustration,

5 d'après (lesquels) je fasse des monuments, j'établisse des stèles de pierres de taille à Harmachis. Il m'a enfanté

6 pour faire ce qui lui est fait, pour faire être ce qu'il veut que ce soit. Il m'a placé pour gardien de ce pays ; il sait l'organiser ;

7 il m'en a confié la garde. Je fais luire mon œil sur ce qu'il contient, faisant en conformité de ce qui lui plait. Aussi mon nom

8 commence à être connu. Je suis roi de par son œuvre, chef suprême V. S. F. Rien ne me fut concédé. Devenu homme,

9 tout le monde m'adorait. Dans l'œuf, je fus préposé aux chemins d'Anubis. Il me dilata pour être seigneur des deux provinces. Étant enfant,

10 je n'avais pas quitté les enveloppes, quand il me nomma Seigneur des humains, en m'exaltant

11 à la face des hommes. Il me fit passer mon temps dans le palais comme un enfant qui n'est pas encore sorti du sein ; il me donna

12 sa longueur et sa largeur ; j'étais allaité et c'était lui qui me prenait. Le monde me fut donné et je fus son Seigneur. Je parvins jusqu'aux esprits,

13 jusqu'à la hauteur du ciel, actif pour accomplir sur-le-champ mon œuvre, me conciliant dieu. Il n'avait pas de fils, pas d'héritier ; il a voulu

14 que je possédasse ce qu'il avait possédé. Je suis venu à toi, Horus-Ap-djet ; j'ai institué des ordres divins ;

15 j'ai exécuté des travaux dans le temple de mon père Tum; il m'a donné sa largeur comme il m'avait donné ma puissance.

16 J'ai fait abonder ses autels sur la terre ; j'ai construit mon temple souvenir de mes bienfaits

17 dans sa demeure. Mon nom est un palais, ma fondation un district ; des centaines sont ce que j'ai fait de splendide.

18 Innombrables sont les appels du roi par ses actes multipliés ; inconnus les qu'il dit. Son nom sera célébré

19 en réalité et ne sera pas détruit par l'effet des siècles. Mes actes subsisteront ; ce qu'il me faut,

20 c'est l'illustration ; mon frein la perfection , la

vigilance sur toute chose éternellement ».

Page 1